Le Valenciennois au zoom

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-18-La Brasserie des Maillets

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La Brasserie des MAILLETS

Le premier article de ce blog vous a fait découvrir la rue des Maillets de Valenciennes, mais c’était oublier l’immeuble ci-dessous qui se trouvait à une époque au bord de l’Escaut.

Ancienne brasserie de la rue des Maillets-Valenciennes

Par l’intermédiaire de la rubrique « commentaire », Monsieur Alain Boissau  m’a contacté pour me signaler que sa famille (Boissau-Namur) avait exploité cette brasserie dans les années 1850/1870.

 Il m’a fait part de ses recherches sur la généalogie de sa famille et sur l’histoire de cette brasserie. Vous trouverez ci-dessous, in-extenso le document qu’il m’autorise à rendre public.

M. Boissau concède que ses recherches ont été grandement facilitées par l’accès au site du patrimoine numérique de la bibliothèque de Valenciennes.

Un extrait de la carte de Valenciennes de 1827 en introduction, vous permettra de situer cette brasserie.

Ci-dessous le document rédigé par Monsieur Alain BOISSAU

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La Brasserie des MAILLETS.

PlanPlan de Valenciennes, Chef-lieu d’Arrondissement, avec une esquisse de la banlieue indiquant les principaux édifices, le périmètre de toutes les propriétés, les Rues, Places, Canaux, etc. ainsi que les nouveaux projets de Percements et Redressements qui y sont relatifs ; Dressé par P.F.Rousseau, 1827. Source Bnf Gallica cliquez ici et zoomez

 Entourée en rouge, la parcelle de la brasserie.

 La rue des Maillets à Valenciennes, est située dans le quartier du Neuf Bourg. Dans sa »Topographie historique et médicale de Valenciennes », publiée en 1846, le docteur Abel STIEVENART, médecin chef à l’Hôpital Général, écrit que le quartier, plutôt pauvre et insalubre, « renferme des rues forts malsaines qui se trouvent trop rapprochées du rempart et beaucoup trop étroites pour le chiffre de leur population » et « où l’humidité inonde les murs des habitations et où le soleil ne pénètre que fort difficilement ». Une brasserie  y sera historiquement installée du fait, certainement, de la proximité de l’Escaut dont l’eau est nécessaire à la production.

 C’est vers 1785 que Jacques Albert Joseph MALLEZ né le 5 juin 1756 à Saultain, issu d’une famille de gros agriculteurs, s’installe à Valenciennes comme marchand brasseur. Ses parents sont Jean Henry MALLEZ (1719-1779), fermier de l’Abbaye de Saint Jean à Valenciennes et Anne Albertine Joseph DEHAYNIN (1731-1818). Il épouse le 6 février 1787 à Valenciennes Adelaïde Philippine Josèphe LAPLACE (1762-1859).

 Selon le recensement de l’an IV (1795/1796) de la population de Valenciennes – section Liberté, il est installé à Valenciennes depuis dix ans. Il apparaît, comme marchand brasseur, sur le recensement de 1800 au 7, 8 et 9 rue du Pont des Chartriers et en 805, comme propriétaire, toujours au 7, 8 et 9 rue du Pont des Chartriers, où il demeure, mais aussi au 16 rue des Maillets où il loue une petite habitation à Pierre CARREZ, charretier puis ouvrier cloutier et à son épouse Henriette BERNARD fileuse.

En fait, il s’agit d’une seule et même parcelle que l’on distingue bien sur le plan de 1827 et qui longe à l’époque la rivière Escaut, qui coulait en centre-ville avant d’être plus tard canalisée à l’extérieur de Valenciennes. On est bien sur le site de la brasserie qui sera exploitée jusqu’au début du XXème siècle.

Jacques Albert Joseph MALLEZ exploite la brasserie durant une trentaine d’années sous l’enseigne « Brasserie MALLEZ LAPLACE » ou MALLEZ père. Il en fait l’une des plus importantes de Valenciennes.

Dans les années 1830, la brasserie est toujours la propriété de MALLEZ père, homme aisé qui possède, aussi, plusieurs maisons dans le quartier. Il en reste propriétaire jusqu’à son décès, le 25 juin 1852 à Valenciennes, à l’âge de 96 ans.

 Mais, elle est exploitée par son fils, Albert MALLEZ, né le 9 août 1791 à Valenciennes (Recensement de 1831 et 1836). Albert MALLEZ meurt, à son domicile rue des Maillets, le 21 novembre 1843. Quelques jours plus tard, le 1er décembre 1843, l’usine est victime d’un incendie qui nécessite l’intervention des pompiers, le feu ayant atteint les fenêtres. Le feu est, heureusement, rapidement circonscrit.

Zoomez sur la colonne de gauche pour lire l’annonce du 18 janvier 1844.

Source: Patrimoine numérique de la Bibliothèque de Valenciennes

 La brasserie est mise en vente par adjudication publique et volontaire le 27 février 1844 par Maître Lefebvre, notaire à Valenciennes. Elle est achetée par le brasseur François SOUFFLET, qui l’exploite jusqu’en 1851.

A l’époque, les brasseurs assuraient aussi l’exploitation de cabarets ou d’estaminets dont ils étaient propriétaires ou bailleurs. Dans l’annonce de 1844, la vente concerne la brasserie proprement dite mais également des maisons à usage de cabaret.Outre un complément de revenu appréciable, cela permettait au brasseur d’écouler sa propre production de bière. A ce titre, l’Echo de Valenciennes mentionne la réouverture le 21 août 1847 par le brasseur SOUFFLET d’un établissement à l’enseigne de « La Vallée des Cygnes ».

Zoomez sur la colonne centrale pour lire l’annonce du 21 août 1847

Source: Patrimoine numérique de la Bibliothèque de Valenciennes

En 1851, François SOUFFLET tente de revendre sa brasserie. Le samedi 26 octobre 1851 a lieu la vente aux enchères de cette « grande et belle brasserie, bien achalandée ». L’établissement comprend « une grande et petite brasserie, logement d’habitation, deux cours, écurie, remises et autres dépendances ». Est prévue la possibilité pour l’acquéreur de reprendre le droit au bail de quinze cabarets pourvus d’une bonne clientèle. En fait, la vente ne se fait pas et la brasserie est toujours en vente au début de 1852.

Une nouvelle vente de la brasserie de la rue des Maillets, présentée sur une annonce comme « l’  une des plus grandes de la ville », a lieu le 28 avril 1852 en l’étude de Maitre DUPIRE au prix de départ de 40 000 francs, soit deux fois moins que le prix des investissements engagés par le brasseur Soufflet pour son entretien et sa restauration. Le stock de bière disponible à la vente est évalué à 2000 tonneaux. Au rez-de-chaussée de la maison d’habitation, on trouve « un grand et un petit salon, une chambre à manger, bureau, cuisine, cabinet buanderie, une remise, une écurie et deux cours. A l’étage, on trouve huit chambres ». Le bâtiment compte, également, « de fort belles caves et de vastes greniers ». Le jardin est parfaitement entretenu.

Zoomez sur le haut de la  colonne de gauche pour lire l’annonce du 27 avril 1852

Source: Patrimoine numérique de la Bibliothèque de Valenciennes

Léopold NAMUR, 26 ans, brasseur à Lourches et Edmond Théophile VINCENT, économe des hospices de Valenciennes s’associent pour racheter et exploiter l’affaire. Une société en nom collectif est créée par acte en date du 13 mai 1852. Léopold assure la direction de l’entreprise et la fabrication de la bière tandis que Théophile VINCENT est chargé de la tenue des livres, du placement de la production et de la surveillance des caves.

La raison sociale de la nouvelle société devient : « Brasserie NAMUR et VINCENT »

Extrait des publicationsLéopold NAMUR est né le 25 décembre 1826 à Anzin. Son père, originaire de Bastogne en Belgique, est industriel fabriquant de chaux et de ciment à Valenciennes.

Il a fait ses études au Collège de Valenciennes. Par la suite, il suit les cours de l’École spéciale de commerce, annexée au Collège de Valenciennes. Créé dans les années 1830, cet enseignement répond de la part de la municipalité aux aspirations des industriels et des commerçants de voir mis en œuvre un enseignement plus conforme à l’économie en développement et aux activités nouvelles du pays. On offre un enseignement moins classique et plus ouvert aux techniques de gestion. Léopold reçoit lors de la remise des prix de l’année 1843 le Prix d’excellence, suivi d’un premier prix en écriture, langue française et anglaise.

Il quitte l’école en 1845 et s’oriente vers une activité en plein essor à cette époque, la production de bière. Il est, au début des années 1850, gérant de la brasserie de Lourches avant de reprendre la brasserie des Maillets.

 Marié le 3 mai 1853 à Anzin avec Adèle BOISSAU, fille de Félix Joseph BOISSAU, directeur des mines à Denain. Ils auront trois enfants, Elise, Emile et Jeanne. Léopold habitera la maison patronale, rue des Maillets, avec sa famille jusqu’en 1876, date de son décès.

Léopold Boissau

Un épisode « amusant » en 1857, retrouvé dans l’Echo de la Frontière : Léopold est condamné en correctionnelle avec deux autres collègues brasseurs à une amende de 300 francs pour falsification de la bière qu’il produit, par un emploi excessif de chaux, nuisible à la santé. Jugé le 2 juillet 1857 par le Tribunal de Valenciennes, l’affaire ira en appel le 1er août de la même année. La Cour impériale de Douai, jugeant en cassation, ne remettra pas en cause la condamnation déjà intervenue. Cette dernière n’interrompt pas l’activité de la brasserie.

cour impériale de Douai

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La société NAMUR et VINCENT est prorogée pour une durée de neuf ans par contrat en date du 4 septembre 1866 reçu par Maitre Théophile DELCOURT, notaire à Valenciennes.

publication légale

Les deux associés confortent la position de la brasserie. Tous deux sont désormais des notables installés dans la société valenciennoise de la fin du Second Empire. Edmond Théophile VINCENT est, notamment, élu juge commissaire au Tribunal de Commerce. Il est membre de la liste libérale et indépendante lors des élections municipales du 7 août 1870, conseiller municipal par la suite, puis administrateur du bureau de bienfaisance. On retrouve la Brasserie NAMUR et VINCENT dans la liste des donateurs à l’occasion de la tombola du 29 août 1875 organisée par les canonniers sédentaires de Valenciennes pour venir en aide aux victimes des inondations. La société offre « une demi tonne de bière ».

Mais, au début de l’année, 1876, Léopold NAMUR tombe malade. La brasserie est mise en vente en avril de la même année par l’intermédiaire de son frère, Maitre Henri NAMUR, notaire rue de la Viewarde à Valenciennes. Il meurt le 29 avril 1876 dans la maison de la rue des Maillets.

 

Brasserie à céder

La brasserie est achetée par Edmond Louis CAUDE, natif de Cambrai et installé à Valenciennes vers 1865 d’abord en qualité de bijoutier. Veuf en première noce de Marie Adélaïde BOULENGER, il habite la brasserie avec son épouse Henriette PINÇON et ses enfants de 1876 à 1887 (Recensements de 1876, 1881 et 1886), période après laquelle il se retire à Saint-Saulve.

Par contrat du 1er mars 1877 passé devant Maitre Henri NAMUR,notaire, une société en nom collectif est créée entre Edmond Louis CAUDE et Léon Paul COLLARD, mineur émancipé à fin d’exploitation en commun de la brasserie.

En 1887, la brasserie en vente pour la somme de 55 000 francs est exploitée, semble-t-il, exclusivement par Léon Paul COLLARD, 25 ans. Célibataire, il vit rue de Maillets avec ses parents rentiers.Lors de la vente de 1887, sont, également, cédées « une maison rue de l’Escaut n°34 à usage de débit de boisson » à Louis POSTILLE, employé à Valenciennes, pour la somme de 5800 francs, ainsi qu’« une maison à usage de débit de boisson, sise à Artres, rue du Pont de la Ville » à Léon CHAUFFARD, cultivateur et brasseur à Maresche, pour 4400 francs.

Léon Paul COLLARD meurt le 13 novembre 1893 à l’Hôtel Dieu de Valenciennes à l’âge de 33 ans. La brasserie est alors reprise par Eugène BOSSUT et son épouse Flore WATTREMEZ (recensements de 1896, 1901, 1906 et 1911) et fonctionnera jusque dans les années 1910. Ils vivent rue des Maillets avec leurs trois filles, Anne, Suzanne et Andrée (Recensement de 1906). En 1914, Eugène BOSSUT, atteint de tuberculose rénale, n’est pas mobilisé. Il est réfugié dans un premier temps à Cosne, puis au Crotoy près d’Abbeville. Il meurt pendant la Première Guerre mondiale. Après la guerre, la brasserie ne semble pas reprendre la fabrication. Au journal Officiel du 30 mai 1922, on trouve mention de la cession par Flore BOSSUT WATTREMEZ d’un estaminet, sis 6 rue du Quesnoy à Valenciennes. Il s’agit,vraisemblablement, d’une opération réalisée dans le cadre de la succession de son époux.

Sources :

Recensements de la ville de Valenciennes (Archives de la ville de Valenciennes en ligne)

Echo de la Frontière et Courrier du Nord (Archives de la ville de Valenciennes en ligne)

Etat-Civil de la ville de Valenciennes / fiches matricules militaires (Archives du Nord en ligne)

Photos : Inventaire général du patrimoine culturel (http://www.culture.gouv.fr)

  Ci dessous quelques photos de la Brasserie:

  Brasserie des Maillets-2 Brasserie des Maillets-3

Brasserie des Maillets-1

Fin du document de Monsieur Alain Boissau

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-17-La fondation du Mont de Piété de Valenciennes

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1° Note préliminaire :

Le texte du paragraphe 3 ci-dessous concernant la fondation du Mont-de-piété est extrait de « l’almanach de Valenciennes et de son arrondissement 1879-3ème année » que l’on trouve sur le site du patrimoine numérique de Valenciennes (pages 63 à 67).

 

2° Ci-dessous deux représentations du Mont de piété.

Celle extraite du manuscrit « l’Histoire ecclésiastique de la ville et comté de Valentienne » de Simon Leboucq »..

Source : Patrimoine numérique de la bibliothèque de Valenciennes cliquez ici

le Mont de piété

Ci-dessous un extrait du même livre imprimé en 1650 : Dessins de Henry Macaire

Source :  patrimoine numérique de la bibliothèque de Valenciennes

Arthur Dinaux

Puis une photo de 2012.

Valenciennes le Mont de Piété

 3° La fondation (Texte de 1879)

FONDATION du Mont-de-piété

 de Valenciennes

Jusqu’au commencement du XVII) siècle, les malheureux, obligés d’emprunter sur gages, étaient, à Valenciennes comme dans tout le Hainaut, forcés de s’adresser à ceux qui tenaient tables de prêts sur gages ou Lombards. Cette dernière dénomination avait été donnée à ces établissements, parce qu’à l’origine ils avaient pour la plupart été fondés par des usuriers venus de la Lombardie.

Pour tenir lombard, il fallait en avoir obtenu l’autorisation et privilège  du souverain dont  on plaçait les armes au dessus de sa porte.

Ces prêteurs se livraient souvent à l’usure la plus effrénée. Les Archiducs Albert et Isabelle, princes souverains du Hainaut, avaient bien réduit l’intérêt de ces prêts 17,84% par an ; mais cette réglementation était difficile à appliquer et les lombards avaient trouvé cent moyens de la tourner.

Pour mettre un terme à ces abus, les archiducs Albert et Isabelle, par octroi en date du 8 janvier 1618, décidèrent la création de Monts-de-Piété (tels qu’il en existait déjà  « en plusieurs endroits de la chestienneté », dans toutes les villes de leurs états « de part de ça » où se tenaient des lombards, notamment à Valenciennes.

A cet effet, ils nommèrent surintendant général des Monts-de-piété à créer, avec immunité de ministre, Wenceslas Cobherger, leur architecte général, se réservant de réglementer ultérieurement ces Monts-de-Piété et ordonnant qu’au fur et à mesure de leur érection, les lombards seraient fermés.

Le surintendant avait d’ailleurs tous pouvoirs pour préposer à la direction de ces établissements telle personne de qualité qu’il jugerait convenir.

Cobergher se mit à l’œuvre et l’année suivante il avait érigé le Mont-de-piété de Bruxelles. Aussitôt parut le règlement, qui devait être applicable à toutes les autres villes et qui fixait le taux de l’intérêt à 15% par an de la somme prêtée (14 janvier 1619).

Dés les premiers jours de 1622, Cobergher  sans même en avertir le Magistrat ni le conseil de Valenciennes, achetait de messire Jehan de Carondelet, Seigneur de Potelles, sa maison et refuge situé sur la couture (terrain en culture, partie de la place verte) pour y ériger un Mont-de-piété.

Le Magistrat voyait de mauvais œil ces préparatifs, et lorsque Cobergher  le requis de faire sortir Pierre Limal, locataire de l’hostel de Potelles, il renvoya l’ affaire au conseil privé, qui, le 6 mai 1622, résolut de s’opposer à l’érection de ce Mont-de-Piété.

Malgré toutes les réclamations , malgré l’offre que fit la ville d’ériger elle-même un Mont-de-Piété, où l’on ne percevrait que 9% d’intérêt au lieu de 15, François  Vanderburgh, archevêque et duc de Cambrai, posa  le 10 août 1622 la première pierre du Mont-de-Piété actuel, sur l’ordre de l’infante Isabelle et sans que le Magistrat y eût été convoqué.

Enfin le Magistrat céda, et le 10 novembre 1623, la réconciliation fut célébrée dans un banquet qu’il offrit à  Gobergher.

Le Mont-de-piété de Valenciennes fut terminé en 1625. Le 4 mai de cette année, François Vanderburgh célébra, pour l’inauguration, la grand’messe en l’église Saint Nicolas, alors sur la place verte actuelle. Le Magistrat y assista, puis on alla diner au Mont-de-piété. Le lendemain, 5 mai, les prêts commencèrent et les armes de Sa Majesté furent enlevées du lombard de Michel de Chêvre.

Telle fût l’origine du Mont-de-Piété de Valenciennes. Après la conquête de la ville, Louis XIV maintint cet établissement et le plaça sous la protection du Grand Chancelier de France, qui en nomma le surintendant ou en laissa la nomination à l’intendant de la généralité.

Le dernier surintendant fut Lamoninary, propriétaire de la manufacture de porcelaine vers 1780. Cette place, très recherchée à cette époque il la devait à la haute protection de M. Sénac de Meillan. On lui avait donné aussi pour logement un magnifique hôtel, construit au XVI° siècle, pour l’illustre famille des Carondelets et qui existe encore aujourd’hui.(1879).

Nota : L’Hôtel  fera l’objet d’une offre de rachat qui sera déclinée par décision de Conseil Municipal du 30 septembre 1960, il fut détruit ou « déconstruit » comme on dit maintenant.

Hôtel des Carondelets peu avant sa démolition: Source Hainautpedia

Valenciennes-hotel_Carondelet-1964

Son Porche d’entrée a été installé au  n°7  de la rue de Beaumont.

Les Monts-de-Piété furent fermés en France à l’époque de la terreur, mais Valenciennes étant tombée le 1er Août 1793 sous le joug de la domination Autrichienne, son Mont-de-piété resta ouvert jusqu’à la délivrance de la ville (1er septembre 1794). Le surintendant Lamoninary, tout dévoué à l’empereur d’Autriche, infligea même à cet établissement ce titre, qu’il fit inscrire au dessus de la porte : »Mont-de-Piété de Sa Majesté impériale et royale ». On le lui pardonna, lorsqu’il fut tombé en misère ; car il obtint en 1817 le secours maximum de l’Hôtellerie, maison qui était alors régie, comme le Mont-de-piété, par la commission administrative des Hospices.

Les scellés furent apposés au Mont-de-piété le 5 septembre 1794. L’établissement fut rouvert le 20 septembre 1803 et l’établissement en fut confié à la commission  administrative des Hospices, qui l’a toujours soutenu et dirigé depuis.( écrit en 1879).

C’est avec satisfaction que l’on constate, à la lecture du rapport fait en 1876 par les inspecteurs généraux des établissements de bienfaisance, le Mont-de-piété de Valenciennes par son organisation et le taux relativement peu élevé de son intérêt (7%), laisse derrière lui la grande majorité des Mont-de-piété de France…

4° Le devenir du Mont-de-piété

« Pitié pour le Mont-de -piété » clament les associations de défense du Patrimoine.

Ci-dessous une brève de VA.info

http://www.va-infos.fr/breve/reactions-mont-de-piete-associations/

Ci-dessous une interview de la radio « France bleu Nord ». Cliquez sur l’icône

fichier wmv

 

 

Ou cliquez ci dessous si la vidéo n’est pas lisible:

Mont_de_piete_1–NET_92bae0db-78bc-4a54-9b29-f832ede6b5de

 

Fin de l’article

 

 

-15-La rue la plus longue de Valenciennes

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La rue la plus longue de Valenciennes.

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1°)Préambule

Il s’agit de la rue de Paris. Son point de départ se trouvait être la porte  dite de Paris. C’est cette porte  que l’on empruntait il y a plus d’un siècle pour prendre la direction de la capitale. Elle fût détruite lors du démantèlement des remparts. Ce dernier commencé le 1er février 1891 dura deux ans. La porte  était auparavant  dénommée  porte Notre-Dame et avant cela Porte Pissote.

Pour simplifier on peut dire qu’elle se trouvait au niveau du rond-point actuel entre le boulevard Saly et le boulevard Beauneveu. c’est-à-dire non loin de l’ Escaut. C’est par cette porte Pissote  proche de l’Escaut que les Vikings en 880 pensaient prendre la ville. Ci-dessous une enluminure de Hubert Cailleau illustrant cette attaque.

Les Normands Source : Bibliothèque de Douai. Illustration de la base Enluminures ( Cliquez ICI).réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai. Reproduction interdite sans son autorisation.

L’église Notre-Dame-la-Grande est représentée en deuxième plan et en arrière plan on aperçoit le Château de Valenciennes. (NB : C’est une  Illustration du 16ème siècle représentant un événement du 9ème siècle. Notre-Dame-la-grande telle qu’elle est représentée n’était pas encore construite ).

Les Normands comme on les nommait à l’ époque arrivèrent par le faubourg de Paris dans le but de piller la ville mais ils  rencontrèrent une résistance si forte qu’ils y renoncèrent, de dépit ils incendièrent les faubourgs. Hubert Cailleau, enlumineur du moyen-age, représente ces farouches guerriers  à l’entrée de la porte «Pissotte» et pour insister sur leur agressivité les représente avec l’ étendard portant la devise «Flagellum Dei» (Traduction: Le Fléau de Dieu).

Ci-dessous une photo exceptionnelle (1890) prise de l’intérieur de la ville et donnant sur le faubourg de Paris.. En arrière plan l’ église du faubourg de Paris. Patientez, la photo apparaitra dans quelques secondes.

Source Bibliothèque de Valenciennes. http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_P_APOUS3/079

  :-) Vous pouvez zoomer la photo ci-dessus avec la molette de votre souris, puis la recentrer avec le clic gauche.

La rue de Paris partait donc de cette porte et serpentait dans la ville jusqu’à la place d’ Armes.  (tracé quasiment inchangé depuis des siècles).   Ci-dessous une carte sur laquelle la rue est tracée. Des «épingles» indiquent quelques éléments remarquables que vous découvrirez.

Voir en plein écran

:-) Avec la souris ( clic gauche) vous pouvez déplacer la carte, avec les onglets + ou – vous pouvez zoomer. En cliquant sur une épingle la légende apparaît.

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2°)Promenade  «le nez en l’air» .

Empruntez  d’abord  la « rue des déportés du train de Loos. ». Voir photo ci-dessous

Entrée de la rue des déportés du train de Loos-Rue de Paris

Pourquoi pas la rue de Paris ?. En fait ce premier tronçon de la rue de Paris a été débaptisé en hommage aux 871 déportés en Allemagne le 1er Septembre 1944. Pour en savoir plus cliquez ici .

Mais auparavant cette même rue se nommait rue Pissote du nom de la porte qui se trouvait au niveau du Grand-Bruille (une des 14 rivières ou voies d’eau Valenciennoises). Cette porte a été déplacée par Bauduin l’ Edifieur pour devenir la porte Notre Dame puis porte de Paris.

Une cinquantaine de mètres plus loin vous avez à votre droite la rue Simon Leboucq  si vous ne connaissez pas cet historien, échevin, prévôt, de Valenciennes  Cliquez ici. Ci dessous son buste (marbre de Martin Badar 1613-1684) exposé au musée de Valenciennes. Il  se trouvait avant la révolution dans l’église N.D. la Grande.

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Continuez tout droit quelques dizaines de mètres  et vous découvrirez à votre droite la maison du Prévôt située  rue Notre Dame . Du nom de l’église Notre-Dame-la-Grande édifiée au XIIème siècle souvent considérée comme la  « Merveille des Pays Bas ».

Nota : La maison du prévôt , deuxième maison la plus ancienne de Valenciennes après celle de l’Hôtel des Carondelets (place verte) a été occupée par Simon Leboucq alors prévôt désigné par les moines de l’ abbaye d’ Hasnon pour gérer les biens de cette communauté. Quand vous serez en face vous reconnaitrez cette maison sans problème.

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À droite de la photo : la rue des déportés du train de Loos, que vous venez d’emprunter.

Notre Dame-la Grande, édifiée fin XIIème, œuvre du premier art gothique du Nord de la France  se trouvait en face de la maison du prévôt. (Le Saint Cordon y aurait été conservé depuis l’an 1008 dans une première chapelle avant la construction de l’église).

Selon la croyance, en 1008, la vierge ou un ange avait déroulé autour de la ville un cordon l’isolant ainsi d’une épidémie de peste et la sauvant de la mort. Ci-dessous un dessin à la plume de Simon Leboucq.

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Source : Bibliothèque de valenciennes : http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MS_0673/P_009

:-) Vous pouvez zoomer le dessin ci-dessus avec la molette de votre souris. Vous découvrirez les arcs-boutants, éléments essentiels  d’une construction Gothique (désignés par les repères 3). Peut-être les premiers jamais construits !. Simon Leboucq note dans la marge que 2 arcs-boutants (repères  4) ont été abattus par le vent en 1606. Petit détail : Simon Leboucq avait sans doute «le nez en l’air» quand il a remarqué un nid de cigogne en haut de la tour de gauche encadrant le portail d’entrée.  Était-ce un soucis du détail et de la précision chers à Simon Leboucq ? ou la révélation de son esprit badin ?.

Autre dessin en cliquant ici : Source Google books, Les lithographies sont d’Henri Macaire.

 Qu’en reste t’il après la révolution ? Rien ou si peu. Cependant vous retrouverez  un de ses murs intégré au bâtiment de la sous-préfecture de Valenciennes au bout de la rue Notre Dame. Voir photo ci dessous.

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Et si vous vous rendez à Raismes près de Valenciennes vous découvrirez les orgues de Notre-Dame-La-Grande dans l’église St Nicolas, Voir photo ci-dessous.

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C’est le maire de Raismes qui en  fit l’acquisition en 1864 pour remplacer celles offertes par le marquis de Cernay lors de la construction de l’église Saint Nicolas en 1751/1752.

Ci dessous un montage photographique montrant sur une vue actuelle l’ancien emplacement de notre Dame la Grande.

Emplacement Notre Dame la grande.Source photo: Géoportail  de l’ I.G.N.

http://www.geoportail.gouv.fr/accueil

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-Traversez  la place du 8 Mai, attention de ne pas heurter une des quelques constructions métalliques que l’on trouve à Valenciennes.(Œuvres d’ Art confectionnées avec les rails, fer I, fer U, tubes et autres matériaux d’une métallurgie moribonde).

Œuvre d’Alain Valtat intitulée «Juste Construction».

Juste Construction-Alain Valtat-Place du 8 Mai 1945-Valenciennes

-Dirigez vous vers la place du neuf-bourg. Mais auparavant arrêtez-vous devant le N° 106 de la rue de Paris.

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En levant les yeux vous découvrirez un bas relief au dessus de la porte.

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Que représente-t-il ?  L’origine en est inconnue mais,

-Pour les uns il s’agit d’une représentation de Valenciennes et de ses remparts.

-Pour d’autres il s’agit d’une représentation de la Jérusalem Céleste.

Source Wikipedia : la Jérusalem céleste est un concept traditionnel juif et chrétien, associé à la fois au jardin d’Éden, à la terre promise et à la reconstruction du Temple après la fin de la captivité des juifs à Babylone ; selon les traditions elle peut être une ville littérale, un lieu spirituel, ou représenter l’aboutissement de l’Histoire et le retour à la perfection initiale. La Jérusalem céleste est représentée dans certaines basiliques par le centre d’un labyrinthe que les pénitents devaient parcourir à genoux. Cette épreuve représentait symboliquement un voyage en terre sainte. Le labyrinthe ne comprend aucun cul-de-sac, ni embranchement,  seule la persévérance permet d’arriver au centre.

Ci-dessous le labyrinthe de la basilique de Saint Quentin. (Aisne)

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-Une dernière version plus récente suggère  que ce bas-relief serait en fait l’enseigne d’un estaminet portant le nom de «à la ville de Douai». Reste cependant un petit mystère, regardez le coin gauche du bas-relief on aperçoit les symboles pontificaux sur le clocher d’une église. (Clefs de St Pierre et la tiare).

Encore quelques dizaines de mètres et vous arrivez place du Neuf-bourg.

Valenciennes place du Neuf Bourg

La statue en premier plan , «la vénus moderne» est l’œuvre d’Henri Derycke.

Retour dans le passé avec la  photo ci-dessous  prise avant la guerre 14/18.

Source : Zentrales Verzeichnis Digitalisierter Drucke: http://digital.staatsbibliothek-berlin.de/werkansicht/?PPN=PPN729273229&PHYSID=PHYS_0041&USE=800 ngcs.staatsbibliothek-berlin.de Cette place du Neuf-Bourg, qui abritait autrefois le commerce de la laine à tisser les draps, fut appelée place du marché au filet jusqu’au 18ème siècle. Et on désignait sous le nom de Neuf Bourg le nouveau quartier qui s’élevait plus au nord du centre ville  originel de Valenciennes, lui même appelé Grand Bourg. Le Neuf-Bourg conserva longtemps son indépendance et ne fut annexé au Grand Bourg qu’en 1338.

« L’intérêt architectural et patrimonial de nombreuses maisons de la place datant du 18éme siècle leur a valu de bénéficier d’une campagne de restauration des façades qui a permis au quartier de retrouver une partie de son charme d’antan. ».

Rendez-vous devant le n°28 de cette place (dernière maison au fond de la place)

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Cette maison ne semble présenter aucun point particulier, mais si vous regarder le mur entre la troisième et la quatrième fenêtre de l’étage  vous découvrirez un boulet de canon tiré par les  confédérés lors du terrible siège de 1793..(c’est une info du CSPV)

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Revenons près de la statue d’ Henri Derycke, un panneau explicatif situé près de celle ci précise que l’église Saint Vaast (intra muros, pour la distinguer de l’église Saint Vaast-là-haut) était bâtie à cet endroit.

Quelques lignes sur l’église Saint Vaast, mais d’abord ci dessous l’ église dessinée par Simon Leboucq

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Source : Bibliothèque de valenciennes. http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MS_0673/P_127  

;-) Vous pouvez zoomer cette image avec la molette de votre souris.

Notez le commentaire de Simon Leboucq à droite de l’image. « Ici fût pris l’esturgeon en l’an 1617.». Une Croix indique même l’endroit près du pont. L’Escaut était sans doute moins pollué à l’époque !. C’est son ancien cours qui est représenté (ne pas confondre avec l’ Escaut canalisé actuel).

Simon Leboucq raconte même cette anecdote dans son « Histoire ecclésiastique de la ville et comté de Valenciennes ». « L’esturgeon d‘une grandeur exceptionnelle fut aperçu dans l’Escaut le 3 Mai 1617. Le dimanche 7 Mai, vers midi des bourgeois se jettent dessus et le tue à coups de couteaux. Le magistrat organise de suite une visite payante. La moitié des profits fût remise aux pauvres de la ville et l’autre moitié à ceux l’ayant capturé. » Fin du résumé de l’anecdote.

Tournez le dos à la place et reprenez votre promenade dans la rue de Paris .

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Un gros plan sur le pignon du café situé en premier plan vous rappellera que cette place débordait d’activités à une époque pas si lointaine.

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Continuez jusqu’au 94 de la rue. C’est une maison Scaldienne (dite maison espagnole). Celle-ci, en cours de restauration deviendra le siège du Comité de Sauvegarde du Patrimoine Valenciennois (C.S.P.V.).

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Depuis Août 2015 les travaux ont repris, cette fois ils concernent le grenier, les deux étages, le rez-de-chaussée et la cave. Ci-dessous une  photo du rez-de-chaussée en cours de restauration.

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D’autres vues dans le reportage photo de M. Cybertowicz  président du CSPV en cliquant ici .

Reprenez votre promenade et vous apercevrez bientôt le bâtiment ci-dessous, dont le fronton rappellera à certains la «réclame» : B.B.B.B .

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Qui signifiait «Buvez la Bonne Bierre Bouchart». (avec modération dirait-on aujourd’hui)

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Cliquez ici  vous vous connecterez sur un site très intéressant qui répertorie des brasseries du Valenciennois.

Changez de trottoir, un porche clos par un portail en fer forgé au N° 78 permet d’entrevoir la cour et les bâtiments de la maison de retraite N.D. de la Treille.

Notre-Dame de la Treille

La maison de retraite Notre-Dame de la Treille est un EHPAD privé à but non lucratif. Cette structure accueille actuellement 38 personnes et devrait prochainement (2016 ?) déménager de cet immeuble et  s’installer dans le nouvel EHPAD en construction au faubourg de Paris  entre  l’Escaut   et la rue du clos des Villas. L’hébergement devrait passer de 38 à 78 personnes.

On trouve dans « le miroir des ordres et instituts religieux de France » de l’ abbé Maillaguet (1865) que l’institution des Sœurs de Notre-Dame de la Treille fondée en 1845 possédait une maison de sœurs gardes-malades à Valenciennes. (page 271).Google Books. S’agit-il de cette maison ? Ci dessous quelques vues des bâtiments  et de la chapelle.

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La cour

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La Chapelle

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Reportage « La voix du Nord » en cliquant ici

Nous sommes en 2017 (lors de cette mise à jour), les délais ont été tenus, les anciens logent maintenant dans leur nouvel établissement situé près de l’ENTE sur une berge de l’Escaut Rue de l’abreuvoir.

Copie de Escaut devant etablissement la treille

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Sur le trottoir d’en face de l’ancien établissement, on trouve un des derniers bouquinistes de Valenciennes. Il est parfois possible d’y dénicher une réédition  de «Histoire Ecclésiastique de la ville et du comté de Valentienne » de Simon Leboucq.

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Continuez votre promenade, vous arrivez sur la place St Nicolas de son ancien nom « place de l’ Isle ».. Face à vous l’église St Nicolas devenue auditorium. Cliquez ici pour en savoir plus.

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Au centre de la place vous découvrez  « la femme au pigeon » de Lucien Brasseur  et en arrière-plan, au fond d’une impasse l’église réformée de Valenciennes, (fédération protestante de France.).

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À partir de cette place la rue de Paris vire à angle droit (vers votre droite), prenez quand même le temps  de regarder l’ancien collège des Jésuites devenu la Bibliothèque de Valenciennes.(Rue Ferrand)

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Quelques pas vous emmènent bientôt face au square Watteau .

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Devant l’église St Géry, qui s’est vue privée d’un clocher puis à laquelle un beffroi a été apposé en guise de clocher se substituant ainsi  au beffroi de la grand’place  qui s’était écroulé en 1843 vous pouvez découvrir:

-La sculpture «Cheek to Cheek» de Roland De Jong Orlando.

-La fontaine Watteau conçue par Jean Baptiste Carpeaux ,terminée par Ernest Hiolle. Inaugurée le 12 octobre 1884

-15-La rue la plus longue de Valenciennes dans architecture cheek-to-cheek-et-watteau

-La stèle d’Alfred Bottiaux : «Jehan Froissart remettant ses chroniques à Philippa de Hainaut». Voir autre article de ce blog en cliquant ici.

-Ci-dessous les 12 piliers de l’église qui figurent les 12 apôtres.

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Après avoir visité l’église, traversez le square, vous vous trouvez face au 56 de la rue de Paris. Cette immeuble construit en 1712  est l’ancien Hôtel Floréal dit aussi Hôtel de Desfontaine de Frasnoy.

Hôtel Floréal dit Hôtel de Desfontaine de Frasnoy

Une longue restauration, terminée en 2009, a permis la mise à disposition de  10 logements neufs, très lumineux  donnant sur une cour intérieure.

Lire un article de VA-info en cliquant ci-après: http://www.va-infos.fr/index.php/sections/article/ouvrez_les_portes Les portes sont parfois ouvertes.

20151031_095932  

Continuez votre parcours vers la place Saint Jean : Ne la cherchez pas, elle n’existe plus depuis le dernier conflit. Cependant il en reste quelques cartes postales comme souvenirs.

Source: Bibliothèque municipale de Valenciennes.  http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MAR1000

Mais où se situait-elle ? Les observateurs attentifs et fureteurs auront remarqué en arrière- plan de la carte postale un coin de l’hôtel de ville. Cette place se trouvait donc proche de la rue de Paris.

Ci-dessous un extrait d’un ancien plan Ravet  de Valenciennes. La place St Jean est repérée en rouge, une flèche jaune indique l’axe de visée du photographe de l’époque.

Extrait Plan Ravet

Encore quelques pas et vous arrivez sur la place du marché aux herbes (Face à la poste) dernière étape de votre promenade. La sculpture « Le couple » d’Eugène Dodeigne  salue la fin de votre visite.

Eugène Dodeigne est décédé à Linselles le 24 décembre 2015, à l’age de 92 ans.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA à bien regarder cette œuvre on en vient à découvrir qu’une sculpture dite abstraite peut apparaitre très figurative.

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Erratum:

J’ai écris en début d’ article que l’ église Notre-Dame-la Grande de Valenciennes était considérée comme la « Merveille des Pays-Bas » c’est une erreur de ma part, ce titre revient à la cathédrale de Cambrai détruite à la révolution. La maquette ci dessous  se trouve exposée à Cambrai dans l’ actuelle cathédrale Notre-Dame de Grâce.

La Merveille des Pays-Bas 1148-1796

On quitte Valenciennes certes, mais la reconstitution 3D de cette cathédrale vaut que vous y passiez quelques minutes à la regarder. C’était, comme à Valenciennes, les débuts de l’ art Gothique.

 source youtube: https://www.youtube.com/watch?v=diO5B7OpwGY  

À bientôt pour d’autres découvertes.

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-12-Valenciennes: Le Rieur est de retour

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Valenciennes

 Le rieur est de retour

Mise à jour du 16 juillet 2016

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Le rieur est une statue de Félix Desruelles  (1865-1943) sculpteur Valenciennois, second grand prix de Rome en 1891. Cette statue se trouvait jusqu’en Novembre 2013 sur une pelouse du square du Rieur.

Ce square attenant au square Plumecocq avait été aménagé après les deux derniers conflits sur la plaine de Mons.

D’où vient cette appellation « plaine de Mons » ?.

Entre 1890 et 1892, la ville de Valenciennes, à l’étroit dans les remparts de Vauban et de Charles Quint, entreprend le démantèlement de ceux-ci.

De la même façon la porte de Mons et ses remparts attenants ont été démantelés pour laisser la place à ce que l’on a dénommé par la suite  « plaine de Mons. »

Au siècle dernier se sont installés,  piscine,  patinoire,  écoles, salles et terrains de sport, …..mais aussi les deux squares.

Ci-dessous le rieur posé sur un coin de pelouse, sans sa fontaine  qui avait été supprimée en 1978.

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Le rieur dénommé « l’enfant à la fontaine » à l’entrée du parc des Floralies en 1962.

L'enfant à la fontaine

Le  square Plumecocq a été l’objet de nombreuses polémiques et de terribles grognes en 2013 lors du projet d’implantation d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Les espaces verts allaient être remplacés par du béton !.

Une partie du square Plumecocq avait déjà été dépossédée de la statue des « trois grâces et l’amour » de Gustave Crauk. Cette statue se trouvant désormais au centre ville.

Carte postale les 3 Graces et l'amour

Square Plumecocq : en Premier plan « les trois grâces et l’amour », en arrière plan la piscine.

En fin de compte, Maire, municipalité, riverains, tout ce monde est tombé d’accord sur un nouveau projet : L’EPHAD serait transféré le long du canal de l’Escaut et les deux squares subiraient une cure de rajeunissement qui allait transformer ce quartier de la ville.

Les travaux commencèrent en Novembre 2013, Ils sont quasiment terminés en cette fin juin 2014.

Le Rieur est de retour, il peut désormais jouer avec l’eau qui jaillit de sa fontaine remise en eau. Un vaste plan d’eau redonne un air de campagne à cette plaine de Mons qui se trouvait à une époque « hors les murs ».

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Regardez la photo ci dessous, vous trouverez des ressemblances ! .Qui a inspiré l’autre ?

Il s’agit d’une sculpture de Léon Gobert (1869-1935) que l’on peut voir dans les jardins du Mayer de la ville de Mons (Belgique)

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Nom de l’œuvre: Le Ropieur

 

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Fin de l’article 

Compléments d’informations sur Félix Desruelles :

Cette année beaucoup de villes commémorent le conflit 14/18. Si vous visitez le musée de la grande guerre à Péronne vous y découvrirez une autre œuvre de Félix Desruelles : La Paix armée.

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 La statue de Jean Baptiste Carpeaux, œuvre de Félix Desruelles , vient de subir un nettoyage (Juillet 2016), On peut maintenant la photographier.Voir ci dessous.

J.B. Carpeaux par Félix Desruelles

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Pour les autres photos et illustrations: les sources sont citées.

-9-L’ Echo des Taxes

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L’Écho des taxes

A l’heure où l’on parle beaucoup des barrières d’Écotaxe à l’entrée des villes, sachez qu’il y a soixante dix ans il existait encore des taxes perçues à l’entrée des villes. On parlait alors de  barrières de l’Octroi.

Il s’agissait réellement de barrières, parfois de grilles  qui ne s’ouvraient qu’après avoir payé une taxe sur la consommation de produits variés dont la gamme englobe les boissons, les comestibles, les fourrages, les combustibles, les matériaux de construction….

Une partie du revenu de ces taxes servait aux dépenses essentielles de la ville : grands travaux, secours publics, instruction primaire, travaux d’assainissement, pavage des rues, distribution de l’eau…la partie la plus substantielle revenait au roi ou plus tard à l’état.

Cliquez sur le lien ci-dessous, la description  en est donnée  sur le site du musée de La Ciotat .

http://www.museeciotaden.org/Pages%20archi-sites/octroi.htm

G._Bruno_-_Le_Tour_de_la_France_par_deux_enfants_p099Attribution: By G. Bruno, gravure Perot [Public domain], via Wikimedia Commons

Source cliquez ici

 Définition  Wikipedia : Octroi,: contribution indirecte perçue autrefois par les municipalités à l’importation de marchandises sur leur territoire. Cette taxe frappait les marchandises les plus importantes et les plus rentables telles que le vin, l’huile, le sucre, le café, etc. Il est signalé dès le XIIe siècle à Paris et servait à financer l’entretien des fortifications et les travaux d’utilité publique.

Ce terme désigne également l’administration chargée de prélever cette taxe. Elle contrôlait chaque porte de la ville à l’aide de barrières souvent disposées entre des pavillons symétriques. Les droits d’octroi furent supprimés le 20 janvier 1791 par l’Assemblée constituante, puis rétablis par le Directoire le 18 octobre 1798.

Au 19e siècle, pour subvenir aux dépenses communales, les municipalités étaient autorisées à établir et percevoir des droits d’octroi sur certaines marchandises de consommation locale à l’entrée dans leur ville. Ces taxes furent supprimées définitivement par la loi n° 379 du 2 juillet 1943 portant suppression de l’octroi à la date du 1er août du gouvernement Pierre Laval. Source : Wikipedia.

 

Les barrières de l’Octroi de Valenciennes.

Faisons le tour de Valenciennes et passons en revue les bâtiments de l’octroi qui subsistent au bord des voies d’accès.

1 °Commençons   par une des plus anciennes voies d’accès à  Valenciennes  qui est sans doute la voie reliant Famars à Tournai via Valenciennes. Cette voie dénommée  avenue du Sergent Cairns (héroïque sergent Canadien tué  le 02 Nov.1918  lors de la libération de Valenciennes)  cette voie, donc,  était contrôlée par un Octroi au niveau de l’actuel  stade du Hainaut (Nungesser) que les amateurs de foot connaissent bien.

En levant le nez on y remarque les armoiries de la ville.

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Vue d’ensemble

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2° Continuons notre circuit en empruntant la rue Baudouin l’Edifieur pour nous retrouver sur l’avenue de Verdun en provenance de Maubeuge via Marly .

On y retrouve un autre Octroi, l’appellation a été dissimulée il y a quelques années et le fronton sert de poteau électrique. !

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Vue d’ensemble voir ci dessous

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3°Je ne retrouve pas d’octroi sur la voie venant de Belgique via St Saulve

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Ci dessous l’Octroi et le bar de l’avenue de Saint Amand (Place de Tournai).

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Ci-dessous vue du fronton

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Vue d’ensemble

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 Commentaire : les taxes sur les boissons étaient tellement  élevées, elles pouvaient en effet atteindre 100% du prix de vente, que de nombreux Estaminets, débits de boisson se sont installés à quelques distances des barrières de l’Octroi, mais  hors la ville.

« En 1673, les taxes représentaient 67 % du prix de vente de la bière. Il fallait, en outre, de temps à autre, y ajouter des « prélèvement exceptionnels » tel le financement de l’Hôpital Général dont la construction dura 20 ans. La taxe subsistera après son achèvement en 1774.

Un tel niveau d’imposition rendait la fraude inévitable. D’autant qu’il existait des exemptions d’impôts pour les militaires et les religieux et qu’en plus, hors de la Ville close en banlieue, les bières appelées « manantes » ne subissaient pas de taxes d’octroi. Il y avait donc grand intérêt à se ravitailler « duty free » aux cantines militaires ou chez les chanoines … ou bien encore à boire un verre à la campagne »

Source :Le Hainaut Français et la bière par M. Pierre-André Dubois Maître Brasseur, Président d’honoraire de l’Association des Amis de la Bière   http://www.lachoulette.com/bd/IMG/pdf/5.pdf

 

Photo ci-dessous : Ancien estaminet de l’avenue de Reims établi à une centaine de mètres de l’Octroi de l’avenue du Sergent Cairns.

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5°On retrouve un autre Octroi au carrefour de la pyramide de Dampierre encore appelé carrefour des 4 pavés de St Waast. Situation « stratégique » pour contrôler plusieurs voies d’accès à la ville.

Actuellement cet Octroi est occupé par une agence de la caisse d’Épargne

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Vue des armoiries de Valenciennes en levant le nez

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Les observateurs pourront remarquer que la légion d’honneur figure cette fois sous le blason de la ville. En effet par décret en date du 13 octobre 1900, la ville de Valenciennes a reçu la décoration de la Légion d’honneur en souvenir du siège mémorable qu’elle soutint en 1793 .

Cela signifierait que seuls les édifices publics de construction postérieure à 1900 portent cette croix.

 6°On retrouve un autre Octroi à l’angle de l’avenue du Faubourg de Cambrai et de la rue Jean Bernier (quasiment face à la caserne des pompiers).

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Architecture similaire à celle des autres postes de l’Octroi, on y retrouve les armoiries de Valenciennes et cette fois encore le nom « Octroi Municipal » qui a été masqué comme pour effacer la trace d’une infamie.

Ci dessous une photo de ce bâtiment de l’ octroi situé face à l’église St Joseph.

Source/ Bibliothèque de Valenciennes: http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/FRAC059606_22Z_81_027

:-) vous pouvez zoomer la photo avec la molette de votre souris

 7° L’ octroi du faubourg de Paris. Ci dessous un bâtiment de l’ Octroi, mais rien ne l’indique, se situant rue du clos des villas. Proche des rives de  l’ Escaut.

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8° Carte de Valenciennes avec l’ emplacement des anciens octrois.

Voir en plein écran :-) Avec la souris ( clic gauche) vous pouvez déplacer la carte, avec la molette   vous pouvez zoomer. En cliquant sur une épingle la légende apparaît.

 9° Commentaires

Tout au long du XIX siècle, les octrois sont restés la cible de la critique car ils étaient perçus comme une sorte de douane intérieure qui entravait la libre circulation des marchandises. Ces taxes furent supprimées définitivement par la loi n° 379 du 2 juillet 1943 portant suppression de l’octroi à la date du 1er août du gouvernement Pierre Laval.

Mais elle a été vite remplacée par une taxe locale, elle-même remplacée le 10 Avril 1954   par la TVA.

 Définition de la TVA trouvée sur le site Impot.gouv

 « La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt général sur la consommation qui est directement facturé aux clients sur les biens qu’ils consomment ou les services qu’ils utilisent en France. »

 On est donc passé d’une taxe (Octroi) sur une partie des denrées à une taxe générale sur la consommation.

« Souvenons nous que C’est le consommateur final qui paye la TVA, et non les entreprises qui concourent à la production du bien ou du service.Les entreprises jouent un rôle de collecteur d’impôt pour le compte de l’état : elles facturent à leurs clients la TVA et la reversent ensuite au service des impôts, déduction faite de la TVA payée sur les achats ».(Source : Compétences et impulsions).

10° Et l’ECOTAXE ?

Ce présent article a fait l’Écho d’une taxe qui a été vite oubliée, car remplacée par d’autres. On peut se poser la question de savoir si les portiques installés actuellement à grand bruit médiatique  à l’entrée des villes ne seraient pas une sorte de nouvel octroi sur les marchandises dont il va falloir en fin de compte s’acquitter en tant que consommateur final.

Pour cela j’ai consulté le site officiel « développement durable.gouv », voici la réponse.

Est-ce que le prix des marchandises transportées par camions va augmenter ?

30 mai 2013 (mis à jour le 16 septembre 2013)

Le principe d’un signal prix est d’inciter à un changement de comportement. En moyenne, l’écotaxe représentera une augmentation du prix du transport de l’ordre de 4,1 %. Les transporteurs vont répercuter ce coût vers leurs clients, les chargeurs, grâce à un système de répercussion très simple. Les chargeurs seront donc incités à préférer un mode de transport plus durable. Néanmoins ils peuvent à leur tour choisir d’intégrer une partie du coût de l’écotaxe dans le prix de vente de leurs produits. Il est donc possible que le prix final des produits transportés par la route augmente légèrement. Mais comme la part moyenne du transport dans les prix aux consommateurs des marchandises est d’environ 10 %, une majoration moyenne de 4,1 % sur 10 % ne sera que très peu perceptible.

À quoi vont servir les recettes de l’écotaxe ?

30 mai 2013 (mis à jour le 16 septembre 2013)

  • L’intégralité de la part revenant à l’État (750 millions d’euros pour les kilomètres parcourus sur les routes nationales) sera versée à l’agence qui finance les infrastructures de transport en France, l’AFITF. Ces sommes serviront à la construction d’infrastructures de transport, en particulier des infrastructures de modes de transport plus durables : voies ferroviaires et fluviales.
  • La part provenant de la circulation sur les routes départementales ou communales (150 millions d’euros) sera reversée aux collectivités concernées, puisque ce sont elles qui entretiennent chacune leur part du réseau routier.
  • 250 millions serviront à la gestion de l’écotaxe : pose et entretien des portiques, collecte, système informatique, équipements de contrôle, etc.

Fin de l’article,  écrit sans bonnet rouge . Le but était surtout de montrer des constructions qui font partie de nôtre patrimoine.

Fin de l’article

NB: Les commentaires se trouvent  tout en bas de page.

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-8-Les canonniers bourgeois-La rue des canonniers

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mise à jour du 04/10/2015

Les canonniers Bourgeois

  la rue des canonniers

Un précédent article vous a emmené sur la place verte de Valenciennes, vous avez regardé la colonne de la défense en haut de laquelle rayonne la sculpture de G. Grauk. Il s’agit d’un monument érigé à la mémoire des défenseurs héroïques de Valenciennes qui en 1793 firent face à 150 000 confédérés commandés par le duc d’York .Cette colonne n’est donc  pas érigée à la victoire car cette bataille dite de Valenciennes à été perdue. Par contre la statue représente la victoire couronnant le peuple Français (symbolisé par le drapeau)

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 Avez-vous regardé les  4 faces du piédestal de la colonne. Sur une face on y retrouve un hommage aux pompiers, et sur une autre l’hommage aux Canonniers Bourgeois.

Voir photo ci-dessous:

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Valenciennes à ses héroïques canonniers bourgeois

On retrouve un hommage similaire, en mauvais état, à l’entrée du cimetière Saint Roch de Valenciennes.

Canonniers_Cimetière St Roch Valenciennes

Mais que signifie cette appellation : Canonniers Bourgeois ?

Bourgeois désignait  les habitants d’un bourg .Vers 1600  leur compagnie  formait déjà une garde de 1800  bourgeois en armes pour la défense civique d’une ville qui comptait 21000 habitants.

En 1793, sous les ordres du général Ferrant ils soutinrent avec l’aide des soldats déserteurs de l’armée de Dumouriez (lequel était passé à l’ennemi) un bombardement de 43 jours et 43 nuits jusqu’à la reddition  de la place le  28 Juillet 1793.

 Le 19 Vendémiaire de l’an IV (11 Octobre 1795) la mention «  Valenciennes à bien méritée de la patrie » a fait l’objet d’un décret de la convention   en mémoire de ces héroïques défenseurs.

Après ce préambule rendez-vous Rue des Canonniers.

 

La rue des canonniers

La rue des canonniers était  enchâssée  au milieu de plusieurs casernes, Caserne Vincent, Caserne Ronzier, Caserne Espiès, Caserne Damiens…. mais elles ont été reconverties ou détruites, Valenciennes n’étant  plus une ville de garnison.

La rue est surtout connue actuellement  pour accueillir les bureaux d’une mutuelle de Santé  et l  ’Hôpital Général (ou encore appelé Hôpital du Hainaut) qui se trouve entre la rue de l’intendance et la rue des canonniers.

L’hôpital général a été construit par la volonté de Louis XV pour y soigner (enfermer)  les invalides, les mendiants, les orphelins, les enfants abandonnés et les femmes de mauvaise vie. La construction dure 20 ans financée par un impôt sur la bière cabaretière qui subsiste bien après l’achèvement de l’ensemble en 1774.( source : Le patrimoine des communes du Nord ,Flohic Editions).

Pour plus de détails sur l’ Hôpital  du Hainaut  cliquez ici  (Site du Comité de Sauvegarde du Patrimoine Valenciennois)

Le bâtiment ci-dessous qui ressemble à une architecture avant-gardiste  est en fait l’Hôpital du Hainaut en cours de rénovation.

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État des travaux à la mi-Avril 2015

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Ce quartier en reconversion accueillera prochainement l’Hôtel du Hainaut.

Voir ci-après la pleine page de l’Observateur du Valenciennois.

Hotel du Hainaut_Source Observateur du Valenciennois

Ci-dessous un dessin à l’encre de chine d’un habitant de cette rue qui a retracé de mémoire la rue des canonniers avant le bombardement allié du 1er Mai 1944 qui fit 23 morts dans la population civile.

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-Ce dessin qui fait plus d’ 1,20m de longueur est difficilement lisible sur votre écran de PC., il vous est toutefois possible de l’agrandir en plein écran  en faisant un clic droit avec votre souris sur la photo puis de l’ouvrir  en cliquant sur « ouvrir le lien dans une nouvelle fenêtre »

-Les proportions des bâtiments de ce dessin n’ont pas été entièrement respectées  et les reconstructions d’après guerre qui ont profondément modifié l’aspect de ce quartier  font qu’il est assez difficile d’y retrouver les bâtiments actuels.

 Le dessin fait mention  de deux maisons « spéciales » : Le « Moulin Rouge » et « Les glycines ». Vous avez sans doute compris la « fonction » de ces maisons entourées de casernes. Il en restait semble t’il deux il y a une soixantaine d’années.

M. Francis REMY dans son livre : Histoires du Pays Hainaut Valenciennois (éditions Nord-Avril)  écrit : 

« D’après le recensement de 1876, la seule rue des Canonniers, l’artère principale de la débauche compte 49 péripatéticiennes ».

Ci-dessous une illustration du livre « La prostitution contemporaine » de Léo Taxil ,1884

La prostitution contemporaine

Documentation : « La prostitution contemporaine » de Léo Taxil ,1884

Source: Cliquez ici

Vue actuelle (partielle) de la rue des canonniers.

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Ci dessous, vue extraite du livre « Valenciennes 48 Bilder mit begleitendem text » édité en 1918

Source: Cliquez ic

Staatsbibliothek zu Berlin

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Mais le quartier des canonniers a concentré également au fil du temps des congrégations religieuses, des fabriques, tanneries et brasseries qui firent la richesse de la ville. Valenciennes était un « portus » c’est à partir de ce port à l’endroit ou l’Escaut devenait navigable, situé  à proximité du quartier des canonniers, que les marchandises  transitaient vers le port d’Anvers.

Vous venez sans doute de passer devant une statue dont le personnage implore les cieux.

T3

Il s’agit d’une interprétation du martyr de Saint Étienne par Robert Barillot.

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S’étant mis à genoux, il cria « Seigneur, ne leur impute pas ce péché »

Acte des apôtres 7/59

 

Court résumé de cet épisode biblique (résumé de plusieurs sources Wikipédia)

Etienne faisait partie d’un groupe de 7 diacres hellénistes (juifs de langue grecque) chargés d’assister les apôtres. Ce groupe entra en conflit avec le Sanhédrin  et les prêtres du temple en rejetant ses sacrifices et son sacerdoce.

Etienne sera arrêté, jugé et condamné sommairement pour blasphème. Il sera trainé hors des murs du temple et lapidé.

Etienne sera considéré comme le premier martyr de la chrétienté et apparait comme étant à l’origine du culte des saints.

Une autre interprétation de cette lapidation se trouve au musée de Valenciennes. Il s’agit d’un tableau triptyque de Rubens.

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Qui était Robert Barillot ?.(1921-2001) Sculpteur et peintre.

Lire l’article de « La voix du Nord » en cliquant ici

Continuez votre découverte du quartier des canonniers pour cela empruntez le porche qui se trouve devant la statue de St Etienne puis sur votre droite la rue « derrière Espiès », vous débouchez sur une petite place,  mais vous ne trouverez pas son nom en levant le nez , pour la simple raison que les plaques ont été enlevées (peut-être  à la demande des riverains) :Son nom est « Place des belles poules ». Il faisait sans doute trop référence à l’ancienne réputation de ce quartier et non pas à des gallinacés !

Mais on peut retrouver cette plaque en explorant Google Street, voir ci-dessous une capture d’image avec la plaque à droite de l’image.

Place des belles poules (Google Street)

Dirigez vous vers le point A de la photo ci-dessus. En empruntant un autre porche de la rue Percepain vous découvrirez la cour du Lion d’Or, entièrement reconstruite  suivant un style qui fait penser aux béguinages. En arrière plan, en levant les yeux, apparaissent les toits de la caserne Vincent

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La rue Percepain du quartier des canonniers située entre les hauts murs de la caserne Vincent et les quartiers de la  caserne Espiès  est également une très ancienne rue de Valenciennes. En consultant le recensement de Valenciennes effectué en Novembre 1693 par le lieutenant général des armées du Roi et gouverneur de Valenciennes Bardo di Bardi Magalotti on  découvre que la rue portait le nom de rue « Pièce de Pain ». et que 48 familles totalisant 180 personnes y habitaient.

Fin janvier 2015 l’ Association Via Septemtriones Templi fixe sur le trottoir , à l’entrée de la rue Percepain, un clou de bronze.Voir ci dessous.

OLYMPUS DIGITAL CAMERACe clou représente une coquille Saint Jacques surmontée de la croix des templiers. Cette association a placé 25 coquilles identiques sur les trottoirs de Valenciennes comme indicateur pour les pèlerins et les randonneurs pour suivre le chemin de Compostelle qui part d’ Allemagne, traverse la Belgique puis la France pour rejoindre la Galice (Compostelle) en Espagne .

Lien vers le site de l’association: Cliquez ici

De la même façon l’ Association « St Jacques en Boulangrie »: (Cliquez ici) a balisé le chemin de Compostelle par des auto-collants. La photo ci dessous montre celui de la rue Percepain.

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à noter que pour ces dernières images il ne fallait pas regarder Valenciennes « le nez en l’ air » mais  où nous mènent nos pas.

Fin de l’article :

À bientôt pour d’autres découvertes.

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Pour les autres photos et illustrations: les sources sont citées.

 

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air mais regardez quand même où vous mettez les pieds.

-5-Valenciennes : La maison de la fable

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Valenciennes : La maison de la fable.

 

Connaissez vous la fable de Jean de La Fontaine : Le Renard et la Cigogne ?. Pour certains il s’agit d’un lointain souvenir scolaire. Mais si vous vous promenez rue de Lille et débouchez sur la place de la République, il vous suffira de lever les yeux et de regarder les  sculptures de la façade du N°3.

Voir la photo ci dessous.

-5-Valenciennes : La maison de la fable dans architecture p9191457

Remémorez-vous la première partie de la fable, la photo qui suit vous aidera.

Compère le Renard se mit un jour en frais
et retint à dîner commère la Cigogne
Le régal fût petit et sans beaucoup d’apprêts
Le galant pour toute besogne
Avait un brouet clair ; il vivait chichement
Ce brouet fut par lui servi sur une assiette
La Cigogne au long bec n’en put attraper miette
Et le drôle eut lapé le tout en un moment

p91914541 Fable dans art

Deuxième partie de la fable

Pour se venger de cette tromperie
A quelque temps de là, la Cigogne le prie
« Volontiers, lui dit-il ; car avec mes amis
Je ne fais point cérémonie
A l’heure dite, il courut au logis
De la Cigogne son hôtesse
Loua très fort la politesse
Trouva le dîner cuit à point
Bon appétit surtout ; Renards n’en manquent point
Il se réjouissait à l’odeur de la viande
Mise en menus morceaux, et qu’il croyait friande
On servit, pour l’embarrasser
En un vase à long col et d’étroite embouchure
Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer
Mais le museau du sire était d’autre mesure
Il lui fallut à jeun retourner au logis
Honteux comme un Renard qu’une Poule aurait pris
Serrant la queue, et portant bas l’oreille.

p9191455 dans sculpture

Trompeurs, c’est pour vous que j’écris : Attendez-vous à la pareille.

(Jean de La Fontaine).

Surprenant ce que l’on découvre en observant les façades des maisons !. Je n’ai pas trouvé le nom de l’architecte ni le message qu’il a voulu nous laisser.(à part celui de La Fontaine). Si vous avez ces renseignements n’hésitez pas à remplir la rubrique « laisser un commentaire » ci dessous.

Fin de l’article :

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air mais regardez quand même où vous mettez les pieds.

(Cette maison est en vente, espérons que le nouvel acquéreur pensera à faire nettoyer les cariatides, atlantes, sculptures  de la façade !)

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-4-Valenciennes: La rue Askièvre

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Valenciennes : la rue Askièvre

 L’office du tourisme de Valenciennes se trouve au 1 rue Askièvre. C’est une maison improprement nommée Maison Espagnole, mais qui est en fait une maison Scaldienne bâtie à l’époque de l’occupation Espagnole sous Charles Quint.

Scaldien est un adjectif provenant de ESCAUT. Ce sont des maisons à bardage de bois avec couverture en tuiles ou ardoises pour remplacer le chaume, (incendies très fréquents à cette époque).

La façade est en surplomb pour chercher la lumière et gagner de la place sur l’espace public. Elle est surmontée d’un auvent qui la protège des eaux de ruissellement.

Ces maisons comprennent généralement deux étages pour augmenter la surface habitable. Il reste 7 de ces maisons entre Cambrai et Anvers dont 3 à Valenciennes.

-4-Valenciennes: La rue Askièvre dans architecture valenciennes-maison-scaldienne

La maison « Espagnole » se trouvait  auparavant 53 rue de Mons, son transfert s’est effectué en 1964.

Ci dessous son ancienne implantation.

carte-postale-la-maison-espagnole-avant-transfert-doc-valentianoe dans art

La rue Askièvre  (As Kièvres signifiant aux chèvres) relie la rue des Wantiers à la rue Delsaux

Remarque : rue des Wantiers  vient de la déformation  de  rue des Gantiers. En Belgique et dans le Nord-Pas de Calais on donnait le nom de Wantiers,  provenant du Néerlandais Wante signifiant gant, aux ouvriers gantiers de Valenciennes. (Source Généanet)

Revenons à la rue Askièvre, empruntez cette rue jusqu’aux N° 13 et N° 15.(voir photo ci dessous).

13_14-rue-askievre-valenciennes dans sculpture

Levez les yeux sur la petite plaque située à l’étage, entre les fenêtres.

plaque-v.-pavot1 dans Tourisme

Vendémiaire Pavot ( 1883-1929) est certes peu connu mais une de ses œuvres se trouve dans le parc de la Rhonelle .Il s’agit de « La faunesse » .

la-faunesse-de-v.-pavot1 dans Valenciennes

La Faunesse de Vendémiaire Pavot , Valenciennes , Jardin de la Rhonelle

On connait également une autre de ses œuvres : un médaillon à la mémoire d’Edmond Membré, musicien Valenciennois, apposé sur la façade de la Maison du Prévôt.

Ci dessous la maison du prévôt

la-maison-du-prevot-_valenciennes

Construite en 1485, cette demeure, aujourd’hui classée monument historique, servait de résidence au moine délégué par l’abbé d’Hasnon. Il portait le titre de prévôt et était chargé de gérer les biens de l’église Notre –Dame la grande qui se trouvait juste en face. (Détruite à la révolution)

Construction  médiévale d’influence Bourguignonne elle serait d’après certaines sources du net la plus ancienne maison de Valenciennes. Mais un correctif envoyé le 3 janvier 2014  par M.Morel ,propriétaire du 10 place verte  (voir la rubrique commentaires après la fin de cet article) précise que sa maison  qui faisait partie  de l’Hôtel des Carondelet est de construction antérieure à la maison du Prévôt.

Regardez près de fenêtre de droite, au premier étage, on y trouve le médaillon de Vendémiaire Pavot en hommage à Edmond Membrée. Pourquoi ce médaillon sur cette  maison ?..Tout simplement parce qu’il y a vécu avec ses parents.

medaillon-e.membre-par-v.-pavot

Vendémiaire Pavot a également réalisé la frise en béton moulé qui décore la façade de l’hôtel de ville d’Albert dans la Somme. Mais là on s’éloigne un peu trop du Valenciennois pour en parler dans cet article.

-§-

Ci dessous une vue de la  rue Askièvre extraite du livre « Valenciennes 48 Bilder mit beglertendem text  » édité en 1918. Photo sans doute prise avant la guerre 14/18

Source: cliquez ici

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Fin de l’article

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Pour les autres photos et illustrations: les sources sont citées.

 

Fin de l’article

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air mais regardez quand même où vous mettez les pieds.

-3-Armbruster

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ARMBRUSTER

 1°) Ce n’est pas le titre d’un nouveau jeu vidéo, c’est le nom d’un architecte Valenciennois  dont l’exubérance, l’originalité, le sens caché de certaines œuvres surprennent le promeneur qui a la curiosité de lever le nez vers celles-ci.

2°) Qui était Henri Armbruster ?

Résumé rapide  : Henri Aurélien Armbruster (1868-1959) est né à Valenciennes. Il  fit la restauration et l’agrandissement du château d’Eth près de Valenciennes, Il commença les plans et construisit  l’Asile des vieillards des petites sœurs des pauvres de Valenciennes, l’hôpital des mines de Vicoigne , ainsi que de nombreux monuments municipaux, villas ,hôtels particuliers…dans le Nord, l’Aisne , l’Oise, Pas de Calais ainsi qu’en Belgique. Source: cliquez ici

3°) Commençons notre promenade le nez en l’air.

Rendons nous sur la place du Canada de Valenciennes, ou plutôt sur l’avenue du Général Horne qui y débouche,  Faites quelques pas  après le garage Midas et arrêtez-vous au 21. Regardez cette maison construite par Henri Armbruster. Au milieu de la façade un chien semble jaillir du mur tel un passe-muraille.

-3-Armbruster dans architecture 21-avenue-du-general-horne_-valenciennes

Un gros plan de ce chien fait apparaître d’autres détails :

chien-et-symboles-maconiques cariatide dans art

Qu’est en train de défendre ce chien sur sa console toutes griffes et crocs dehors ?. La maison ou des symboles maçonniques ?.

S’agissait-il d’une demande du commanditaire de cette maison ? ou alors de la signature de l’appartenance d’Armbruster à une loge ?. Cette supposition  est parfois  citée dans sa biographie.

La statue du chien serait d’ Elie Raset. (à confirmer)

Rendons nous sur la place Pierre Delcourt de Condé sur Escaut, devant le 25 exactement, c’est une autre réalisation de H. Armbruster.

25-place-delcourt_conde

Belle demeure bourgeoise qui allie un mélange d’éléments ornementaux du 17 ° siècle  avec un bow-window  typiquement  début 20° siècle. On s’attend à voir des chérubins, des angelots…..en façade  mais c’est Satan (créature mi-homme mi-bouc) qui est le défenseur du lieu.

satan-a-conde

S’agirait-il d’une représentation de l’égo et de l’individualisme de l’architecte ( ou de son commanditaire) dont le but premier de la philosophie  est de croire en lui-même et de le montrer ostensiblement ? .

Voir wikipedia  : http://fr.wikipedia.org/wiki/Satan

Revenons à Valenciennes, dans ses vieux quartiers, dans la rue du grand Fossart  (Fossarts  désignant, en Rouchi, les fossés qui parcouraient Valenciennes ) et plus précisément devant le N° 12. On doit la façade de cet immeuble à Armbruster. Voir ci dessous.

rue-du-grand-fossart

Cette fois c’est un lion, roi des animaux qui en contrôle l’accès.

le-lion-de-armbruster

Mais tous les commanditaires d’Henri Armbruster n’avaient pas cette vision  de la décoration des façades de leurs immeubles. On en trouve de plus gaies, mais qui passent également inaperçues  bien quelles soient beaucoup plus faciles à découvrir .

Devinez par exemple  sur quelle façade d’immeuble  Valenciennois on peut trouver ces jeux d’enfants……

jeux-denfants-_armbruster

Ou encore sur le même immeuble des Cariatides et des Atlantes souriants et bienveillants.

cariatide-et-atlante-valenciennes

Un détail sur la ½ vue de droite vous a mis sur la voie, en effet il s’agit du Mac Do de la place d’Armes.

valenciennes-mac-do-place-darmes

Prenez un peu de temps et vous découvrirez d’autres détails architecturaux, comme ces têtes d’enfants qui rient qui pleurent qui boudent…….et bien d’autres personnages mais dont l’interprétation  m’est inconnue.

tetes-enfants

Si la nuque ne vous fait pas trop mal à force de regarder en l’air, dirigez vous vers la place de l’Esplanade, et vous découvrirez une autre construction de Henri Armbruster il s’agit du bâtiment que les Valenciennois continuent d’appeler « Caserne des pompiers » mais qui est devenu une discothèque. L’édifice construit par Armbruster était à l’origine un Carrousel pour l’entraînement des chevaux.

valenciennes-le-black-diamant

Sur le fronton  on retrouve les armoiries de Valenciennes. Elles  ont évolué au cours de son histoire.

Réalisons un gros plan.

valenciennes-ancienne-caserne-des-pompiers

Quelques commentaires : On remarque d’abord la disparition de la couronne dorée que l’on trouve toujours au dessus du blason de la ville (le lion). Ensuite la croix de la légion d’honneur attribuée à la ville en souvenir du siège mémorable de 1793 , (Valenciennes avait bien mérité de la Patrie)  n’apparait plus . En fait elle est cachée par l’enseigne du Black Diamant. Mais un coup de vent survenu quelques mois après la rédaction de cet article a fait disparaitre le gros diamant de l’enseigne et la légion d’ honneur est de nouveau visible.

Pour mémoire : les cygnes seraient une allusion à un ancien nom de la ville « Val aux cygnes » mais cette origine est assez controversée. L’étymologie viendrait plutôt du latin  Valentiana ou encore Valentianoe comme l’écrivait Eginhard en relatant l’assemblée générale qui y fut tenue par Charlemagne en 771

L’ architecte du monument aux morts de Valenciennes est également Henri Armbruster. Vous trouverez ce monument  près de la tour de la dodenne.

valenciennes-monument-aux-morts-_h.armbruster

Une dernière photo, mais cette fois il a fallu baisser la tête, il s’agit de l’ étoile de la légion d’honneur qui se trouve implantée au milieu de l’hémicycle.

legion-d-honneur-_monument-aux-morts-de-valenciennes

Fin de l’article, il ne s’agissait pas de faire un inventaire des réalisations d’Henri Armbruster mais de montrer différentes facettes de son talent.

LICENCE  CC-BY-NC-SA  Licence Creative Commons
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Fin de l’article :

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air mais regardez quand même où vous mettez les pieds.

 

A bientôt pour d’autres découvertes.

 

-2-Saint Amand les Eaux

Commentaires » 7

Mise à jour du 06/01/2016: Ajout d’une enluminure  extraite de  « la première vie de Saint Amand » (Bibliothèque de Valenciennes). Mise à jour du 12/10/2014: ajout de la photo de St Amand chassant le serpent dragon / Tableau de l’église St Martin à St Amand les eaux.

Saint Amand les Eaux

Présentation : Saint Amand les Eaux, ville thermale depuis l’époque Romaine est connue également pour son ancienne abbaye dont il ne subsiste que la tour abbatiale. Un vaste programme de ravalement et de rénovation qui a duré plusieurs années pendant lesquelles la tour était emmaillotée de bâches de protection vient de se terminer.

Saint Amand les Eaux se trouve à une quinzaine de km de Valenciennes à proximité de l’autoroute Valenciennes-Lille.

1°) La tour abbatiale

Ci dessous la vue que les badauds mémorisent :

-2-Saint Amand les Eaux  dans architecture st-amand-la-tour-abbatiale1Levez le nez et vous ferez des découvertes

1°) regardez au dessus du portail d’entrée, (porte gris-bleu de la photo ci-dessus) vous trouverez une décoration en trompe-l’œil, plusieurs plans de constructions concourent à un effet de perspective cavalière. Le sol est même incliné pour amplifier cet effet. La taille des colonnes et des arcades va en s’amenuisant de l’avant vers l’arrière-plan.(le tout ne fait pas plus de deux mètres de profondeur)

Voir gros plan ci dessous

tour-abbatiale-st-amand-les-eaux1 abbaye dans art

Regardez maintenant (il faut des jumelles) le haut du décor et vous aurez une impression de déjà vu.

Un gros plan va vous aider :Il s’agit de la représentation de la cène. L’ensemble ressemble beaucoup à l’œuvre de Léonard de Vinci.

 Les effets de perspective sont à l’image du Maître en la matière.

A noter que les apôtres, bien que fortement dégradés portent encore des traces de peinture. Un filet de protection interdit désormais la nidification des pigeons.

tour-abbatiale-st-amand_la-cene dans Histoire

2° faites le tour par la droite , attention un personnage semble plongé dans la lecture mais il vous observe par-dessus son livre.(à moins qu’il ne soit endormi).

p8181237 dans Légende

3° continuons le jeu de piste, rendez vous à l’arrière de la tour (ancienne cour de l’abbaye), levez les yeux à mi hauteur, un peu en dessous de l’horloge, le décor montre des serpents bien belliqueux dans les contreforts de la tour.

Que viennent faire des serpents dans les superstructures d’une abbaye ?.

serpent_dragon_-st-amand-les-eaux dans Saint Amand les Eaux

Amand dit « Amand de Maastricht » pour y avoir été évêque est né en Aquitaine en 584, simple moine il combat en l’Ile d’Yeu un  monstre mi dragon-mi serpent en le forçant à rentrer sous terre à force de prières et de bénédictions.

Ci-dessous

Enluminure datant de 1160-1170 : Saint Amand mettant en fuite  un serpent de l’Île d’ Yeu.

 Source Bibliothèque de Valenciennes: Patrimoine numérique: http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MS_0500/F_054_V_VUE_SUP/v0001.simple.highlight=ile%20d’%20yeu.selectedTab=thumbnail.hidesidebar

:-) Vous pouvez zoomer cette enluminure avec la molette de votre souris. Puis en maintenant le clic gauche vous pouvez vous « déplacer » dans l’image.

Ce qui expliquerait la présence des serpents sur les contreforts de la tour lors de sa reconstruction en 1633 par l’abbé Dubois.

Ci dessous une fresque murale  photographiée dans le cœur de l’église St Martin de la ville de St Amand.(mise à jour du 12/10/2014)

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Ci dessous St Amand mettant en fuite un serpent sur l’ ile d’ Yeu. Fait partie de: Vie de Saint-Amand , scriptorium de l’ abbaye de Saint-Amand. Vers 1075.

Source: Bibliothèque de Valenciennes: Patrimoine Numérique  Lien cliquez ici

:-) Vous pouvez zoomer cette enluminure avec la molette de votre souris. Puis en maintenant le clic gauche vous pouvez vous « déplacer » dans l’image.

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L’ office du tourisme de Saint-Amand-les-Eaux contribue à la survivance de cette légende en apposant la plaque ci dessous, décorée d’un serpent-dragon, au dessus de son entrée de la rue des anges.

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 Revenons à Amand, envoyé par Saint Pierre en personne  évangéliser l’ancienne Gaule Belgique qui continuait à adorer les dieux païens de la conquête romaine.

Amand vers 633  installe une première abbaye à la confluence de deux rivières l’Elnon et la Scarpe  n’hésitant pas par ailleurs  à manier la hache et la cognée pour en défricher les environs.  Cette  première construction s’appelait monastère d’Elnon avant qu’on la dénomme plus tard Abbaye de Saint Amand. Le village puis la ville emprunteront ce nom.

Ci dessous une interprétation  sur bois d’une gouache des albums de Croÿ  par M. Daniel Lefevere  peintre Roubaisien. Celui-ci expose du 13 Août au 20 octobre 2013 au musée de la tour abbatiale  80 de ses œuvres.

La gouache représente l’ancienne abbaye (vers 1602) On y distingue des tours bâties à différentes époques ou encore en ruine suite à de nombreux pillages, incendies et invasions Normandes.

Lien 

http://www.miniatures-de-croy.fr/

Image ci dessous : l’abbaye de St Amand  représentée  endommagée  (ce n’est pas une copie de l’album  de Croÿ mais bien une gouache acrylique de M Lefevere). Seuls les connaisseurs y verront de légères différences.

abbaye-de-st-amand-par-d.-lefevere dans sculpture

Rendez vous dans l’ancienne cour de l’abbaye, des panneaux muraux expliquent les travaux de restauration entrepris ainsi que  les détails de l’architecture présentés dans cet article.

4° Exégèses.

Mme Anne-Marie Dervaux dans son livre consacré à Saint Amand dans la collection « Mémoire en Images » fait la remarque que  la tour avec ses 5 étages aux ordres différents (Toscan, Dorique, Ionique, Corinthien et composite) fait penser à une Stüpa  hindoue. Il vous suffit de rechercher sur internet des vues du temple d’Angkor-Vat au Cambodge pour vous en convaincre.

Le petit montage photographique ci après accentue un autre point de ressemblance.

serpent-dragon dans Tourisme

M.Bernard Coussée dans son livre « Légendes et croyances en Hainaut-Cambrésis » rappelle que dans les descriptions des romans de chevalerie  en Hainaut-Cambrésis :« le dragon est le plus grand de tous les serpents……Il habite en Inde ou en Ethiopie où il existe un été perpétuel… ».

M. Coussée y voit une correspondance avec le monde animal, ce sont les  crocodiles du Nil chassés par les croisés….Le dragon est le symbole du mal et des forces obscures de la nature pour le chrétien. Le dragon dans la civilisation indo-européenne ne peut être vaincu  qu’à l’issue d’un combat merveilleux d’un « seigneur » ou d’un Saint.

L’abbé Dubois, pour montrer la victoire d’un Saint (Amand) sur un être fantastique  a donc saisi l’opportunité d’inclure des serpents-dragons comme contreforts de la tour de St Amand lors de sa reconstruction.

De quoi en perdre la tête ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERASaint Denis:Cliquez ici

Vous êtes à St Amand les Eaux , continuez votre visite jusqu’à la frontière Belge qui se trouve à quelques km et n’hésitez pas à vous rendre à Tournai.  Empruntez les rues piétonnes près de la cathédrale , et levez le nez vers le point doré qui se trouve en haut du beffroi.

tournai-le-beffroiVous ne voyez rien sans jumelles alors le gros plan ci dessous va vous aider.

tournai-b-le-dragonEt oui, on retrouve là encore un dragon , est-il empalé pour montrer que la ville sait se défendre contre les forces du mal ?

En tout cas son rôle actuel de paratonnerre  doit lui attirer toutes les foudres célestes !

Vous avez oublié vos jumelles , ce n’est pas grave, une réplique du dragon se trouve à portée de main au pied du beffroi.

tournai-b-replique-du-dragon

Autre légende de Dragon: Le bouzouc de Berlaimont (Avesnois): Cliquez ici (site de Hainautpédia)

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Fin de l’aparté sur les dragons, revenez rue d’ Orchies à St Amand les Eaux

 

2°) Curiosité dans la rue d’Orchies

Laissez votre véhicule sur la place et dirigez vous vers la rue d’Orchies, qui est en sens interdit, empruntez le trottoir de gauche pendant une trentaine de mètres arrêtez vous en face du N° 10, voir photo ci dessous.

10-rue-dorchies-st-amand-les-eaux

Photo sans doute banale mais levez les yeux et regardez la sculpture sous la fenêtre du haut.

Ci dessous un gros plan pour mieux en saisir les détails.

soyons-d-accord

Que représente cette sculpture assez dégradée ? : (1736)

il s’agit d’abord de deux singes en train de scier un porc en deux dans le sens de la longueur. Et que signifie la phrase « Soyons d’accord » ?

En temps que nordiste on lit la phrase de deux façons différentes.

-« Soyons » est conjugué à l’impératif présent du verbe être, et la phrase est un appel à la concorde en toute action

-« Soyons » est prononcé So-yons  comme on le dit en patois pour signifier le verbe scier. Cette deuxième explication est également un appel à la concorde.

Bernard Coussée dans son livre « Légendes et croyances en Hainaut-Cambrésis (Editions CEM) propose une troisième interprétation et suggère une explication aux sujet de la présence de singes sur le bas relief.

Le XVIII ° siècle est le siècle des lumières, la compréhension des phénomènes physiques et chimiques en est à ses débuts, l’alchimie et le «grand œuvre », pseudoscience, captive beaucoup d’intellectuels de cette époque.

A St Amand Le Dr Gosse , commanditaire de cette sculpture affichait t’il ainsi ses convictions jusque devant chez lui ?.

Mais alors pourquoi des singes qui coupent un cochon en deux ?

Ce serait une allégorie alchimique : Le cochon coupé en deux symboliserait le métal impur que l’on dissout. « Les singes seraient le symbole des alchimistes  qui réalisent avec leurs faibles moyens ce que Dieu a fait en grand » .Fin de citation.

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Fin de l’article :

 

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air mais regardez quand même où vous mettez les pieds.