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-11- Hubert Cailleau: Enlumineur du moyen âge

Hubert Cailleau:

Enlumineur du moyen âge

Mis à jour le 04/11/2014: Actualisation des liens vers la base « Enluminures »

Continuons notre découverte de Valenciennes en interrogeant les plaques de rue. Empruntons cette fois le tramway pour nous rendre dans un quartier excentré de Valenciennes et descendons à la station. « Dutemple ».

OLYMPUS DIGITAL CAMERANous ne sommes pas là pour admirer un « tag »,  expression de  «street art », mais pour découvrir qui se cache derrière le nom Hubert Cailleau que porte la rue face à la station de tram.

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Il faut d’abord mentionner le chroniqueur  Louis de la Fontaine dit Wicart ,historien, né à Valenciennes en 1522,  Chevalier du Saint Sépulcre  (après un voyage à Jérusalem). Il a écrit l’ «Histoire des antiquités de Valenciennes » il décédera à Liège en 1587.

Aucun historien de cette époque (Simon Leboucq, Henry d’ Oultreman….) ne condescend à parler D’ Hubert Cailleau  peintre miniaturiste Valenciennois. Seul Louis de la Fontaine signale son existence et le met en valeur pour la simple raison qu’il l’a chargé d’illustrer les chapitres de ses livres. Ses écrits sont censés raconter l’histoire de Valenciennes depuis sa création  mais ses livres sont une succession,  certes de faits historiques, mais aussi une suite de faits divers, de légendes et même semble t’il de légende Arthurienne. On peut y déceler l’influence des écrits du Chroniqueur très controversé Jacques de Guise.

Hubert Cailleau (1526-1590 ?) a illustré d’un pinceau que l’on pourrait qualifier de naïf ce passé Valenciennois.Toutefois beaucoup de détails sur l’habitat, les vêtements, les coutumes, les faits historiques de son époque sont riches de renseignements. C’est l’époque où Valenciennes fait partie de l’empire. Charles Quint est l’empereur, sa venue à Valenciennes est accueillie avec faste. (Une rue  porte encore son nom). Presque un siècle et demi plus tard  Louis XIV y entrera à coups de canons et Vauban modernisera les fortifications de Charles Quint.

Hubert Cailleau a même élaboré  les décors d’un Mystère*  à l’occasion de cette visite impériale.

(*Un Mystère est une pièce de théâtre  à  sujet religieux tiré des évangiles).

Les quelques enluminures d’Hubert Cailleau qui suivent  se retrouvent sur le site :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/enlumine_fr

 

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1°)Commençons par les légendes

-Hubert Cailleau représente ci-dessous BRENNUS qui organise la construction de Valenciennes.

Brennus _construction de ValenciennesBrennus _construction de ValenciennesBrennus _construction de Valenciennes

Brennus et la construction de Valenciennes

 

 Source : Bibliothèque de Douai.  Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation.

Brennus _construction de Valenciennes

Qui était Brennus ?

Vers 390 avant Jésus Christ ce chef Gaulois envahit l’ Italie pour s’en approprier les richesses. Après avoir mis en déroute l’ armée Romaine il s’empare de Rome désertée de ses habitants. Seuls quelques Romains réfugiés dans le Capitole résistent pendant plusieurs mois. Une attaque surprise nocturne des Gaulois est déjouée par les cris des fameuses oies qui réveillent les Romains. Devant cette résistance inattendue Brennus accepte de retirer ses troupes moyennant une rançon d’environ 330 kg d’or.

Afin d’alourdir la rançon sur la balance, les Gaulois utilisent des faux poids. Le subterfuge est découvert,  les Romains demandent de quel droit ils utilisent des poids truqués.  Brennus ajoute au déshonneur des Romains en jetant son épée et son baudrier sur la balance en répondant « Du droit des vainqueurs » et ajoute « Vae Victis » (Malheur aux vaincus).

Ci dessous Extrait de Google Books 

Livre d’Abel Hugo (1830): Histoire générale de France depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours.

Brennus reçoit la rançon du capitole

-11- Hubert Cailleau: Enlumineur du moyen âge dans art

On se demande ce que vient faire cette histoire de Brennus dans le « recueil des antiquités de Valenciennes ». Il semble que devant l’absence de documents, Louis de la Fontaine,  comme Jacques de Guise, et autres « antiquaires » (Hugues de Toul,  Lucius de Tongres.) a inventé un passé glorieux à Valenciennes. Mais il est vrai que l’on ne s’intéresse aux origines de Valenciennes que depuis relativement peu.

Valenciennes en tant que « civitas » n’existerait que depuis la fin du IIIème siècle. Auparavant elle n’était qu’ une bourgade,  sur la voie reliant deux importantes cités  gallo-Romaines Fanum Martis (Famars) et Turnacum (Tournai).

Brennus n’est donc pas le bâtisseur de Valenciennes, comme l’ a représenté Hubert Cailleau. Cependant cette légende a inspiré le sculpteur nordiste Henri Gauquié (1858-1927) qui a réalisé son bronze « Vae Victis » pour l’exposition  de Paris de 1900.  Cette statue se trouvait en 1904 au jardin de la Rhonelle puis face à la gare de Valenciennes avant d’ être fondue pendant le conflit 14/18 en raison de sa forte connotation patriotique.

Brennus

Source de la carte postale: Genealexis

Remarque:  on trouve en vente sur le net des statuettes répliques exactes du  Brennus  d’ henri Gauquié.(photo de droite).

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-Autre « légende » illustrée par Hubert Cailleau, il s’agit de la fondation  vers 364-367 de la ville de Valenciennes  par l’empereur romain fervent promoteur du christianisme: VALENTINIEN.

Il commence par raser le temple Romain et le remplacer par une chapelle dédiée à la sainte Vierge,  il ordonne la destruction de toutes les statues des anciens cultes païens et fait construire l’ hôtellerie Saint Jean destinée à soigner les malades, ce serait l’ancêtre de l’ Hôtel-Dieu de Valenciennes.

À noter que sur l’imposte actuelle du portail du 8 rue du Grand Fossart, dépendance de l’ Hôtel Dieu, on découvre le texte   « Hôtellerie fondée vers 367. » ce qui ne veut pas dire pour autant que le bâtiment de l’Hôtellerie se trouvait à cet endroit.

Valentinien détruisant les statues païennes

Valentinien Ier faisant détruire les idoles à Valenciennes

Source : Bibliothèque de Douai.  Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation.

À noter la présence de nombreux cygnes sur l’ Escaut. Cygnes qui seront à l’origine d’une autre légende : Valenciennes viendrait de Val-en-cygnes et expliquerait la présence de deux cygnes sur les armoiries de la ville.

La présence de Valentinien est également source de débats. On trouve  dans « Mémoire pour répondre à la question : Quels endroits …..pouvaient passer  pour villes avant le 7ème siècle » de M.J. de ROCHES publié en 1769 cette brève description de Valenciennes, page 95.

Castrum Valentianas

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-Encore une légende, celle de la présence de CARADOC blessé lors du siège de Valenciennes. Il s’agirait de  Caradoc, duc de Cornouailles,  de la légende Arthurienne (Chevalier de la table ronde). La porte qui se trouve au second plan serait appelée porte Cardon depuis cette épisode .( Cardon-Caradoc noms très proches phonétiquement).

Caradoc blessé au siège de Valenciennes

Maxime et Caradoc blessé au siège du château de Valenciennes.

 

Source : Bibliothèque de Douai.  Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

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-Sainte Vierge protégeant Valenciennes de la peste.

En l’an 1008 la peste menace Valenciennes. L’ Ermite Berthelin qui vit retiré en un lieu que l’on situe proche du village de Maing (une chapelle a été construite à cet endroit) reçoit un premier message de la vierge expliquant qu’elle allait dérouler un cordon protégeant la ville de la peste……pour la suite… cliquez ici (lien vers le site Hainautpédia)

Cet événement a été bien sûr illustré par Hubert Cailleaux.

_Saint Cordon

Institution de la procession de Valenciennes le jour de la nativité notre dame le 8 Septembre 1008

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

Ci-dessous une photo de la chapelle construite semble t’il en 1819 (mais un mascaron porte la date 1655 )  sur le lieu supposé de l’ apparition . On y retrouve au premier plan la source qui figure sur l’illustration de Hubert Cailleau.

NB : Cette chapelle portait aussi le nom de Chapelle Notre Dame des Pierres à cause des menhirs qui se trouvaient à proximité.

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  Un autre chroniqueur a également illustré en 1650 le tour  du Saint Cordon,  il s’agit de Simon Leboucq prévôt de Valenciennes.

 

Source : Bibliothèque de Valenciennes Patrimoine Numérique: http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MS_0673/P_001/v0001.simple.highlight=(Author:.selectedTab=otherdocs.hidesidebar

:-)   Vous pouvez zoomer l’image avec la molette de votre souris. Vous pouvez également la visionner en plein écran (Symbole en haut à droite de l’image).

Le Saint Cordon est ici représenté en rouge, il ceint la ville de Valenciennes. La Sainte vierge se trouve en haut du plan (rep 12.)

Un ange ailé,  au centre de la carte (rep 13) achève le tour de la procession et se dirige vers l’ Église Notre-Dame la Grande.

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-Guillaume 1° de Hainaut rendant une justice exemplaire.

C’est une légende narrée également par les chroniqueurs Henri d’ Oultreman  en 1639 et Simon Leboucq en 1650 soit environ 150 ans après la version de Louis de la Fontaine.

Guillaume le bon rendant justiceGuillaume 1° de Hainaut rendant une justice exemplaire

 

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

 En 1336 un paysan possédait une admirable vache dont il tirait une bonne partie de sa subsistance.

Le Bailli, haut personnage, voulut en vain acquérir cet animal. Devant le refus obstiné du propriétaire il s’en empara de force. Le paysan furieux décida de se rendre à Valenciennes où le comte était retenu pour maladie. Les deux personnages sont interrogés et finalement le coupable est confondu il devra payer cent couronnes d’or au paysan. Les deux parties sont satisfaites,  mais le comte se tourne vers le Bailli et lui dit « Tu as donné satisfaction au paysan, mais pas à moi ». Le prince distinguait ainsi le délit contre une personne privée et l’infraction à l’ordre public.

Le prince fit alors venir un prêtre pour recueillir les confessions du condamné, puis il tira son épée, la tendit au bourreau qui décapita le bailli en sa présence.

Source Google Books cliquez ici  (pages 124 et 125 du livre « Le pardon » publié par

Jacqueline Hoareau-Dodinau, Xavier Rousseaux, Pascal Texier)

D’après la légende le comte fit poser la sculpture d’une vache sur un mur de la halle de Valenciennes pour avoir mémoire du jugement de ce riche bailli condamné pour avoir volé sa vache et tous ses biens à un pauvre villageois.

La halle, la maison échevinale ont été reconstruites plusieurs fois au fil des siècles, toutefois sur la façade de l’hôtel de ville actuel on peut encore y retrouver un bovin (mais ce n’est pas une vache ).

 D’ Oultreman ( le fils) précise que cette vache était visible sur la façade jusqu’en 1611.

Lorsqu’on reconstruisit l’hôtel de ville en 1867 on éternisa à nouveau l’animal sous la forme d’un bas-relief inserré dans la façade. Peu importe  le sexe réel de cette bête à cornes. Déjà au XVI ème siècle Hubert Cailleau l’avait représentée comme un bœuf dans le médaillon qui domine la scène dans l’enluminure ci-dessus.

Fantaisie d’ artiste pour qui voler un bœuf ou une vache constituait un délit identique.

Ci-dessous le bœuf de la légende, il vous faudra une paire de jumelles pour le retrouver parmi les autres bas-reliefs de la façade de l’hôtel de ville.

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 Hôtel de ville de Valenciennes, son histoire :  cliquez ici (site Hainautpedia)

NOTE:

Pour M. Jean Claude Poinsignon , historien de l’ Art et spécialiste de l ‘école Valenciennoise,  le taureau située sur le septième bas-relief de l’ hôtel de ville n’est pas la vache de Guillaume le Bon de la légende ci dessus. Ce n’est qu’un élément de décor d’un Hôtel de Ville « flamand ».

Source :Extrait de l’article du 1er février 2012 de M. Poinsignon paru dans le livret de l’exposition « Valenciennes autrefois » des 3 et 4 mars 2012.

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 2°)Les faits divers .

-Duel judiciaire à Valenciennes.

Duel judiciaire

Duel judiciaire à Valenciennes en 1455

 

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

« Le duel de Valenciennes est rapporté par plusieurs chroniqueurs. Chastellain décrit sur cinq pages ce duel extrêmement sanglant, très critiqué car il se déroule entre bourgeois.

 À l’origine de l’affaire, Matthieu Cocquiel prend la fuite après un meurtre, et se réfugie à Valenciennes où il y a un droit d’asile en vertu d’un privilège ancien de la ville : un criminel ne peut être poursuivi sauf si un parent de la victime l’accuse d’avoir voulu donner la mort, auquel cas, un duel a lieu.

Un certain Plouvier parent de la victime, accuse publiquement Cocquiel en le menaçant de mort. Après quatre mois de procédure, le duel est décidé. La Cour intervient car Charles le Téméraire est hostile à la tenue de ce combat. La date du duel est sans cesse repoussée. Philippe le Bon rentre d’Allemagne, on le consulte, lui aussi est assez hostile au duel. Tous les Valenciennois favorisent Cocquiel, car il représente le privilège de la ville (le droit d’asile), or les nobles sont soupçonnés de vouloir casser ce privilège. Philippe le Bon se rend finalement à Valenciennes et le duel a lieu. Il représente une occasion d’affirmer indépendance judiciaire de la ville. Philippe le Bon n’est là qu’en spectateur, il assiste d’ailleurs au duel derrière un paravent.

 Toute la mise en scène du duel vise à réaffirmer la compétence valenciennoise, il n’y a pas de héraut. Les deux opposants se battent à coups de bâton (car l’épée est réservée aux aristocrates), leur écu pointe en haut. C’est le prévôt de la ville qui préside au duel. Toute l’assemblée soutient Cocquiel, et le duc de Bourgogne se tient en marge.

 Après un combat très violent, Cocquiel demande la clémence du duc de Bourgogne, mais ce dernier n’est pas juge, et les autorités de Valenciennes exigent au contraire la mise à mort, comme le veut la loi. Il est tué, étranglé et pendu. Tous les chroniqueurs jugent ce duel bourgeois particulièrement infâme. Philippe le Bon supprime peu de temps après la coutume Valenciennoise.

Pour conclure, il ne faut pas analyser le duel médiéval à l’aune de ce qu’on sait du duel de l’époque moderne. Il ne s’agit absolument pas d’une pratique courante pour laver une insulte, c’est au contraire une pratique très encadrée aux dimensions avant tout politiques. »

Source  Cornucopia  

-Le non-paiement de l’impôt à Valenciennes en 1345.

Exécution des rebelles à l'impôt

Exécution de rebelles à l’impôt, à Valenciennes en 1345

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

L’exécution se tient face à la maison échevinale (ancien terme pour Hôtel de ville), Simon Leboucq l’avait dessinée avec un soucis du détail. On peut comparer les deux illustrations.

Maison échevinale de Valenciennes 1650

3°)Les faits historiques .

-Les Vikings (Normands) assiègent Valenciennes en 880.

Les Normands

Défaite des Normands à Valenciennes.

 Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

Le chroniqueur d’ Oultreman nous rapporte également cette attaque avortée de la cité de Valenciennes.(en Mars 880 ou Mars 881).

Les Normands comme on les nommait à l’ époque (Nord-Man ->Homme du Nord ) arrivèrent par le faubourg de Paris dans le but de piller la ville mais ils  rencontrèrent une résistance si forte qu’ils y renoncèrent, mais incendièrent les faubourgs.

Hubert Cailleau représente ces farouches guerriers  à l’entrée de la porte « Pissotte » (ancien nom de la porte Notre Dame ) et pour insister sur leur agressivité les représente avec l’ étendard portant la devise « Flagellum Dei » (Traduction: Le Fléau de Dieu).

Le 07 et le 08 juin 2014 les Vikings étaient de retour à Valenciennes, mais c’était dans le cadre de l’exposition « Les Vikings dans l’empire Franc » organisée par le musée des Beaux Arts.(Expo du 16 Mai au 07 Septembre 2014).

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Les Vikings (Danois)  sont passés par Maing (à 5 km de Valenciennes) avant de saccager Denain et Cambrai, c’est l’hypothèse émise par M. Conreur président du comité de sauvegarde du patrimoine Maingeois .Cliquez ici

 Ci dessous l ‘épée Viking  dont parle M. Conreur découverte à Denain. (actuellement à l’expo temporaire du musée de Valenciennes.) OLYMPUS DIGITAL CAMERA

-Linondation de Valenciennes en 1532.

1532- Inondation de Valenciennes .L’inondation de Valenciennes en 1532.

 

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

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Plusieurs fois par siècle les bas quartiers de la  Ville de Valenciennes se sont retrouvés inondés par la Rhonelle et par l’ Escaut. En 1532 des fortes crues concomitantes  des deux rivières inondaient toute la ville.

Sur l’enluminure les gens se déplacent en barque devant « Notre Dame la Grande ». Cette enluminure illustre le récit mythologique de la vengeance de l’Escaut avec l’accord des dieux Neptune et Triton contre les Valenciennois qui bornèrent les eaux d’un rempart de terre et de madriers.

Ci-dessous des extraits de « Histoire de la ville et comté de Valentiennes » d’ Henri d’ Oultreman :

-« En l’an MCCCLXV (1365) la Rhonelle s’enfla si fort que le bras de l’Escaut abattit la porte Cambrésienne et l’eau couvrit le pavé de notre Dame de la Chaussée ».

-« En l’ an MDXXXII (1532) la veille de Noël les eaux s’enflèrent si à coup qu’elles foncèrent la Porte Cambrésienne et la muraille des Chartriers étant emportée  quatorze personnes y furent misérablement noyées. Toutes les rues furent submergées jusqu’aux plus hauts lieux de la ville. Le marché était plein de nacelles (barques) qui allaient ça et là porter victuailles aux quartiers inondés. »

-Les incendies de Valenciennes

Incendie ValenciennesIncendie à Valenciennes en 1522

Source : Bibliothèque de Douai.  Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

La nuit du 3 et 4 Décembre 1522, les rivières et les étangs sont gelés,  un incendie se déclare chez un certain Martyn…, homme de vie pernicieuse qui avait décidé d’offrir une soirée somptueuse à quelques amis. Après avoir fait grande chère, le feu plus grand que de coutume avait mis le feu à la cheminée. Une grande partie de la ville fut réduite en cendre.

Mais déjà en juillet 1171, le jour ou naquit à Valenciennes Bauduin, futur empereur de Constantinople, les réjouissances  publiques à l’occasion de cet heureux événement eussent pour fin déplorable l’embrasement de 3000 maisons. (D’après d’ Oultreman et Simon Leboucq).

Un autre incendie le 21 Octobre 1257 menaça de brûler 4000 maisons.

Source : Précis historique et statistique sur la ville de Valenciennes par Desfontaines de Preux (1825)

En 1279, pour limiter les risques de propagation des incendies, une interdiction d’utiliser le chaume pour couvrir les toitures avait pourtant été promulguée, il avait fallu commencer à construire autrement afin de supporter le poids plus important de l’ardoise et de la tuile. Progressivement un nouveau type de construction était apparu : La maison Scaldienne. (Site Hainautpédia)

 La peste à Valenciennes

La peste à Valenciennes

Peste à Valenciennes en 1515

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

La peste est une maladie endémique au moyen âge. Régulièrement le Valenciennois est dévasté par des épidémies que l’on assimile  parfois à une punition divine. L’enluminure montre Dieu, dans une nuée, donnant l’ordre à un ange  armé tenant une lance et un crane de frapper la ville. !

Retrouvez les dates d’apparition de ce fléau  sur le site Hainautpédia en cliquant ici 

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-Fin de l’ article

Toutes les enluminures d’Hubert Cailleau ne figurent pas  dans cet article, le but n’était pas de recopier l’intégralité de  celles-ci,  je vous invite à les retrouver sur la base Enluminure dont le lien se trouve en début d’article.

Les illustrations de la venue de l’empereur Charles Quint à Valenciennes et des festivités  qui s’en sont suivies figureront peut-être dans un article qui lui sera consacré .

Les illustrations d’ Hubert Cailleau m’ont été un fil conducteur, (ou un prétexte),  pour raconter une infime partie de l’ histoire Valenciennoise,  même si celle-ci fait une belle part aux légendes.

L’original  du livre de Louis de la Fontaine illustré par Hubert Cailleau se trouve à la bibliothèque Municipale de Douai. Grand merci à M. le Conservateur du fonds ancien de la BM de Douai qui m’en a autorisé des copies.

11 juin, 2014 à 22 h 30 min


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