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-6-Valenciennes: l’atre de Gertrude et sa légende

Valenciennes : L’atre de Gertrude et sa légende.

 1°) Préambule : C’est le nom d’une rue de Valenciennes qui se trouve derrière le parc de la Rhonelle et proche de la rivière du même nom.

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Avant d’expliquer l’origine de ce nom peu commun il est nécessaire de faire connaissance avec un chroniqueur-Historien de la ville de Valenciennes : Simon Leboucq.

2°)Simon Leboucq

Né le 15 juin 1591 et décédé en 1657, Simon Leboucq a occupé de très nombreuses et hautes fonctions dont celui d’Echevin et aussi à plusieurs reprises de Prévôt de la ville de Valenciennes.

Mais il surtout connu pour son « Histoire ecclésiastique de la ville et comté de Valentienne » parue en 1650. Il avait rassemblé tout un ensemble de documents et d’histoires sur la ville et avait rédigé deux volumes, le premier traitait de l’histoire « Civile » de Valenciennes et l’autre de l’histoire « Ecclésiastique » .Mais au moment de la parution du premier tome, le fils d’un autre chroniqueur de la Ville nommé Philippe d ’Oultreman faisait paraître celui de son père Henry d’Oultreman avec le titre « Histoire de la ville et comté de Valenciennes ». Simon Leboucq s’est donc résigné à ne publier que son deuxième tome .Nous ne connaissons donc que son Histoire ecclésiastique dans laquelle sont dessinés, (par H. Macaire), et décrits toutes les églises, abbayes, refuges, chapelles… du comté de Valenciennes.

NB : On retrouve ce livre sur Google Books en édition numérique gratuite.

Cliquez ici

Dans la préface  M. Dinaux fait remarquer que Simon Leboucq était un peu « fâché » avec l’orthographe du Français de l’époque, ne connaissait pas le latin, et devait s’exprimer en patois local  mais il faut dire à sa décharge que Valenciennes n’était pas encore Française.

Buste de Simon Leboucq exposé au musée des Beaux Arts de Valenciennes. Ce buste provient de l’ église Notre-Dame la Grande détruite à la révolution.

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Ci dessous buste d’ Henri d’Oultreman

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Revenons à Simon Leboucq

books1 Henri d' Oultreman dans Histoire

Simon Leboucq (extrait Google Books). Source: cliquez ici

 

Simon Leboucq en fidèle chroniqueur de son époque consignait donc toutes les histoires dont il prenait connaissance, même si celles-ci à nos yeux tiennent plutôt de la légende. C’est ainsi que l’histoire (ou la légende) de l’atre de Gertrude nous est parvenue.

 3°)La légende narrée par Simon Leboucq (Résumée)

En 1340 un maréchal ferrant de Valenciennes  nommé Marrisal mis enceinte sa propre fille âgée de 16 -17 ans. Craignant les rigueurs de la justice il prit la résolution d’un voyage à Rome et à St Jacques de Galice (Compostelle) .Il s’arrêta à Rome car les moyens lui manquèrent pour aller plus loin. Il se mit à travailler chez un Maitre Maréchal ferrant. Quand le bébé vint au monde le maitre fut choisi comme parrain et lui donna son prénom : Jehan, son père le nom de Mareschaux .

Un an et demi après, les parents reprirent la route de Valenciennes laissant l’enfant aux bons soins du Maître ravi de l’arrangement. Arrivés à Valenciennes les parents se remirent à travailler comme auparavant.

Agé d’environ 18 ans, Jehan s’enquit auprès de son parrain de l’origine de ses vrais parents. Ce dernier se souvint qu’ils étaient originaires du Hainaut ou des environs.

Rendu à Valenciennes Jehan se fit embauché par celui-là même qu’il ignorait être son père. Ce dernier mourut quelques mois plus tard. Sa fille seule héritière voyant son serviteur (son fils en fait) travailler vaillamment et fort fidèlement, le retint à son service. Elle le prit en telle affection que 6 mois après la mort de son père, elle l’épousa.

Vint un jour où l’épouse s’enquit de connaitre les parents de son époux. Il lui raconta sa naissance, son enfance en Italie, lui cita le nom de son parrain maréchal ferrant. Frappée de tourments, douleurs, pleurs, lamentations elle comprit qu’il s’agissait de son propre fils.

Voyant qu’il avait si grandement pêché Jehan Mareschaux quitta sa femme, se rendit à Rome aux pieds du Pape et se confessa de ce qu’il lui était arrivé. Il eut comme pénitence que sa vie durant de ne vivre que d’eau et de pain de ne porter aucun linge et que son corps au trépas soit mis en terre profane.

Il décéda en 1394 et fut enterré au cimetière (ou atre) Sainte Gertrude car personne ne put croire qu’ayant péché innocemment il fut enterré en terre profane. Sa femme fit dresser sur sa tombe une croix de marbre et fit poser sur sa dalle une plaque de cuivre portant l’épitaphe.

Cy gist le père, cy git le fils.

Cy gist la mère et son mary.

Cy gist la femme et son baron.

Et tout ne fut que femme et hom.

Epilogue : Par la suite on continua à y ensevelir grand nombre de personnes .Plusieurs bons bourgeois de la ville émus de tant de dévotion prirent  la résolution  de faire une quête pour édifier une chapelle dans ce cimetière.

de-l-attre-de-gertrude-simon-leboucq histoire dans Légende

Source:  Histoire ecclésiastique de la ville du comté de Valentienne  (page 204)

Cliquez ici

Analyse de la lithographie

Au premier plan : la Rhonelle  puis après le pont, la tombe Mareschaux surmontée d’une croix .En second plan : la chapelle Sainte Gertrude  et quelques tombes à l’arrière de celle-ci

Ainsi s’achève la légende de l’atre de Gertrude.

4°)Suite contemporaine de l’ Histoire.

Revenons au fil conducteur des différents articles de ce blog.

Rendez vous au pied de la tour de la Dodène coté ville et levez le nez sur un bas relief plaqué contre la paroi de la tour. Gravissez quelques  marches, Vous  retrouverez sur celui-ci les phrases sibyllines qui avaient été gravées sur la tombe de la famille Mareschaux. (Toutefois difficilement lisibles) .

Tour de la Dodène

pa221645 Légende dans sculpture

Ci dessous :gros plan.

pa221647 Simon Leboucq dans Valenciennes

 

Cy gist le père

Cy gist le fils

Cy gist la mère et son mary

Cy gist la femme et le baron

Et tout ne fut que

Femme et hom

 

 Il s’agit en effet de l’épitaphe réalisée par le sculpteur Valenciennois Alfred Bottiaux (1889-1951) pour rappeler la légende de l’Atre de Gertrude.

Cette stèle, copie d’un de ses plâtres a été posée en 1983.

On retrouve dans le bas de l’épitaphe l’emblème du Maréchal ferrant : le fer à cheval et les 3 clous.

Pourquoi a-t-il réalisé cette œuvre ? Sans doute  parce qu’il s’intéressait à notre histoire et qu’il avait habité rue de l’Atre de Gertrude.

 

Fin de l’article :

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air mais regardez quand même où vous mettez les pieds.

30 octobre, 2013 à 19 h 39 min


7 Commentaires pour “-6-Valenciennes: l’atre de Gertrude et sa légende”


  1. maillot écrit:

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  3. J R écrit:

    dans une autre vie ,je crois que tu étais un très grand écrivain > toutes mes félicitations pour le plaisir que tu nous donnes et chapeau bas
    moi je vois une adaptation de cette histoire au cinéma ?
    bravo et à bientôt

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    • hanwide écrit:

      Merci pour le compliment, mais je n’ai fait que transcrire en Français d’aujourd’hui le texte de Simon Leboucq que tout le monde peut trouver sur le net.
      Mais cette légende n’est en fait qu’une réécriture du mythe d’œdipe.Je n’ai pas assez d’imagination ni de talent pour écrire un histoire comme celle là.
      Encore merci quand même.

      Dernière publication sur Les villages du Hainaut Français : -6- Estourmel

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  4. JLB écrit:

    Tu nous épateras toujours.

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