Le Valenciennois au zoom

» Catégorie : Histoire


-15-La rue la plus longue de Valenciennes

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La rue la plus longue de Valenciennes.

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1°)Préambule

Il s’agit de la rue de Paris. Son point de départ se trouvait être la porte  dite de Paris. C’est cette porte  que l’on empruntait il y a plus d’un siècle pour prendre la direction de la capitale. Elle fût détruite lors du démantèlement des remparts. Ce dernier commencé le 1er février 1891 dura deux ans. La porte  était auparavant  dénommée  porte Notre-Dame et avant cela Porte Pissote.

Pour simplifier on peut dire qu’elle se trouvait au niveau du rond-point actuel entre le boulevard Saly et le boulevard Beauneveu. c’est-à-dire non loin de l’ Escaut. C’est par cette porte Pissote  proche de l’Escaut que les Vikings en 880 pensaient prendre la ville. Ci-dessous une enluminure de Hubert Cailleau illustrant cette attaque.

Les Normands Source : Bibliothèque de Douai. Illustration de la base Enluminures ( Cliquez ICI).réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai. Reproduction interdite sans son autorisation.

L’église Notre-Dame-la-Grande est représentée en deuxième plan et en arrière plan on aperçoit le Château de Valenciennes. (NB : C’est une  Illustration du 16ème siècle représentant un événement du 9ème siècle. Notre-Dame-la-grande telle qu’elle est représentée n’était pas encore construite ).

Les Normands comme on les nommait à l’ époque arrivèrent par le faubourg de Paris dans le but de piller la ville mais ils  rencontrèrent une résistance si forte qu’ils y renoncèrent, de dépit ils incendièrent les faubourgs. Hubert Cailleau, enlumineur du moyen-age, représente ces farouches guerriers  à l’entrée de la porte «Pissotte» et pour insister sur leur agressivité les représente avec l’ étendard portant la devise «Flagellum Dei» (Traduction: Le Fléau de Dieu).

Ci-dessous une photo exceptionnelle (1890) prise de l’intérieur de la ville et donnant sur le faubourg de Paris.. En arrière plan l’ église du faubourg de Paris. Patientez, la photo apparaitra dans quelques secondes.

Source Bibliothèque de Valenciennes. http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_P_APOUS3/079

  :-) Vous pouvez zoomer la photo ci-dessus avec la molette de votre souris, puis la recentrer avec le clic gauche.

La rue de Paris partait donc de cette porte et serpentait dans la ville jusqu’à la place d’ Armes.  (tracé quasiment inchangé depuis des siècles).   Ci-dessous une carte sur laquelle la rue est tracée. Des «épingles» indiquent quelques éléments remarquables que vous découvrirez.

Voir en plein écran

:-) Avec la souris ( clic gauche) vous pouvez déplacer la carte, avec les onglets + ou – vous pouvez zoomer. En cliquant sur une épingle la légende apparaît.

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2°)Promenade  «le nez en l’air» .

Empruntez  d’abord  la « rue des déportés du train de Loos. ». Voir photo ci-dessous

Entrée de la rue des déportés du train de Loos-Rue de Paris

Pourquoi pas la rue de Paris ?. En fait ce premier tronçon de la rue de Paris a été débaptisé en hommage aux 871 déportés en Allemagne le 1er Septembre 1944. Pour en savoir plus cliquez ici .

Mais auparavant cette même rue se nommait rue Pissote du nom de la porte qui se trouvait au niveau du Grand-Bruille (une des 14 rivières ou voies d’eau Valenciennoises). Cette porte a été déplacée par Bauduin l’ Edifieur pour devenir la porte Notre Dame puis porte de Paris.

Une cinquantaine de mètres plus loin vous avez à votre droite la rue Simon Leboucq  si vous ne connaissez pas cet historien, échevin, prévôt, de Valenciennes  Cliquez ici. Ci dessous son buste (marbre de Martin Badar 1613-1684) exposé au musée de Valenciennes. Il  se trouvait avant la révolution dans l’église N.D. la Grande.

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Continuez tout droit quelques dizaines de mètres  et vous découvrirez à votre droite la maison du Prévôt située  rue Notre Dame . Du nom de l’église Notre-Dame-la-Grande édifiée au XIIème siècle souvent considérée comme la  « Merveille des Pays Bas ».

Nota : La maison du prévôt , deuxième maison la plus ancienne de Valenciennes après celle de l’Hôtel des Carondelets (place verte) a été occupée par Simon Leboucq alors prévôt désigné par les moines de l’ abbaye d’ Hasnon pour gérer les biens de cette communauté. Quand vous serez en face vous reconnaitrez cette maison sans problème.

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À droite de la photo : la rue des déportés du train de Loos, que vous venez d’emprunter.

Notre Dame-la Grande, édifiée fin XIIème, œuvre du premier art gothique du Nord de la France  se trouvait en face de la maison du prévôt. (Le Saint Cordon y aurait été conservé depuis l’an 1008 dans une première chapelle avant la construction de l’église).

Selon la croyance, en 1008, la vierge ou un ange avait déroulé autour de la ville un cordon l’isolant ainsi d’une épidémie de peste et la sauvant de la mort. Ci-dessous un dessin à la plume de Simon Leboucq.

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Source : Bibliothèque de valenciennes : http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MS_0673/P_009

:-) Vous pouvez zoomer le dessin ci-dessus avec la molette de votre souris. Vous découvrirez les arcs-boutants, éléments essentiels  d’une construction Gothique (désignés par les repères 3). Peut-être les premiers jamais construits !. Simon Leboucq note dans la marge que 2 arcs-boutants (repères  4) ont été abattus par le vent en 1606. Petit détail : Simon Leboucq avait sans doute «le nez en l’air» quand il a remarqué un nid de cigogne en haut de la tour de gauche encadrant le portail d’entrée.  Était-ce un soucis du détail et de la précision chers à Simon Leboucq ? ou la révélation de son esprit badin ?.

Autre dessin en cliquant ici : Source Google books, Les lithographies sont d’Henri Macaire.

 Qu’en reste t’il après la révolution ? Rien ou si peu. Cependant vous retrouverez  un de ses murs intégré au bâtiment de la sous-préfecture de Valenciennes au bout de la rue Notre Dame. Voir photo ci dessous.

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Et si vous vous rendez à Raismes près de Valenciennes vous découvrirez les orgues de Notre-Dame-La-Grande dans l’église St Nicolas, Voir photo ci-dessous.

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C’est le maire de Raismes qui en  fit l’acquisition en 1864 pour remplacer celles offertes par le marquis de Cernay lors de la construction de l’église Saint Nicolas en 1751/1752.

Ci dessous un montage photographique montrant sur une vue actuelle l’ancien emplacement de notre Dame la Grande.

Emplacement Notre Dame la grande.Source photo: Géoportail  de l’ I.G.N.

http://www.geoportail.gouv.fr/accueil

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-Traversez  la place du 8 Mai, attention de ne pas heurter une des quelques constructions métalliques que l’on trouve à Valenciennes.(Œuvres d’ Art confectionnées avec les rails, fer I, fer U, tubes et autres matériaux d’une métallurgie moribonde).

Œuvre d’Alain Valtat intitulée «Juste Construction».

Juste Construction-Alain Valtat-Place du 8 Mai 1945-Valenciennes

-Dirigez vous vers la place du neuf-bourg. Mais auparavant arrêtez-vous devant le N° 106 de la rue de Paris.

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En levant les yeux vous découvrirez un bas relief au dessus de la porte.

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Que représente-t-il ?  L’origine en est inconnue mais,

-Pour les uns il s’agit d’une représentation de Valenciennes et de ses remparts.

-Pour d’autres il s’agit d’une représentation de la Jérusalem Céleste.

Source Wikipedia : la Jérusalem céleste est un concept traditionnel juif et chrétien, associé à la fois au jardin d’Éden, à la terre promise et à la reconstruction du Temple après la fin de la captivité des juifs à Babylone ; selon les traditions elle peut être une ville littérale, un lieu spirituel, ou représenter l’aboutissement de l’Histoire et le retour à la perfection initiale. La Jérusalem céleste est représentée dans certaines basiliques par le centre d’un labyrinthe que les pénitents devaient parcourir à genoux. Cette épreuve représentait symboliquement un voyage en terre sainte. Le labyrinthe ne comprend aucun cul-de-sac, ni embranchement,  seule la persévérance permet d’arriver au centre.

Ci-dessous le labyrinthe de la basilique de Saint Quentin. (Aisne)

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-Une dernière version plus récente suggère  que ce bas-relief serait en fait l’enseigne d’un estaminet portant le nom de «à la ville de Douai». Reste cependant un petit mystère, regardez le coin gauche du bas-relief on aperçoit les symboles pontificaux sur le clocher d’une église. (Clefs de St Pierre et la tiare).

Encore quelques dizaines de mètres et vous arrivez place du Neuf-bourg.

Valenciennes place du Neuf Bourg

La statue en premier plan , «la vénus moderne» est l’œuvre d’Henri Derycke.

Retour dans le passé avec la  photo ci-dessous  prise avant la guerre 14/18.

Source : Zentrales Verzeichnis Digitalisierter Drucke: http://digital.staatsbibliothek-berlin.de/werkansicht/?PPN=PPN729273229&PHYSID=PHYS_0041&USE=800 ngcs.staatsbibliothek-berlin.de Cette place du Neuf-Bourg, qui abritait autrefois le commerce de la laine à tisser les draps, fut appelée place du marché au filet jusqu’au 18ème siècle. Et on désignait sous le nom de Neuf Bourg le nouveau quartier qui s’élevait plus au nord du centre ville  originel de Valenciennes, lui même appelé Grand Bourg. Le Neuf-Bourg conserva longtemps son indépendance et ne fut annexé au Grand Bourg qu’en 1338.

« L’intérêt architectural et patrimonial de nombreuses maisons de la place datant du 18éme siècle leur a valu de bénéficier d’une campagne de restauration des façades qui a permis au quartier de retrouver une partie de son charme d’antan. ».

Rendez-vous devant le n°28 de cette place (dernière maison au fond de la place)

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Cette maison ne semble présenter aucun point particulier, mais si vous regarder le mur entre la troisième et la quatrième fenêtre de l’étage  vous découvrirez un boulet de canon tiré par les  confédérés lors du terrible siège de 1793..(c’est une info du CSPV)

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Revenons près de la statue d’ Henri Derycke, un panneau explicatif situé près de celle ci précise que l’église Saint Vaast (intra muros, pour la distinguer de l’église Saint Vaast-là-haut) était bâtie à cet endroit.

Quelques lignes sur l’église Saint Vaast, mais d’abord ci dessous l’ église dessinée par Simon Leboucq

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Source : Bibliothèque de valenciennes. http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MS_0673/P_127  

;-) Vous pouvez zoomer cette image avec la molette de votre souris.

Notez le commentaire de Simon Leboucq à droite de l’image. « Ici fût pris l’esturgeon en l’an 1617.». Une Croix indique même l’endroit près du pont. L’Escaut était sans doute moins pollué à l’époque !. C’est son ancien cours qui est représenté (ne pas confondre avec l’ Escaut canalisé actuel).

Simon Leboucq raconte même cette anecdote dans son « Histoire ecclésiastique de la ville et comté de Valenciennes ». « L’esturgeon d‘une grandeur exceptionnelle fut aperçu dans l’Escaut le 3 Mai 1617. Le dimanche 7 Mai, vers midi des bourgeois se jettent dessus et le tue à coups de couteaux. Le magistrat organise de suite une visite payante. La moitié des profits fût remise aux pauvres de la ville et l’autre moitié à ceux l’ayant capturé. » Fin du résumé de l’anecdote.

Tournez le dos à la place et reprenez votre promenade dans la rue de Paris .

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Un gros plan sur le pignon du café situé en premier plan vous rappellera que cette place débordait d’activités à une époque pas si lointaine.

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Continuez jusqu’au 94 de la rue. C’est une maison Scaldienne (dite maison espagnole). Celle-ci, en cours de restauration deviendra le siège du Comité de Sauvegarde du Patrimoine Valenciennois (C.S.P.V.).

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Depuis Août 2015 les travaux ont repris, cette fois ils concernent le grenier, les deux étages, le rez-de-chaussée et la cave. Ci-dessous une  photo du rez-de-chaussée en cours de restauration.

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D’autres vues dans le reportage photo de M. Cybertowicz  président du CSPV en cliquant ici .

Reprenez votre promenade et vous apercevrez bientôt le bâtiment ci-dessous, dont le fronton rappellera à certains la «réclame» : B.B.B.B .

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Qui signifiait «Buvez la Bonne Bierre Bouchart». (avec modération dirait-on aujourd’hui)

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Cliquez ici  vous vous connecterez sur un site très intéressant qui répertorie des brasseries du Valenciennois.

Changez de trottoir, un porche clos par un portail en fer forgé au N° 78 permet d’entrevoir la cour et les bâtiments de la maison de retraite N.D. de la Treille.

Notre-Dame de la Treille

La maison de retraite Notre-Dame de la Treille est un EHPAD privé à but non lucratif. Cette structure accueille actuellement 38 personnes et devrait prochainement (2016 ?) déménager de cet immeuble et  s’installer dans le nouvel EHPAD en construction au faubourg de Paris  entre  l’Escaut   et la rue du clos des Villas. L’hébergement devrait passer de 38 à 78 personnes.

On trouve dans « le miroir des ordres et instituts religieux de France » de l’ abbé Maillaguet (1865) que l’institution des Sœurs de Notre-Dame de la Treille fondée en 1845 possédait une maison de sœurs gardes-malades à Valenciennes. (page 271).Google Books. S’agit-il de cette maison ? Ci dessous quelques vues des bâtiments  et de la chapelle.

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La cour

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La Chapelle

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Reportage « La voix du Nord » en cliquant ici

Nous sommes en 2017 (lors de cette mise à jour), les délais ont été tenus, les anciens logent maintenant dans leur nouvel établissement situé près de l’ENTE sur une berge de l’Escaut Rue de l’abreuvoir.

Copie de Escaut devant etablissement la treille

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Sur le trottoir d’en face de l’ancien établissement, on trouve un des derniers bouquinistes de Valenciennes. Il est parfois possible d’y dénicher une réédition  de «Histoire Ecclésiastique de la ville et du comté de Valentienne » de Simon Leboucq.

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Continuez votre promenade, vous arrivez sur la place St Nicolas de son ancien nom « place de l’ Isle ».. Face à vous l’église St Nicolas devenue auditorium. Cliquez ici pour en savoir plus.

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Au centre de la place vous découvrez  « la femme au pigeon » de Lucien Brasseur  et en arrière-plan, au fond d’une impasse l’église réformée de Valenciennes, (fédération protestante de France.).

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À partir de cette place la rue de Paris vire à angle droit (vers votre droite), prenez quand même le temps  de regarder l’ancien collège des Jésuites devenu la Bibliothèque de Valenciennes.(Rue Ferrand)

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Quelques pas vous emmènent bientôt face au square Watteau .

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Devant l’église St Géry, qui s’est vue privée d’un clocher puis à laquelle un beffroi a été apposé en guise de clocher se substituant ainsi  au beffroi de la grand’place  qui s’était écroulé en 1843 vous pouvez découvrir:

-La sculpture «Cheek to Cheek» de Roland De Jong Orlando.

-La fontaine Watteau conçue par Jean Baptiste Carpeaux ,terminée par Ernest Hiolle. Inaugurée le 12 octobre 1884

-15-La rue la plus longue de Valenciennes dans architecture cheek-to-cheek-et-watteau

-La stèle d’Alfred Bottiaux : «Jehan Froissart remettant ses chroniques à Philippa de Hainaut». Voir autre article de ce blog en cliquant ici.

-Ci-dessous les 12 piliers de l’église qui figurent les 12 apôtres.

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Après avoir visité l’église, traversez le square, vous vous trouvez face au 56 de la rue de Paris. Cette immeuble construit en 1712  est l’ancien Hôtel Floréal dit aussi Hôtel de Desfontaine de Frasnoy.

Hôtel Floréal dit Hôtel de Desfontaine de Frasnoy

Une longue restauration, terminée en 2009, a permis la mise à disposition de  10 logements neufs, très lumineux  donnant sur une cour intérieure.

Lire un article de VA-info en cliquant ci-après: http://www.va-infos.fr/index.php/sections/article/ouvrez_les_portes Les portes sont parfois ouvertes.

20151031_095932  

Continuez votre parcours vers la place Saint Jean : Ne la cherchez pas, elle n’existe plus depuis le dernier conflit. Cependant il en reste quelques cartes postales comme souvenirs.

Source: Bibliothèque municipale de Valenciennes.  http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MAR1000

Mais où se situait-elle ? Les observateurs attentifs et fureteurs auront remarqué en arrière- plan de la carte postale un coin de l’hôtel de ville. Cette place se trouvait donc proche de la rue de Paris.

Ci-dessous un extrait d’un ancien plan Ravet  de Valenciennes. La place St Jean est repérée en rouge, une flèche jaune indique l’axe de visée du photographe de l’époque.

Extrait Plan Ravet

Encore quelques pas et vous arrivez sur la place du marché aux herbes (Face à la poste) dernière étape de votre promenade. La sculpture « Le couple » d’Eugène Dodeigne  salue la fin de votre visite.

Eugène Dodeigne est décédé à Linselles le 24 décembre 2015, à l’age de 92 ans.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA à bien regarder cette œuvre on en vient à découvrir qu’une sculpture dite abstraite peut apparaitre très figurative.

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Erratum:

J’ai écris en début d’ article que l’ église Notre-Dame-la Grande de Valenciennes était considérée comme la « Merveille des Pays-Bas » c’est une erreur de ma part, ce titre revient à la cathédrale de Cambrai détruite à la révolution. La maquette ci dessous  se trouve exposée à Cambrai dans l’ actuelle cathédrale Notre-Dame de Grâce.

La Merveille des Pays-Bas 1148-1796

On quitte Valenciennes certes, mais la reconstitution 3D de cette cathédrale vaut que vous y passiez quelques minutes à la regarder. C’était, comme à Valenciennes, les débuts de l’ art Gothique.

 source youtube: https://www.youtube.com/watch?v=diO5B7OpwGY  

À bientôt pour d’autres découvertes.

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LICENCE  CC-BY-NC-SA  Licence Creative Commons Les photos personnelles de ce blog sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

-14- Un peu d’ humour et de photos surprises

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Mise à jour du 28/11/2017

Tout chasseur d’image, quand il n’a pas oublié son appareil photo, est à la recherche du meilleur plan, du meilleur angle pour une prise « inoubliable ».

La lumière est bonne, pas de voiture qui passe au moment d’appuyer sur le déclencheur. Clic, c’est parfait, mais parfois il suffit de déplacer un peu  son appareil photo  pour capturer quelques clichés qui font parfois sourire mais pour lesquels il est difficile de trouver un dossier de classement sur son PC.

Vous en trouverez quelques unes ci-dessous, elles n’ont pas toutes été prises à Valenciennes. Il y en aura sans doute d’autres par la suite.

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La Faunesse : Jardin de la Rhonelle à Valenciennes. Certains ont écrit sur le net que la jeune fille ressemblait à une joueuse de ballon sur la plage. Un jour quelqu’un s’en est inspiré.

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La basilique Notre Dame du Saint Cordon : Valenciennes

Des bruits courent à Valenciennes que la flèche de la basilique est en train de se disloquer. Les reflets dans les vitres de l’Hôtel semblent prémonitoires.

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La collégiale Ste Waudru à Mons (Belgique)

Les gargouilles doivent être tenues en laisse.

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Condé–sur-l’Escaut : Surf à plusieurs sur une planche de polystyrène. En attendant la vague.

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Estourmel près de Cambrai. Chapelle Bricout

Attention à la gargouille à tête d’aigle juste derrière le pigeon.

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Chimay (Belgique) près du Château.

Il est où le chien ? suivez la flèche:

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Laon cathédrale en cours de travaux

Gargouille éprise de liberté.

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Raismes: Eglise St Nicolas

Un boulet de canon tiré en 1793 lors de la bataille opposant les armées confédérées (300.000 Autrichiens, Hollandais, Prussiens, Anglais.)… contre l’armée du Nord commandée par le Général Dampierre dont la jambe fût emportée par un de ces boulets, reste fiché dans la tour de l’ église St Nicolas de Raismes.

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Avesnes-sur-Helpe : à la fenêtre d’un café.

Consultez le tarif avant d’entrer.

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Valenciennes cimetière St Roch:

Café-Hôtel avec chambre concédée  à perpétuité.?

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La Flamengrie: Nouvelle Statue de Marianne (18 avril 2015)

Marianne semble étreindre le coq de l’église, peut-être pour l’empêcher de chanter ?

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Valenciennes:Place St Nicolas,La femme au pigeon (Lucien Brasseur)

La jeune femme  a laissé une dernière croute de pain au volatile.

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Valenciennes: Square Watteau..Fontaine Watteau. Figurine empruntée à la comédie Italienne. (Ernest Hiolle).

Ce n’est pas une pub pour une boisson désaltérante. :-(

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Il n’y a pas beaucoup de photos, je sais, mais il y  aura sans doute une suite quand l’occasion se présentera.

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Fin provisoire de l’ article

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-13-Bacchus Vs Gambrinus

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Vous vous promenez rue Tholozé à Valenciennes en direction de la gare, la façade d’un  restaurant Japonais attire votre attention. En levant le nez vous apercevez  entre les fenêtres du premier étage  un mascaron représentant Gambrinus assis sur une barrique et s’apprêtant à déguster une chope dégoulinante de mousse. Choc des cultures sur cette façade !

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Gros plan du mascaron (en mauvais état)

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Mais au fait s’agit-il de Gambrinus ou de Bacchus ?.Essayons d’apporter quelques précisions.

Si vous êtes curieux et amateur de bière vous avez sans doute remarqué les outils du brasseur en haut de la photo, notamment le Fourquet (à droite).

Pour en savoir plus:

Les Brasseries du Valenciennois site de Hervé: Cliquez ici

 

Qui était Gambrinus ?

-Gambrinus, parfois orthographié Cambrinus, serait l’inventeur de la bière, à moins que ce ne soit le  roi mythique  Gambrivius qui l’aurait devancé avec l’aide de la déesse Isis  aux environs de 1700 ans avant J.C. Mais pour les amateurs de bière en Flandre Française il n’y a pas de doute c’est Gambrinus qui a élaboré ce breuvage et il serait même natif de Fresnes-sur Escaut (à quelques km de Valenciennes).

 Il est parfois identifié comme étant Jean Premier de Brabant ou encore Jean-sans-peur duc de Bourgogne ou même Jean IV de Brabant.

 Dans un Extrait, page 379 du « Bulletin de la Commission royale d’histoire, Volume 5 » 3 Juillet 1841-8 Août 1842 Recueil de ses bulletins » L’auteur décrit la physionomie de Jean 1er de Brabant  et cite les vers  gravés sur le  tombeau de celui-ci à Bruxelles.

 « Gambrinus est une figure de chevalier flamand du moyen âge orné d’insignes royaux ou ducaux et qui tient dans ses mains une coupe de bière mousseuse. Sa physionomie ressemble beaucoup aux portraits du duc Jean 1er de Brabant seulement les joues sont un peu plus fortes que celles que l’on donne ordinairement au duc et dont la figure qui orne son tombeau à Bruxelles paraît avoir fourni le modèle. Les vers suivants expliquent ordinairement ce portrait : « Gambrinus étais je nommé de mon vivant roi de Flandre et de Brabant j ai fait de l’orge le malt et d’en brasser de la bière j ai imaginé.  Ainsi Messieurs les brasseurs peuvent dire avec vérité qu’ils ont un roi pour maître. Nargue donc qu’un autre métier pareils maîtres vienne nous montrer ».

-Toutefois la légende de Gambrinus natif de Fresnes-sur-Escaut  inventeur, avec le diable dupé, de la boisson connue des cinq continents ne manque pas de charme :

La légende de Gambrinus en Flandre française

Le texte ci-dessous entre guillemets est extrait de Wikipedia  cliquez ici (sous licence Créative Commons BY.SA.3.0.)

« Gambrinus habitait à Fresnes-sur-Escaut, une petite ville des Flandres françaises, où il exerçait le métier de carillonneur. Il était amoureux de Flandrine, la fille de son maître, qui était verrier ; mais Flandrine n’était pas amoureuse de lui. Il se mit à trembler, au point de ne plus pouvoir jouer, et les habitants de Fresnes le mirent en prison pour tapage nocturne après l’avoir insulté et roué de coups. Quand il fut libéré un mois plus tard, il voulut se suicider, mais le diable lui proposa d’oublier Flandrine en échange de son âme qu’il viendrait chercher trente ans plus tard. Gambrinus accepta le pacte. Il s’enrichit par des jeux d’argent, mais il n’avait toujours pas oublié la fille du verrier.

Il rencontra de nouveau le diable, qui lui donna des graines pour planter du houblon et lui montra comment fabriquer un carillon auquel nul ne pourrait résister. Gambrinus organisa alors une fête où tous étaient conviés. Les habitants de Fresnes trouvèrent la bière fort amère. Gambrinus commença alors à jouer du carillon et tout le monde dansa jusqu’à épuisement. La vengeance de Gambrinus était accomplie. Mais les habitants se précipitèrent sur la bière pour se rafraîchir et se rendirent compte que plus on en buvait, plus elle était douce.

La boisson se fit connaître au-delà des frontières du pays et le roi des Flandres, pour récompenser Gambrinus de ce succès, le nomma duc, comte et seigneur. Mais il préféra le titre de « Roi de la bière » que lui avaient donné les habitants de Fresnes. Peu de temps après, Flandrine se décida à lui parler, mais il ne l’avait pas reconnue et lui offrit à boire… il l’avait oubliée.

Lorsque les trente années furent passées et que le diable revint, Gambrinus joua du carillon jusqu’à ce que le diable trouve cela insupportable et disparaisse sans demander son reste. Gambrinus vécut heureux cent ans encore, tout en continuant à boire de la bière et à jouer du carillon. Lorsqu’il mourut, on retrouva à sa place un tonneau de bière : c’est pourquoi il n’a pas de tombe ».

-Un mur peint en trompe-l’œil le représente sur un pignon de Fresnes-sur-Escaut.

Gambrinus_fresque murale_Fresnes sur EscautSource: Service communication de fresnes-sur-Escaut

-Carnaval de Fresnes, ci dessous le char du géant Gambrinus Roi de la bière lors du carnaval du 15 Août.S7300004

Ci-dessous un lien vers l’Association des carnavals de Fresnes vous y retrouverez des photos du Géant Gambrinus sur son char tracté par des chevaux ainsi que les photos des marionnettes  géantes représentant les personnages de la légende: Flandrine, le diable, Gambrinus….

http://carnaval-fresnes.jimdo.com/

-Gambrinus à Jenlain. ( à quelques km à l’ Est de Valenciennes).

 La brasserie Duick qui brasse la bière de garde ambrée dite « Jenlain » depuis 1922 arbore sur le toit d’un de ses anciens ateliers une girouette de cheminée qui représente Gambrinus  à califourchon sur un tonneau de bière. Un peu plus bas un vitrail sur le pignon le représente également. Voir photo ci dessous.

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A noter que sur de nombreuses cheminées de brasseries  de la région on retrouve (retrouvait) la même girouette. Voir le site de M. Christophe Tondeux en cliquant ici

Origine de la légende.

Le nom serait le diminutif de Jean Primus, fils de Henri de BRABANT.

Charles Deulin, écrivain Condéen du XIXème siècle s’inspira de ce personnage  pour créer le fameux Cambrinus dont il raconta les exploits, imaginaires, dans son ouvrage « Les contes d’un buveur de bière », exploits qui se déroulent à Fresnes.:

Source: « Fresnes-sur-Escaut, quelques pages d’histoire locale » édité par les Amis du Vieux Fresnes.

On y retrouve sur une quinzaine de pages le conte de Charles Deulin dans son intégralité.

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Mais pourrait-on confondre Gambrinus avec Bacchus, lui aussi souvent représenté à califourchon sur une barrique avec une coupe  à la main ?.

Qui était Bacchus ?

Bacchus dans la mythologie Romaine, (Dionysos dans  la mythologie grecque) est le  fils de Jupiter et de Séléné. Le mythe raconte que celle-ci fût foudroyée involontairement par son divin amant alors qu’elle était enceinte. Jupiter réussit à sauver l’enfant en entaillant sa propre cuisse et y en cousant l’embryon pour mener sa gestation à terme. C’est de ce mythe que provient l’expression « Être né de la cuisse de Jupiter ». Pour en savoir plus sur Bacchus cliquez ici pour ouvrir la page Wikipedia.

En résumé Bacchus est le dieu du vin, de l’Ivresse et des débordements de la nature.

Déclinent de Bacchus :

-Bachique: définition  Larousse : Relatif à Bacchus. Qui célèbre le vin, l’ivresse.

-Bacchanales: définition Larousse : Fam. Orgie. Fêtes antiques en l’honneur de Bacchus.

-Bacchantes: définition Larousse : Prêtresse du culte de Bacchus

Au XVIème siècle Louis de la Fontaine (1522-1587) auteur du «Recueil des antiquités de Valenciennes » avait confié la réalisation des enluminures de ses livres à Hubert Cailleau. On peut en visionner quelques-unes sur le site de la base Enluminures.

L’arrivée de Charles Quint à Valenciennes le 21 janvier 1540 (il avait obtenu l’autorisation de François 1er de traverser la France depuis l’Espagne avec son armée pour réprimer l’insurrection des Gantois contre l’impôt)  fait l’objet de nombreuses festivités décrites par Louis de la Fontaine. Parmi  les enluminures d’Hubert Cailleau on retrouve cette illustration d’une fontaine à vin édifiée à cette occasion.

Au sommet d’une colonne Bacchus est assis sur un tonneau et déverse du vin blanc et du vin rouge.

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base Enluminures
Institut de recherche et d’histoire des textes – CNRS
Ministère de la culture

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai. Reproduction interdite sans son autorisation.

En 2007 le service archéologique de Valenciennes effectue des fouilles préventives sur le site de la rue d’En-Bas-L’eau (ancien domaine Comtal de Salle-le Comte). Tout un stock de plastrons  Espagnols (plus de 400), d’armes, de boulets y est découvert. Le musée de Valenciennes en expose une partie. Le service archéologique y découvre également la fontaine à vin ci-dessous.

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Cette fontaine à vin représente  Bacchus comme l’indique la plaquette explicative.

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Pour info concernant ces fouilles et la découverte d’armures espagnoles :Cliquez ici

Il faut cependant noter que Bacchus n’est pas toujours représenté à califourchon sur une barrique. Michel-Ange, Le Caravage, etc …le représentent dans une attitude plus « digne » couronné de feuilles de vigne ou de grappes de raisin et tenant parfois à la main le Thyrse (bâton couronné d’une grappe et de rameaux de vigne).

Ci dessous un détail du tableau de Nicholas Poussin (1627) intitulé « La Grande Bacchanale ».(Visible au Louvre-Lens).OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Ci dessous une photo du tableau de Jacques Courtin (1672-1752). Musée des Beaux-Arts d’ Arras.

Titre: « Bacchus confié aux nymphes de Nysa ».

Mercure désigne de son bras gauche le ciel où se trouve son père Jupiter.

Bacchus confié aux nyphes de Nysa—//—

.De nos jours l’adjectif Bachique est utilisé par les œnologues pour qualifier leurs sociétés, confréries, amicales, fêtes en l’honneur du vin. Il n’est plus question de célébrer l’ivresse.

Jules Mousseron, mineur, poète, créateur du personnage de « Cafougnette » organisait  souvent des soirées entre mineurs dîtes « Fêtes bachiques» à la fin desquelles une collecte était organisée afin d’apporter une aide aux mineurs en difficultés. Source HainautPedia cliquez ici

Jean Dauby (1919-1997) dans son livre « Jules Mousseron à l’fosse .La mine et les mineurs » se souvient que dans les années 30, alors âgé d’une douzaine d’années, être allé avec son père à l’Hippodrome de la place Poterne de Valenciennes assister à l’un des mille « concerts » du poète-mineur. On était loin de la débauche du mythique Bacchus.

En guise de conclusion.

Bière ou vin, il semble que l’origine de ces deux boissons remonte à la nuit des temps. Il est plus que probable que la bière ait été inventée par les égyptiens en même temps que le pain levé, la différence entre les deux étant la quantité d’eau utilisée. Dès l’antiquité les Gaulois brassaient la Cervoise, bière issue d’orge et de céréales germées à laquelle étaient ajoutées des épices et des herbes aromatiques. Elle sera consommée principalement par les peuples du Nord et du Nord-est de la France. De l’utilisation du Houblon  naitront probablement les bières que nous connaissons actuellement. Jean 1er de Brabant ou Gambrinus y sont peut-être pour quelque chose !

La bière a souvent été décrite comme boisson « hygiénique » car pour des raisons sanitaires elle présentait moins de risques, à ces époques, que l’eau. Fin XVIIIème  la bière consommée par le « bas peuple », par les mineurs et leurs familles, puis par les ouvriers de la sidérurgie et de la métallurgie était ce que l’on appelle de la « petite bière », à très faible teneur en Alcool.

Jean Dauby écrit que vers la fin du XIXème siècle le village agricole de Denain était devenu une ville de onze mille habitants dont 3000 mineurs. Dans cette ville 6 brasseries produisaient annuellement trois millions de litres de bière. Chaque habitant à l’époque en buvait, en moyenne, trois cent trente litres par an. !

Quand au vin son origine remonterait à la plus haute antiquité et même au néolithique .La vinification du raisin daterait de 8000 ans. Source Wikipedia

Le vin sera surtout produit et consommé dans les pays du pourtour méditerranéen. Dès l’antiquité l’avènement de l’amphore permettra  sa conservation et son transport sur de grandes distances.

 Mais il n’est pas étonnant que le vin soit consommé dans le Valenciennois, En effet grâce à l’Escaut navigable à partir de Valenciennes les denrées, dont le vin des régions plus propices à la vigne, étaient embarquées sur des bateaux à fond plat vers le port d’Anvers à destination des pays du nord.

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Connaissiez-vous Gambrinus et Bacchus  figures légendaires ou mythiques ?

Cet article vous a peut-être  permis de découvrir  cet étrange personnage à califourchon sur une barrique ?

Important : Bière ou vin sont à consommer avec modération, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

Fin de l’article

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Pour les autres photos et illustrations: les sources sont citées.

-11- Hubert Cailleau: Enlumineur du moyen âge

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Hubert Cailleau:

Enlumineur du moyen âge

Mis à jour le 04/11/2014: Actualisation des liens vers la base « Enluminures »

Continuons notre découverte de Valenciennes en interrogeant les plaques de rue. Empruntons cette fois le tramway pour nous rendre dans un quartier excentré de Valenciennes et descendons à la station. « Dutemple ».

OLYMPUS DIGITAL CAMERANous ne sommes pas là pour admirer un « tag »,  expression de  «street art », mais pour découvrir qui se cache derrière le nom Hubert Cailleau que porte la rue face à la station de tram.

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Il faut d’abord mentionner le chroniqueur  Louis de la Fontaine dit Wicart ,historien, né à Valenciennes en 1522,  Chevalier du Saint Sépulcre  (après un voyage à Jérusalem). Il a écrit l’ «Histoire des antiquités de Valenciennes » il décédera à Liège en 1587.

Aucun historien de cette époque (Simon Leboucq, Henry d’ Oultreman….) ne condescend à parler D’ Hubert Cailleau  peintre miniaturiste Valenciennois. Seul Louis de la Fontaine signale son existence et le met en valeur pour la simple raison qu’il l’a chargé d’illustrer les chapitres de ses livres. Ses écrits sont censés raconter l’histoire de Valenciennes depuis sa création  mais ses livres sont une succession,  certes de faits historiques, mais aussi une suite de faits divers, de légendes et même semble t’il de légende Arthurienne. On peut y déceler l’influence des écrits du Chroniqueur très controversé Jacques de Guise.

Hubert Cailleau (1526-1590 ?) a illustré d’un pinceau que l’on pourrait qualifier de naïf ce passé Valenciennois.Toutefois beaucoup de détails sur l’habitat, les vêtements, les coutumes, les faits historiques de son époque sont riches de renseignements. C’est l’époque où Valenciennes fait partie de l’empire. Charles Quint est l’empereur, sa venue à Valenciennes est accueillie avec faste. (Une rue  porte encore son nom). Presque un siècle et demi plus tard  Louis XIV y entrera à coups de canons et Vauban modernisera les fortifications de Charles Quint.

Hubert Cailleau a même élaboré  les décors d’un Mystère*  à l’occasion de cette visite impériale.

(*Un Mystère est une pièce de théâtre  à  sujet religieux tiré des évangiles).

Les quelques enluminures d’Hubert Cailleau qui suivent  se retrouvent sur le site :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/enlumine_fr

 

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1°)Commençons par les légendes

-Hubert Cailleau représente ci-dessous BRENNUS qui organise la construction de Valenciennes.

Brennus _construction de ValenciennesBrennus _construction de ValenciennesBrennus _construction de Valenciennes

Brennus et la construction de Valenciennes

 

 Source : Bibliothèque de Douai.  Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation.

Brennus _construction de Valenciennes

Qui était Brennus ?

Vers 390 avant Jésus Christ ce chef Gaulois envahit l’ Italie pour s’en approprier les richesses. Après avoir mis en déroute l’ armée Romaine il s’empare de Rome désertée de ses habitants. Seuls quelques Romains réfugiés dans le Capitole résistent pendant plusieurs mois. Une attaque surprise nocturne des Gaulois est déjouée par les cris des fameuses oies qui réveillent les Romains. Devant cette résistance inattendue Brennus accepte de retirer ses troupes moyennant une rançon d’environ 330 kg d’or.

Afin d’alourdir la rançon sur la balance, les Gaulois utilisent des faux poids. Le subterfuge est découvert,  les Romains demandent de quel droit ils utilisent des poids truqués.  Brennus ajoute au déshonneur des Romains en jetant son épée et son baudrier sur la balance en répondant « Du droit des vainqueurs » et ajoute « Vae Victis » (Malheur aux vaincus).

Ci dessous Extrait de Google Books 

Livre d’Abel Hugo (1830): Histoire générale de France depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours.

Brennus reçoit la rançon du capitole

-11- Hubert Cailleau: Enlumineur du moyen âge dans art

On se demande ce que vient faire cette histoire de Brennus dans le « recueil des antiquités de Valenciennes ». Il semble que devant l’absence de documents, Louis de la Fontaine,  comme Jacques de Guise, et autres « antiquaires » (Hugues de Toul,  Lucius de Tongres.) a inventé un passé glorieux à Valenciennes. Mais il est vrai que l’on ne s’intéresse aux origines de Valenciennes que depuis relativement peu.

Valenciennes en tant que « civitas » n’existerait que depuis la fin du IIIème siècle. Auparavant elle n’était qu’ une bourgade,  sur la voie reliant deux importantes cités  gallo-Romaines Fanum Martis (Famars) et Turnacum (Tournai).

Brennus n’est donc pas le bâtisseur de Valenciennes, comme l’ a représenté Hubert Cailleau. Cependant cette légende a inspiré le sculpteur nordiste Henri Gauquié (1858-1927) qui a réalisé son bronze « Vae Victis » pour l’exposition  de Paris de 1900.  Cette statue se trouvait en 1904 au jardin de la Rhonelle puis face à la gare de Valenciennes avant d’ être fondue pendant le conflit 14/18 en raison de sa forte connotation patriotique.

Brennus

Source de la carte postale: Genealexis

Remarque:  on trouve en vente sur le net des statuettes répliques exactes du  Brennus  d’ henri Gauquié.(photo de droite).

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-Autre « légende » illustrée par Hubert Cailleau, il s’agit de la fondation  vers 364-367 de la ville de Valenciennes  par l’empereur romain fervent promoteur du christianisme: VALENTINIEN.

Il commence par raser le temple Romain et le remplacer par une chapelle dédiée à la sainte Vierge,  il ordonne la destruction de toutes les statues des anciens cultes païens et fait construire l’ hôtellerie Saint Jean destinée à soigner les malades, ce serait l’ancêtre de l’ Hôtel-Dieu de Valenciennes.

À noter que sur l’imposte actuelle du portail du 8 rue du Grand Fossart, dépendance de l’ Hôtel Dieu, on découvre le texte   « Hôtellerie fondée vers 367. » ce qui ne veut pas dire pour autant que le bâtiment de l’Hôtellerie se trouvait à cet endroit.

Valentinien détruisant les statues païennes

Valentinien Ier faisant détruire les idoles à Valenciennes

Source : Bibliothèque de Douai.  Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation.

À noter la présence de nombreux cygnes sur l’ Escaut. Cygnes qui seront à l’origine d’une autre légende : Valenciennes viendrait de Val-en-cygnes et expliquerait la présence de deux cygnes sur les armoiries de la ville.

La présence de Valentinien est également source de débats. On trouve  dans « Mémoire pour répondre à la question : Quels endroits …..pouvaient passer  pour villes avant le 7ème siècle » de M.J. de ROCHES publié en 1769 cette brève description de Valenciennes, page 95.

Castrum Valentianas

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-Encore une légende, celle de la présence de CARADOC blessé lors du siège de Valenciennes. Il s’agirait de  Caradoc, duc de Cornouailles,  de la légende Arthurienne (Chevalier de la table ronde). La porte qui se trouve au second plan serait appelée porte Cardon depuis cette épisode .( Cardon-Caradoc noms très proches phonétiquement).

Caradoc blessé au siège de Valenciennes

Maxime et Caradoc blessé au siège du château de Valenciennes.

 

Source : Bibliothèque de Douai.  Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

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-Sainte Vierge protégeant Valenciennes de la peste.

En l’an 1008 la peste menace Valenciennes. L’ Ermite Berthelin qui vit retiré en un lieu que l’on situe proche du village de Maing (une chapelle a été construite à cet endroit) reçoit un premier message de la vierge expliquant qu’elle allait dérouler un cordon protégeant la ville de la peste……pour la suite… cliquez ici (lien vers le site Hainautpédia)

Cet événement a été bien sûr illustré par Hubert Cailleaux.

_Saint Cordon

Institution de la procession de Valenciennes le jour de la nativité notre dame le 8 Septembre 1008

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

Ci-dessous une photo de la chapelle construite semble t’il en 1819 (mais un mascaron porte la date 1655 )  sur le lieu supposé de l’ apparition . On y retrouve au premier plan la source qui figure sur l’illustration de Hubert Cailleau.

NB : Cette chapelle portait aussi le nom de Chapelle Notre Dame des Pierres à cause des menhirs qui se trouvaient à proximité.

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  Un autre chroniqueur a également illustré en 1650 le tour  du Saint Cordon,  il s’agit de Simon Leboucq prévôt de Valenciennes.

 

Source : Bibliothèque de Valenciennes Patrimoine Numérique: http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MS_0673/P_001/v0001.simple.highlight=(Author:.selectedTab=otherdocs.hidesidebar

:-)   Vous pouvez zoomer l’image avec la molette de votre souris. Vous pouvez également la visionner en plein écran (Symbole en haut à droite de l’image).

Le Saint Cordon est ici représenté en rouge, il ceint la ville de Valenciennes. La Sainte vierge se trouve en haut du plan (rep 12.)

Un ange ailé,  au centre de la carte (rep 13) achève le tour de la procession et se dirige vers l’ Église Notre-Dame la Grande.

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-Guillaume 1° de Hainaut rendant une justice exemplaire.

C’est une légende narrée également par les chroniqueurs Henri d’ Oultreman  en 1639 et Simon Leboucq en 1650 soit environ 150 ans après la version de Louis de la Fontaine.

Guillaume le bon rendant justiceGuillaume 1° de Hainaut rendant une justice exemplaire

 

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

 En 1336 un paysan possédait une admirable vache dont il tirait une bonne partie de sa subsistance.

Le Bailli, haut personnage, voulut en vain acquérir cet animal. Devant le refus obstiné du propriétaire il s’en empara de force. Le paysan furieux décida de se rendre à Valenciennes où le comte était retenu pour maladie. Les deux personnages sont interrogés et finalement le coupable est confondu il devra payer cent couronnes d’or au paysan. Les deux parties sont satisfaites,  mais le comte se tourne vers le Bailli et lui dit « Tu as donné satisfaction au paysan, mais pas à moi ». Le prince distinguait ainsi le délit contre une personne privée et l’infraction à l’ordre public.

Le prince fit alors venir un prêtre pour recueillir les confessions du condamné, puis il tira son épée, la tendit au bourreau qui décapita le bailli en sa présence.

Source Google Books cliquez ici  (pages 124 et 125 du livre « Le pardon » publié par

Jacqueline Hoareau-Dodinau, Xavier Rousseaux, Pascal Texier)

D’après la légende le comte fit poser la sculpture d’une vache sur un mur de la halle de Valenciennes pour avoir mémoire du jugement de ce riche bailli condamné pour avoir volé sa vache et tous ses biens à un pauvre villageois.

La halle, la maison échevinale ont été reconstruites plusieurs fois au fil des siècles, toutefois sur la façade de l’hôtel de ville actuel on peut encore y retrouver un bovin (mais ce n’est pas une vache ).

 D’ Oultreman ( le fils) précise que cette vache était visible sur la façade jusqu’en 1611.

Lorsqu’on reconstruisit l’hôtel de ville en 1867 on éternisa à nouveau l’animal sous la forme d’un bas-relief inserré dans la façade. Peu importe  le sexe réel de cette bête à cornes. Déjà au XVI ème siècle Hubert Cailleau l’avait représentée comme un bœuf dans le médaillon qui domine la scène dans l’enluminure ci-dessus.

Fantaisie d’ artiste pour qui voler un bœuf ou une vache constituait un délit identique.

Ci-dessous le bœuf de la légende, il vous faudra une paire de jumelles pour le retrouver parmi les autres bas-reliefs de la façade de l’hôtel de ville.

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 Hôtel de ville de Valenciennes, son histoire :  cliquez ici (site Hainautpedia)

NOTE:

Pour M. Jean Claude Poinsignon , historien de l’ Art et spécialiste de l ‘école Valenciennoise,  le taureau située sur le septième bas-relief de l’ hôtel de ville n’est pas la vache de Guillaume le Bon de la légende ci dessus. Ce n’est qu’un élément de décor d’un Hôtel de Ville « flamand ».

Source :Extrait de l’article du 1er février 2012 de M. Poinsignon paru dans le livret de l’exposition « Valenciennes autrefois » des 3 et 4 mars 2012.

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 2°)Les faits divers .

-Duel judiciaire à Valenciennes.

Duel judiciaire

Duel judiciaire à Valenciennes en 1455

 

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

« Le duel de Valenciennes est rapporté par plusieurs chroniqueurs. Chastellain décrit sur cinq pages ce duel extrêmement sanglant, très critiqué car il se déroule entre bourgeois.

 À l’origine de l’affaire, Matthieu Cocquiel prend la fuite après un meurtre, et se réfugie à Valenciennes où il y a un droit d’asile en vertu d’un privilège ancien de la ville : un criminel ne peut être poursuivi sauf si un parent de la victime l’accuse d’avoir voulu donner la mort, auquel cas, un duel a lieu.

Un certain Plouvier parent de la victime, accuse publiquement Cocquiel en le menaçant de mort. Après quatre mois de procédure, le duel est décidé. La Cour intervient car Charles le Téméraire est hostile à la tenue de ce combat. La date du duel est sans cesse repoussée. Philippe le Bon rentre d’Allemagne, on le consulte, lui aussi est assez hostile au duel. Tous les Valenciennois favorisent Cocquiel, car il représente le privilège de la ville (le droit d’asile), or les nobles sont soupçonnés de vouloir casser ce privilège. Philippe le Bon se rend finalement à Valenciennes et le duel a lieu. Il représente une occasion d’affirmer indépendance judiciaire de la ville. Philippe le Bon n’est là qu’en spectateur, il assiste d’ailleurs au duel derrière un paravent.

 Toute la mise en scène du duel vise à réaffirmer la compétence valenciennoise, il n’y a pas de héraut. Les deux opposants se battent à coups de bâton (car l’épée est réservée aux aristocrates), leur écu pointe en haut. C’est le prévôt de la ville qui préside au duel. Toute l’assemblée soutient Cocquiel, et le duc de Bourgogne se tient en marge.

 Après un combat très violent, Cocquiel demande la clémence du duc de Bourgogne, mais ce dernier n’est pas juge, et les autorités de Valenciennes exigent au contraire la mise à mort, comme le veut la loi. Il est tué, étranglé et pendu. Tous les chroniqueurs jugent ce duel bourgeois particulièrement infâme. Philippe le Bon supprime peu de temps après la coutume Valenciennoise.

Pour conclure, il ne faut pas analyser le duel médiéval à l’aune de ce qu’on sait du duel de l’époque moderne. Il ne s’agit absolument pas d’une pratique courante pour laver une insulte, c’est au contraire une pratique très encadrée aux dimensions avant tout politiques. »

Source  Cornucopia  

-Le non-paiement de l’impôt à Valenciennes en 1345.

Exécution des rebelles à l'impôt

Exécution de rebelles à l’impôt, à Valenciennes en 1345

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

L’exécution se tient face à la maison échevinale (ancien terme pour Hôtel de ville), Simon Leboucq l’avait dessinée avec un soucis du détail. On peut comparer les deux illustrations.

Maison échevinale de Valenciennes 1650

3°)Les faits historiques .

-Les Vikings (Normands) assiègent Valenciennes en 880.

Les Normands

Défaite des Normands à Valenciennes.

 Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

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Le chroniqueur d’ Oultreman nous rapporte également cette attaque avortée de la cité de Valenciennes.(en Mars 880 ou Mars 881).

Les Normands comme on les nommait à l’ époque (Nord-Man ->Homme du Nord ) arrivèrent par le faubourg de Paris dans le but de piller la ville mais ils  rencontrèrent une résistance si forte qu’ils y renoncèrent, mais incendièrent les faubourgs.

Hubert Cailleau représente ces farouches guerriers  à l’entrée de la porte « Pissotte » (ancien nom de la porte Notre Dame ) et pour insister sur leur agressivité les représente avec l’ étendard portant la devise « Flagellum Dei » (Traduction: Le Fléau de Dieu).

Le 07 et le 08 juin 2014 les Vikings étaient de retour à Valenciennes, mais c’était dans le cadre de l’exposition « Les Vikings dans l’empire Franc » organisée par le musée des Beaux Arts.(Expo du 16 Mai au 07 Septembre 2014).

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Les Vikings (Danois)  sont passés par Maing (à 5 km de Valenciennes) avant de saccager Denain et Cambrai, c’est l’hypothèse émise par M. Conreur président du comité de sauvegarde du patrimoine Maingeois .Cliquez ici

 Ci dessous l ‘épée Viking  dont parle M. Conreur découverte à Denain. (actuellement à l’expo temporaire du musée de Valenciennes.) OLYMPUS DIGITAL CAMERA

-Linondation de Valenciennes en 1532.

1532- Inondation de Valenciennes .L’inondation de Valenciennes en 1532.

 

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

Plusieurs fois par siècle les bas quartiers de la  Ville de Valenciennes se sont retrouvés inondés par la Rhonelle et par l’ Escaut. En 1532 des fortes crues concomitantes  des deux rivières inondaient toute la ville.

Sur l’enluminure les gens se déplacent en barque devant « Notre Dame la Grande ». Cette enluminure illustre le récit mythologique de la vengeance de l’Escaut avec l’accord des dieux Neptune et Triton contre les Valenciennois qui bornèrent les eaux d’un rempart de terre et de madriers.

Ci-dessous des extraits de « Histoire de la ville et comté de Valentiennes » d’ Henri d’ Oultreman :

-« En l’an MCCCLXV (1365) la Rhonelle s’enfla si fort que le bras de l’Escaut abattit la porte Cambrésienne et l’eau couvrit le pavé de notre Dame de la Chaussée ».

-« En l’ an MDXXXII (1532) la veille de Noël les eaux s’enflèrent si à coup qu’elles foncèrent la Porte Cambrésienne et la muraille des Chartriers étant emportée  quatorze personnes y furent misérablement noyées. Toutes les rues furent submergées jusqu’aux plus hauts lieux de la ville. Le marché était plein de nacelles (barques) qui allaient ça et là porter victuailles aux quartiers inondés. »

-Les incendies de Valenciennes

Incendie ValenciennesIncendie à Valenciennes en 1522

Source : Bibliothèque de Douai.  Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

La nuit du 3 et 4 Décembre 1522, les rivières et les étangs sont gelés,  un incendie se déclare chez un certain Martyn…, homme de vie pernicieuse qui avait décidé d’offrir une soirée somptueuse à quelques amis. Après avoir fait grande chère, le feu plus grand que de coutume avait mis le feu à la cheminée. Une grande partie de la ville fut réduite en cendre.

Mais déjà en juillet 1171, le jour ou naquit à Valenciennes Bauduin, futur empereur de Constantinople, les réjouissances  publiques à l’occasion de cet heureux événement eussent pour fin déplorable l’embrasement de 3000 maisons. (D’après d’ Oultreman et Simon Leboucq).

Un autre incendie le 21 Octobre 1257 menaça de brûler 4000 maisons.

Source : Précis historique et statistique sur la ville de Valenciennes par Desfontaines de Preux (1825)

En 1279, pour limiter les risques de propagation des incendies, une interdiction d’utiliser le chaume pour couvrir les toitures avait pourtant été promulguée, il avait fallu commencer à construire autrement afin de supporter le poids plus important de l’ardoise et de la tuile. Progressivement un nouveau type de construction était apparu : La maison Scaldienne. (Site Hainautpédia)

 La peste à Valenciennes

La peste à Valenciennes

Peste à Valenciennes en 1515

Source : Bibliothèque de Douai. Cliquez ICI,

Illustration de la base Enluminures réutilisée en accord avec la Bibliothèque de Douai.  Reproduction interdite sans son autorisation

La peste est une maladie endémique au moyen âge. Régulièrement le Valenciennois est dévasté par des épidémies que l’on assimile  parfois à une punition divine. L’enluminure montre Dieu, dans une nuée, donnant l’ordre à un ange  armé tenant une lance et un crane de frapper la ville. !

Retrouvez les dates d’apparition de ce fléau  sur le site Hainautpédia en cliquant ici 

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-Fin de l’ article

Toutes les enluminures d’Hubert Cailleau ne figurent pas  dans cet article, le but n’était pas de recopier l’intégralité de  celles-ci,  je vous invite à les retrouver sur la base Enluminure dont le lien se trouve en début d’article.

Les illustrations de la venue de l’empereur Charles Quint à Valenciennes et des festivités  qui s’en sont suivies figureront peut-être dans un article qui lui sera consacré .

Les illustrations d’ Hubert Cailleau m’ont été un fil conducteur, (ou un prétexte),  pour raconter une infime partie de l’ histoire Valenciennoise,  même si celle-ci fait une belle part aux légendes.

L’original  du livre de Louis de la Fontaine illustré par Hubert Cailleau se trouve à la bibliothèque Municipale de Douai. Grand merci à M. le Conservateur du fonds ancien de la BM de Douai qui m’en a autorisé des copies.

-10-L’ Art dans la rue

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L’Art dans la rue

Mise à jour du 19 Juillet 2015 par l’ajout d’une carte postale de Baptiste de Cambrai

Mise à jour du 07 Août 2015 par ajout de la photo de la statue  « l’ orphelin »  d’Alphonse Terroir

Mise à jour du 15 Septembre 2015 par ajout de la photo « la jeune fille à la cruche » d’ Elie Raset

Dans le bas du faubourg de Cambrai, entrée Sud de Valenciennes, (en cours de requalification) on découvre à la limite de Valenciennes et de Trith St Léger une placette encadrée de rues portant des noms de sculpteurs Valenciennois.

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En levant le nez, le premier nom qui apparait sur une plaque de rue est Elie Raset :Sculpteur

Les autres rues portent les noms de :

-Alfred Bottiau :Sculpteur, Prix de Rome.

-Alphonse Terroir :Sculpteur, Prix de Rome

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Au bout de celle ci, une sculpture apparait… surprenante !

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En fait ce n’est pas une sculpture d’Elie Raset mais celle d’un collectif de quartier.

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Désir d’avenir, réalisé par les habitants du faubourg de Cambrai avec le sculpteur Stéphane Noblet.

Cela ressemble à une supplique des habitants de ce quartier éloigné du centre de Valenciennes. Les rues du bas faubourg de Cambrai  portent  des noms d’artistes Valenciennois grands prix de Rome mais les œuvres sont exposées en des lieux plus proches du centre ville.

Mais pour commencer qui était Elie Raset ?.

Valenciennois né en 1874 il décède en 1956. Il fut professeur aux Écoles Académiques .Sa tombe se trouve au cimetière St Jean de Valenciennes. Cimetière jadis réservé aux indigents.

Ci dessous buste sur la tombe d’Elie Raset.

T3 Il est surtout connu pour son « joueur de billes » que tout promeneur peut découvrir au parc de la Rhonelle.

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L’histoire de cette statue est fertile en rebondissements

La ville en fait l’acquisition en 1904, mais lors de la guerre 1914-1918, les Allemands l’envoient à la fonte pour récupérer le bronze.

Après le conflit, en 1931,une nouvelle statue est coulée d’après le plâtre d’origine qu’ Elie Raset avait toujours en sa possession. Mais  le bronze est toujours recherché par les usines d’armement, cette deuxième statue est donc partie à la fonte lors de la deuxième guerre mondiale.

En 1945 la réalisation d’un troisième exemplaire est confiée aux fonderies Wauthier.

En 1986 , rebondissement, la statue est volée , elle sera retrouvée par le service des douanes. C’est celle-ci qui se trouve au parc de la Rhonelle.

Mais question surprise :Quelle est la statue ci-dessous. ?

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C’est tout simplement l’original en plâtre d’ Elie Raset.

Il se trouve, protégé sous verre, à l’étage de la Maison des Associations, il devrait très prochainement rejoindre le musée des Beaux Arts de Valenciennes.

L’histoire que vous venez de lire au sujet de cette statue est celle que l’on retrouve généralement sur le net. Cependant une ancienne carte postale (voir ci-dessous) acquise lors d’une brocante soulève une question : Pourquoi est –elle différente de la statue actuelle ?

Les deux photos qui suivent permettront aux observateurs de jouer au jeu des erreurs. !

Le joueur de billes Elie Raset 300 dpiOLYMPUS DIGITAL CAMERA

La pose est la même, mais la veste, le pantalon, les chaussures, la coupe de cheveux sont différents. Une pile de livres est apparue.

Quelle en serait l’explication ?

On peut hasarder quelques hypothèses.

L’original ayant été fondu par les Allemands, Une interprétation en aurait été réalisée par un autre sculpteur,

ou autre hypothèse la statue actuelle aurait été réalisée à partir d’une première étude d’ Elie Raset .

Dernière Hypothèse il s’agirait de la statue réalisée par un de ses élèves.

Je ne possède pas la réponse.

Elie Raset est surtout connu comme statuaire, on remarquera que  les visages de ses statues sont toujours emprunts à la fois de douceur et de gravité. Une autre de ses statues « La jeune fille à la cruche » en est un exemple, cette statue qui se trouvait place du Hainaut est introuvable, il n’en reste que des pattes de scellement tordues. A t’elle subit le même sort que le joueur de billes ou est-elle remisée en lieu sûr ?.

La statue est retrouvée , elle est même scellée depuis peu (la photo ci dessous date du 15 septembre 2015) au milieu du  square Robert Schuman  à l’intersection de l’avenue Vauban, de la rue Kilmaine et de la rue de l’ abbé Delbecque.

Nota: La photo est prise « en buste » il y avait trop de voitures stationnées pour prendre la photo « en pied ». Je n’ai pas trouvé de bon angle pour éviter également les panneaux de signalisation. J ‘y retournerai pour essayer de faire mieux.

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Le cimetière St Roch de Valenciennes est considéré comme un petit « père Lachaise » de nombreux statuaires y ont exercé leur talent, Elie Raset également. Mais rendons nous 500m plus loin face à l’église de St Saulve .On doit la réalisation d’une partie du monument aux morts à Elie Raset.

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Ce monument a lui aussi une petite histoire :

Le monument d’origine , colonne  pyramidale,qui n’était pas à cet emplacement  fut inauguré le 20 Nov 1897 et ne portait que les noms des victimes de la guerre de 1870.

Après la guerre 14-18 le monument fût enrichi d’une allégorie féminine d’ Elie Raset. L’inauguration se fit en grande pompe le 8 Nov 1925.(source ;ville-saint-saulve.fr).

Info du 26 Août 2014: Lire ce commentaire  en fin d’ article , en bas de page et repris ci dessous:

« J’ai toujours connu l’original en plâtre de la statue du joueur de bille , tout simplement parcequ’elle se trouvait dans le garage de mon grand-père Jules Raset à Quarouble. J’ai également toujours connu la statue en plâtre de la jeune fille à la cruche qui elle se trouvait dans le salon de mes parents…
Mon oncle a récupéré la jeune fille il y a des années, quant au joueur de billes j’ignore où il a pu partir après le décès de mes grand parents. ». J.F. Decobecq

Revenons au bas Faubourg de Cambrai du début de cet article.

Une autre plaque de rue porte le nom d’Alfred Bottiau .Ce nom n’est pas inconnu des visiteurs de ce blog, il en est fait mention dans deux articles, l’un sur la légende de l’Âtre de Gertrude dont A.Bottiau a réalisé une interprétation se trouvant sur la tour de La Dodene. l’autre sur la remise des chroniques du Hainaut à sa Majesté la reine d’Angleterre par Jehan Froissart.

Alfred Bottiau a à son actif d’autres réalisations

-à Cambrai , dans une allée du jardin public on découvre la statue de Batiste de Cambrai.

Batiste avait mis au point une « navette » qui permettait le tissage de toile de lin très fine qui fit la réputation de Cambrai . « La Batiste de Cambrai ».(Les fins mouchoirs des dames des cours royales étaient de Batiste).

Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Batiste

La statue représente  Batiste tenant dans les mains cette fameuse Navette.

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Ci-dessous un modèle de navette que nombre d’habitants du Cambrésis ont connu avant la disparition quasi complète du tissage dans la région. Activité bimillénaire. (cf :Wikipedia).

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 La statue d’Alfred Bottiau remplace celle de joseph Carlier de 1864 détruite par le bombardement de Cambrai en Mai 1944. Voir image ci dessous: Baptiste tient dans la main droite une navette dont la taille est mieux proportionnée que celle d’ Alfred Bottiau.

Baptiste de Cambrai

-à Lille, Cette fois on change d’échelle, C’est la façade du quotidien « La Voix du Nord » qui a été conçue par Alfred Bottiau.

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Chaque ville du Nord est représentée  par son blason, mais ce que l’on remarque avec un zoom ou des jumelles en levant le nez c’est la devise « Défendre le travail dans la région du Nord ».

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Revenons une dernière fois  au bas Faubourg de Cambrai du début de cet article.

La troisième rue délimitant la placette est la rue Alphonse Terroir.

Alphonse Terroir né le 12 Nov 1875 à Marly les Valenciennes décède à Paris le 13 Octobre 1955 .

Ses œuvres que l’on peut découvrir en se promenant dans Valenciennes sont :

-L’ Orphelin (jardin de la Rhonelle)

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-Le gisant de l’abbé Delbecque (Avenue de Dampierre)

-Le monument de la renaissance (Devant le Lycée Wallon)

-Le joueur de flute de pan (Rue de Famars devant l’auberge du bon fermier)

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Cette photo et un article sur Alphonse Terroir se retrouvent  sur le « wiki  » territorial HAINAUTPEDIA

Cette fois encore il a suffit de regarder quelques plaques de rue pour découvrir ou redécouvrir quelques uns des prix de Rome Valenciennois.

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Pour les autres photos et illustrations: les sources sont citées.

 

 

 

 

 

Fin de l’article :

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air.

 

-9-L’ Echo des Taxes

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L’Écho des taxes

A l’heure où l’on parle beaucoup des barrières d’Écotaxe à l’entrée des villes, sachez qu’il y a soixante dix ans il existait encore des taxes perçues à l’entrée des villes. On parlait alors de  barrières de l’Octroi.

Il s’agissait réellement de barrières, parfois de grilles  qui ne s’ouvraient qu’après avoir payé une taxe sur la consommation de produits variés dont la gamme englobe les boissons, les comestibles, les fourrages, les combustibles, les matériaux de construction….

Une partie du revenu de ces taxes servait aux dépenses essentielles de la ville : grands travaux, secours publics, instruction primaire, travaux d’assainissement, pavage des rues, distribution de l’eau…la partie la plus substantielle revenait au roi ou plus tard à l’état.

Cliquez sur le lien ci-dessous, la description  en est donnée  sur le site du musée de La Ciotat .

http://www.museeciotaden.org/Pages%20archi-sites/octroi.htm

G._Bruno_-_Le_Tour_de_la_France_par_deux_enfants_p099Attribution: By G. Bruno, gravure Perot [Public domain], via Wikimedia Commons

Source cliquez ici

 Définition  Wikipedia : Octroi,: contribution indirecte perçue autrefois par les municipalités à l’importation de marchandises sur leur territoire. Cette taxe frappait les marchandises les plus importantes et les plus rentables telles que le vin, l’huile, le sucre, le café, etc. Il est signalé dès le XIIe siècle à Paris et servait à financer l’entretien des fortifications et les travaux d’utilité publique.

Ce terme désigne également l’administration chargée de prélever cette taxe. Elle contrôlait chaque porte de la ville à l’aide de barrières souvent disposées entre des pavillons symétriques. Les droits d’octroi furent supprimés le 20 janvier 1791 par l’Assemblée constituante, puis rétablis par le Directoire le 18 octobre 1798.

Au 19e siècle, pour subvenir aux dépenses communales, les municipalités étaient autorisées à établir et percevoir des droits d’octroi sur certaines marchandises de consommation locale à l’entrée dans leur ville. Ces taxes furent supprimées définitivement par la loi n° 379 du 2 juillet 1943 portant suppression de l’octroi à la date du 1er août du gouvernement Pierre Laval. Source : Wikipedia.

 

Les barrières de l’Octroi de Valenciennes.

Faisons le tour de Valenciennes et passons en revue les bâtiments de l’octroi qui subsistent au bord des voies d’accès.

1 °Commençons   par une des plus anciennes voies d’accès à  Valenciennes  qui est sans doute la voie reliant Famars à Tournai via Valenciennes. Cette voie dénommée  avenue du Sergent Cairns (héroïque sergent Canadien tué  le 02 Nov.1918  lors de la libération de Valenciennes)  cette voie, donc,  était contrôlée par un Octroi au niveau de l’actuel  stade du Hainaut (Nungesser) que les amateurs de foot connaissent bien.

En levant le nez on y remarque les armoiries de la ville.

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Vue d’ensemble

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2° Continuons notre circuit en empruntant la rue Baudouin l’Edifieur pour nous retrouver sur l’avenue de Verdun en provenance de Maubeuge via Marly .

On y retrouve un autre Octroi, l’appellation a été dissimulée il y a quelques années et le fronton sert de poteau électrique. !

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Vue d’ensemble voir ci dessous

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3°Je ne retrouve pas d’octroi sur la voie venant de Belgique via St Saulve

.

Ci dessous l’Octroi et le bar de l’avenue de Saint Amand (Place de Tournai).

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Ci-dessous vue du fronton

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Vue d’ensemble

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 Commentaire : les taxes sur les boissons étaient tellement  élevées, elles pouvaient en effet atteindre 100% du prix de vente, que de nombreux Estaminets, débits de boisson se sont installés à quelques distances des barrières de l’Octroi, mais  hors la ville.

« En 1673, les taxes représentaient 67 % du prix de vente de la bière. Il fallait, en outre, de temps à autre, y ajouter des « prélèvement exceptionnels » tel le financement de l’Hôpital Général dont la construction dura 20 ans. La taxe subsistera après son achèvement en 1774.

Un tel niveau d’imposition rendait la fraude inévitable. D’autant qu’il existait des exemptions d’impôts pour les militaires et les religieux et qu’en plus, hors de la Ville close en banlieue, les bières appelées « manantes » ne subissaient pas de taxes d’octroi. Il y avait donc grand intérêt à se ravitailler « duty free » aux cantines militaires ou chez les chanoines … ou bien encore à boire un verre à la campagne »

Source :Le Hainaut Français et la bière par M. Pierre-André Dubois Maître Brasseur, Président d’honoraire de l’Association des Amis de la Bière   http://www.lachoulette.com/bd/IMG/pdf/5.pdf

 

Photo ci-dessous : Ancien estaminet de l’avenue de Reims établi à une centaine de mètres de l’Octroi de l’avenue du Sergent Cairns.

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5°On retrouve un autre Octroi au carrefour de la pyramide de Dampierre encore appelé carrefour des 4 pavés de St Waast. Situation « stratégique » pour contrôler plusieurs voies d’accès à la ville.

Actuellement cet Octroi est occupé par une agence de la caisse d’Épargne

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Vue des armoiries de Valenciennes en levant le nez

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Les observateurs pourront remarquer que la légion d’honneur figure cette fois sous le blason de la ville. En effet par décret en date du 13 octobre 1900, la ville de Valenciennes a reçu la décoration de la Légion d’honneur en souvenir du siège mémorable qu’elle soutint en 1793 .

Cela signifierait que seuls les édifices publics de construction postérieure à 1900 portent cette croix.

 6°On retrouve un autre Octroi à l’angle de l’avenue du Faubourg de Cambrai et de la rue Jean Bernier (quasiment face à la caserne des pompiers).

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Architecture similaire à celle des autres postes de l’Octroi, on y retrouve les armoiries de Valenciennes et cette fois encore le nom « Octroi Municipal » qui a été masqué comme pour effacer la trace d’une infamie.

Ci dessous une photo de ce bâtiment de l’ octroi situé face à l’église St Joseph.

Source/ Bibliothèque de Valenciennes: http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/FRAC059606_22Z_81_027

:-) vous pouvez zoomer la photo avec la molette de votre souris

 7° L’ octroi du faubourg de Paris. Ci dessous un bâtiment de l’ Octroi, mais rien ne l’indique, se situant rue du clos des villas. Proche des rives de  l’ Escaut.

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8° Carte de Valenciennes avec l’ emplacement des anciens octrois.

Voir en plein écran :-) Avec la souris ( clic gauche) vous pouvez déplacer la carte, avec la molette   vous pouvez zoomer. En cliquant sur une épingle la légende apparaît.

 9° Commentaires

Tout au long du XIX siècle, les octrois sont restés la cible de la critique car ils étaient perçus comme une sorte de douane intérieure qui entravait la libre circulation des marchandises. Ces taxes furent supprimées définitivement par la loi n° 379 du 2 juillet 1943 portant suppression de l’octroi à la date du 1er août du gouvernement Pierre Laval.

Mais elle a été vite remplacée par une taxe locale, elle-même remplacée le 10 Avril 1954   par la TVA.

 Définition de la TVA trouvée sur le site Impot.gouv

 « La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt général sur la consommation qui est directement facturé aux clients sur les biens qu’ils consomment ou les services qu’ils utilisent en France. »

 On est donc passé d’une taxe (Octroi) sur une partie des denrées à une taxe générale sur la consommation.

« Souvenons nous que C’est le consommateur final qui paye la TVA, et non les entreprises qui concourent à la production du bien ou du service.Les entreprises jouent un rôle de collecteur d’impôt pour le compte de l’état : elles facturent à leurs clients la TVA et la reversent ensuite au service des impôts, déduction faite de la TVA payée sur les achats ».(Source : Compétences et impulsions).

10° Et l’ECOTAXE ?

Ce présent article a fait l’Écho d’une taxe qui a été vite oubliée, car remplacée par d’autres. On peut se poser la question de savoir si les portiques installés actuellement à grand bruit médiatique  à l’entrée des villes ne seraient pas une sorte de nouvel octroi sur les marchandises dont il va falloir en fin de compte s’acquitter en tant que consommateur final.

Pour cela j’ai consulté le site officiel « développement durable.gouv », voici la réponse.

Est-ce que le prix des marchandises transportées par camions va augmenter ?

30 mai 2013 (mis à jour le 16 septembre 2013)

Le principe d’un signal prix est d’inciter à un changement de comportement. En moyenne, l’écotaxe représentera une augmentation du prix du transport de l’ordre de 4,1 %. Les transporteurs vont répercuter ce coût vers leurs clients, les chargeurs, grâce à un système de répercussion très simple. Les chargeurs seront donc incités à préférer un mode de transport plus durable. Néanmoins ils peuvent à leur tour choisir d’intégrer une partie du coût de l’écotaxe dans le prix de vente de leurs produits. Il est donc possible que le prix final des produits transportés par la route augmente légèrement. Mais comme la part moyenne du transport dans les prix aux consommateurs des marchandises est d’environ 10 %, une majoration moyenne de 4,1 % sur 10 % ne sera que très peu perceptible.

À quoi vont servir les recettes de l’écotaxe ?

30 mai 2013 (mis à jour le 16 septembre 2013)

  • L’intégralité de la part revenant à l’État (750 millions d’euros pour les kilomètres parcourus sur les routes nationales) sera versée à l’agence qui finance les infrastructures de transport en France, l’AFITF. Ces sommes serviront à la construction d’infrastructures de transport, en particulier des infrastructures de modes de transport plus durables : voies ferroviaires et fluviales.
  • La part provenant de la circulation sur les routes départementales ou communales (150 millions d’euros) sera reversée aux collectivités concernées, puisque ce sont elles qui entretiennent chacune leur part du réseau routier.
  • 250 millions serviront à la gestion de l’écotaxe : pose et entretien des portiques, collecte, système informatique, équipements de contrôle, etc.

Fin de l’article,  écrit sans bonnet rouge . Le but était surtout de montrer des constructions qui font partie de nôtre patrimoine.

Fin de l’article

NB: Les commentaires se trouvent  tout en bas de page.

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-8-Les canonniers bourgeois-La rue des canonniers

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mise à jour du 04/10/2015

Les canonniers Bourgeois

  la rue des canonniers

Un précédent article vous a emmené sur la place verte de Valenciennes, vous avez regardé la colonne de la défense en haut de laquelle rayonne la sculpture de G. Grauk. Il s’agit d’un monument érigé à la mémoire des défenseurs héroïques de Valenciennes qui en 1793 firent face à 150 000 confédérés commandés par le duc d’York .Cette colonne n’est donc  pas érigée à la victoire car cette bataille dite de Valenciennes à été perdue. Par contre la statue représente la victoire couronnant le peuple Français (symbolisé par le drapeau)

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 Avez-vous regardé les  4 faces du piédestal de la colonne. Sur une face on y retrouve un hommage aux pompiers, et sur une autre l’hommage aux Canonniers Bourgeois.

Voir photo ci-dessous:

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Valenciennes à ses héroïques canonniers bourgeois

On retrouve un hommage similaire, en mauvais état, à l’entrée du cimetière Saint Roch de Valenciennes.

Canonniers_Cimetière St Roch Valenciennes

Mais que signifie cette appellation : Canonniers Bourgeois ?

Bourgeois désignait  les habitants d’un bourg .Vers 1600  leur compagnie  formait déjà une garde de 1800  bourgeois en armes pour la défense civique d’une ville qui comptait 21000 habitants.

En 1793, sous les ordres du général Ferrant ils soutinrent avec l’aide des soldats déserteurs de l’armée de Dumouriez (lequel était passé à l’ennemi) un bombardement de 43 jours et 43 nuits jusqu’à la reddition  de la place le  28 Juillet 1793.

 Le 19 Vendémiaire de l’an IV (11 Octobre 1795) la mention «  Valenciennes à bien méritée de la patrie » a fait l’objet d’un décret de la convention   en mémoire de ces héroïques défenseurs.

Après ce préambule rendez-vous Rue des Canonniers.

 

La rue des canonniers

La rue des canonniers était  enchâssée  au milieu de plusieurs casernes, Caserne Vincent, Caserne Ronzier, Caserne Espiès, Caserne Damiens…. mais elles ont été reconverties ou détruites, Valenciennes n’étant  plus une ville de garnison.

La rue est surtout connue actuellement  pour accueillir les bureaux d’une mutuelle de Santé  et l  ’Hôpital Général (ou encore appelé Hôpital du Hainaut) qui se trouve entre la rue de l’intendance et la rue des canonniers.

L’hôpital général a été construit par la volonté de Louis XV pour y soigner (enfermer)  les invalides, les mendiants, les orphelins, les enfants abandonnés et les femmes de mauvaise vie. La construction dure 20 ans financée par un impôt sur la bière cabaretière qui subsiste bien après l’achèvement de l’ensemble en 1774.( source : Le patrimoine des communes du Nord ,Flohic Editions).

Pour plus de détails sur l’ Hôpital  du Hainaut  cliquez ici  (Site du Comité de Sauvegarde du Patrimoine Valenciennois)

Le bâtiment ci-dessous qui ressemble à une architecture avant-gardiste  est en fait l’Hôpital du Hainaut en cours de rénovation.

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État des travaux à la mi-Avril 2015

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Ce quartier en reconversion accueillera prochainement l’Hôtel du Hainaut.

Voir ci-après la pleine page de l’Observateur du Valenciennois.

Hotel du Hainaut_Source Observateur du Valenciennois

Ci-dessous un dessin à l’encre de chine d’un habitant de cette rue qui a retracé de mémoire la rue des canonniers avant le bombardement allié du 1er Mai 1944 qui fit 23 morts dans la population civile.

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-Ce dessin qui fait plus d’ 1,20m de longueur est difficilement lisible sur votre écran de PC., il vous est toutefois possible de l’agrandir en plein écran  en faisant un clic droit avec votre souris sur la photo puis de l’ouvrir  en cliquant sur « ouvrir le lien dans une nouvelle fenêtre »

-Les proportions des bâtiments de ce dessin n’ont pas été entièrement respectées  et les reconstructions d’après guerre qui ont profondément modifié l’aspect de ce quartier  font qu’il est assez difficile d’y retrouver les bâtiments actuels.

 Le dessin fait mention  de deux maisons « spéciales » : Le « Moulin Rouge » et « Les glycines ». Vous avez sans doute compris la « fonction » de ces maisons entourées de casernes. Il en restait semble t’il deux il y a une soixantaine d’années.

M. Francis REMY dans son livre : Histoires du Pays Hainaut Valenciennois (éditions Nord-Avril)  écrit : 

« D’après le recensement de 1876, la seule rue des Canonniers, l’artère principale de la débauche compte 49 péripatéticiennes ».

Ci-dessous une illustration du livre « La prostitution contemporaine » de Léo Taxil ,1884

La prostitution contemporaine

Documentation : « La prostitution contemporaine » de Léo Taxil ,1884

Source: Cliquez ici

Vue actuelle (partielle) de la rue des canonniers.

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Ci dessous, vue extraite du livre « Valenciennes 48 Bilder mit begleitendem text » édité en 1918

Source: Cliquez ic

Staatsbibliothek zu Berlin

ngcs.staatsbibliothek-berlin.de

Mais le quartier des canonniers a concentré également au fil du temps des congrégations religieuses, des fabriques, tanneries et brasseries qui firent la richesse de la ville. Valenciennes était un « portus » c’est à partir de ce port à l’endroit ou l’Escaut devenait navigable, situé  à proximité du quartier des canonniers, que les marchandises  transitaient vers le port d’Anvers.

Vous venez sans doute de passer devant une statue dont le personnage implore les cieux.

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Il s’agit d’une interprétation du martyr de Saint Étienne par Robert Barillot.

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S’étant mis à genoux, il cria « Seigneur, ne leur impute pas ce péché »

Acte des apôtres 7/59

 

Court résumé de cet épisode biblique (résumé de plusieurs sources Wikipédia)

Etienne faisait partie d’un groupe de 7 diacres hellénistes (juifs de langue grecque) chargés d’assister les apôtres. Ce groupe entra en conflit avec le Sanhédrin  et les prêtres du temple en rejetant ses sacrifices et son sacerdoce.

Etienne sera arrêté, jugé et condamné sommairement pour blasphème. Il sera trainé hors des murs du temple et lapidé.

Etienne sera considéré comme le premier martyr de la chrétienté et apparait comme étant à l’origine du culte des saints.

Une autre interprétation de cette lapidation se trouve au musée de Valenciennes. Il s’agit d’un tableau triptyque de Rubens.

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Qui était Robert Barillot ?.(1921-2001) Sculpteur et peintre.

Lire l’article de « La voix du Nord » en cliquant ici

Continuez votre découverte du quartier des canonniers pour cela empruntez le porche qui se trouve devant la statue de St Etienne puis sur votre droite la rue « derrière Espiès », vous débouchez sur une petite place,  mais vous ne trouverez pas son nom en levant le nez , pour la simple raison que les plaques ont été enlevées (peut-être  à la demande des riverains) :Son nom est « Place des belles poules ». Il faisait sans doute trop référence à l’ancienne réputation de ce quartier et non pas à des gallinacés !

Mais on peut retrouver cette plaque en explorant Google Street, voir ci-dessous une capture d’image avec la plaque à droite de l’image.

Place des belles poules (Google Street)

Dirigez vous vers le point A de la photo ci-dessus. En empruntant un autre porche de la rue Percepain vous découvrirez la cour du Lion d’Or, entièrement reconstruite  suivant un style qui fait penser aux béguinages. En arrière plan, en levant les yeux, apparaissent les toits de la caserne Vincent

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La rue Percepain du quartier des canonniers située entre les hauts murs de la caserne Vincent et les quartiers de la  caserne Espiès  est également une très ancienne rue de Valenciennes. En consultant le recensement de Valenciennes effectué en Novembre 1693 par le lieutenant général des armées du Roi et gouverneur de Valenciennes Bardo di Bardi Magalotti on  découvre que la rue portait le nom de rue « Pièce de Pain ». et que 48 familles totalisant 180 personnes y habitaient.

Fin janvier 2015 l’ Association Via Septemtriones Templi fixe sur le trottoir , à l’entrée de la rue Percepain, un clou de bronze.Voir ci dessous.

OLYMPUS DIGITAL CAMERACe clou représente une coquille Saint Jacques surmontée de la croix des templiers. Cette association a placé 25 coquilles identiques sur les trottoirs de Valenciennes comme indicateur pour les pèlerins et les randonneurs pour suivre le chemin de Compostelle qui part d’ Allemagne, traverse la Belgique puis la France pour rejoindre la Galice (Compostelle) en Espagne .

Lien vers le site de l’association: Cliquez ici

De la même façon l’ Association « St Jacques en Boulangrie »: (Cliquez ici) a balisé le chemin de Compostelle par des auto-collants. La photo ci dessous montre celui de la rue Percepain.

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à noter que pour ces dernières images il ne fallait pas regarder Valenciennes « le nez en l’ air » mais  où nous mènent nos pas.

Fin de l’article :

À bientôt pour d’autres découvertes.

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Pour les autres photos et illustrations: les sources sont citées.

 

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air mais regardez quand même où vous mettez les pieds.

-7-Au service de sa Majesté

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Au service de sa Majesté

Il ne s’agit pas du héros d’un roman de Ian Fleming  (007) mais d’un personnage qui pendant la première partie de la guerre de 100 ans côtoyait les « grands » des cours d’Europe. Il a assisté, décrit, illustré  les sièges des villes, et a été le confident de la reine d’Angleterre. C’était un Valenciennois. (Julien Lepers aurait ajouté : Qui suis-je ?).

-7-Au service de sa Majesté dans art buste-jehan-froissart

Faisons quelques pas en arrière

valenciennes-jehan-froissart Jehan Froissart dans HistoireLe personnage se précise, il s’agit de Jehan Froissart au centre d’un hémicycle sur la place qui porte son nom.

Place Jehan Froissart

Jehan Froissart serait né à Valenciennes vers 1337 et décédé vers 1404, ce manque de précision indique le peu de renseignements que les historiens ont pu rassembler sur lui.

Tout ce que l’on semble savoir c’est que son père était peintre en armoiries et qu’il le prédestinait à la prêtrise. Il sera en effet nommé curé de l’Estinnes (Belgique) et finira sa vie comme chanoine à Chimay (Belgique) .Une autre statue se trouve sur la place de Chimay et encore une autre dans la cour du Palais du Louvre à Paris…

Statue de Jehan Froissart à l’entrée de la ville de Chimay

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OLYMPUS DIGITAL CAMERAComment se fait-il qu’un simple clerc ait atteint cette notoriété ?. Il disait lui-même avoir été favorisé  par le roi de France et par l’intérêt que lui portaient les grands seigneurs. Il écrivait :

« Aussi recommander je doi

Charle le noble roy de France

Gros bien me fit en mon enfance… »

Certains avancent l’hypothèse que ce serait les « clients » des armoiries de son père qui auraient remarqué ses talents de poète.

Herman Lucas dans ses « Notices sur la vie et les ouvrages de JeanFroissart ». (Google Books, Livre numérique gratuit) décrit Jehan Froissart comme un ménestrel voyageant de cour en cour, de château en château amusant par ses poésies les seigneurs et les dames dont il est admiré et choyé. Il devint l’historien attitré de la reine d’Angleterre, native de Valenciennes, Philippa de Hainaut.

Dés sa première jeunesse il avait pris un goût prononcé pour tout ce qui regardait la féodalité, les faits d’armes, les tournois. Son imagination était nourrie par l’étude des romans de chevalerie. C’est dans ces siècles où la bienséance, la délicatesse, la morale n’existaient pas  que Froissart charmait les seigneurs.

Mais ce ne sont pas ses nombreuses poésies qui traverseront les siècles mais ses chroniques. Véritable « reporter » avant l’heure Froissart parcourt La France, La Flandre, L’Angleterre, Le pays de Galle, l’Espagne et assiste aux conflits de la première partie de la guerre dite de cent ans. Il en écrira et enluminera ses chroniques.

Il est possible de visionner une partie de ses chroniques en cliquant sur le lien ci dessous.(Site Gallica de la bibliothèque nationale de France).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438605h/f1.zoom.r=.langFR

Ci dessous une enluminure :« Tentative des Français pour reprendre Calais »extraite de ses chroniques.

 the_french_attempt_to_recapture_calais_from_england_13501 dans sculpture

Cette image est dans le domaine public y compris aux États unis car son copyright a expiré.

 Lien sur Wikimédia commons

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:The_French_attempt_to_recapture_Calais_from_England_%281350%29.jpg?uselang=fr

Revenons au fil conducteur des articles de ce blog .Rendez vous rue de Paris et plus précisément dans les allées du square Watteau. Une stèle près de l’entrée représente Jehan Froissart remettant ses chroniques à la reine d’Angleterre Philippa de Hainaut.

jehan-froissart-et-philippa-de-hainaut

On doit ce bas relief à Alfred Bottiau (1889-1951) qui confirme ainsi avec son autre bas-relief : « La légende de l’Atre de Gertrude » son intérêt pour le moyen âge. Voir autre article de ce blog en cliquant sur :http://valentianoe.unblog.fr/?p=155

Après ce petit détour revenons sur la place Jehan Froissart.

Cet hémicycle que l’on désigne souvent comme un monument à la mémoire de notre cher chroniqueur est en fait un monument dédié à la ville de Valenciennes et à ses personnages célébres.

-On y retrouve de part et d’autre de la façade les allégories des deux rivières qui arrosent Valenciennes : L’Escaut et la Rhonelle .Leur confluence  a permis le développement de la ville grâce au commerce vers le port d’Anvers. (Notez que les jarres en bas de chaque sculpture symbolisent le débit de chaque rivière)

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-On y retrouve l’écusson de Valenciennes (le lion) entouré de deux cygnes. (Légende qui voudrait que « Valenciennes »  vienne de Val-des-Cygnes) cependant le nom de Valenciennes est mentionné pour la première fois en 693 dans un acte officiel signé par le roi Mérovingien Clovis III..Le développement de la ville remonte à l’antiquité lorsque le domaine de Valentinus dépendait encore de l’agglomération romaine de Famars.

-On y retrouve 10 médaillons représentant les personnages illustres de Valenciennes, à noter que ces personnages ne sont pas des contemporains de Froissart comme on pourrait le supposer au premier coup d’œil. Les dates gravées en chiffres Romains ne facilitent pas la chose.

Les 10 médaillons

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Jehan de Cartigny

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MDLXXVIII (1578).

Théologien né vers 1520 , Mort à Cambrai en 1580. Connu pour son livre :

«Le voyage du chevalier errant»

Consultable sur Google Books. http://books.google.fr/books?id=tdI5AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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Simon Le Boucq

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 MDCLVII (1657)

Historien et Prévôt de Valenciennes

1591-1657. Connu pour son «Histoire Ecclésiastique de la ville et comté de Valentienne. »

Consultable sur Google Books.

http://books.google.fr/books?id=r_K4skrlVE0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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Charles de Lannoy

sire de Maingoval

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MCDXXCVII  (1507)

1487-1527 né à Valenciennes.

Chevalier de la toison d’Or, militaire au service de l’empereur Charles Quint il capture le roi François 1er à la bataille de Pavie.(Valenciennes n’était pas encore Française à cette époque).

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Philippa de Hainaut 

Reine d’Angleterre

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MCCCLXIX  (1369)

1311-1369 née à Valenciennes.

-Elle est la fille de Jeanne de Valois. La tombe de cette dernière a été retrouvée lors des fouilles archéologiques de l’abbaye de Fontenelle. Elle a été ré-inhumée  dans l’église de Maing (59).

-Epouse du roi Edouard III d’Angleterre elle a intercédé auprès de son mari  pour épargner les bourgeois de Calais. Lire sur Wikipedia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Bourgeois_de_Calais

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Henri VII de Luxembourg

Empereur d’Allemagne.

( Heinrich VII en allemand)henri-vii-300x262

MCCCXIII  (1313)

1272-1313 né à Valenciennes

Il a été sacré Empereur Romain Germanique en juin 1312 par les cardinaux envoyés par le pape.

Une de ses filles, Marie, épousa en 1322 le roi de France Charles IV

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Baudouin VI 

Comte de Flandre, Comte de Hainaut

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MCCVI  (1206)

1171-1206 né à Valenciennes

Prend la tête de la 4ème croisade et devient Empereur de Constantinople après la prise de la ville en 1204 par les croisés.

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Isabelle de  Hainaut

Reine de France, épouse de Philippe Auguste.

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MCLXX  (1170)

1170-1190 née à Valenciennes

Descendante de Charlemagne.

Est mariée à 10 ans, décède à 20 ans en accouchant de jumeaux.

En 1183, elle n’a que 13 ans, son royal mari songe à la répudier faute d’avoir un héritier. Mais le peuple qui l’aime prend fait et cause pour elle, le Roi la garde auprès de lui.

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Jacques de Lallaing

Comte, Seigneur de Bugnicourt.

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MCDLIII  (1453)

Chevalier de la Toison d’Or, parcourt toute l’Europe pour affronter, lors de joutes, les meilleurs  chevaliers de son époque.

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Henri d’ Oultreman

Historien (Chroniqueur), Seigneur de Rombies, Prévôt de Valenciennes.

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MDXLVI  (1546)

1546-1605 né à Valenciennes.

Connu pour son « Histoire de la ville et comté de Valenciennes »

Consultable sur Google Books.

http://books.google.fr/books?id=_rJaAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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Claudin Lejeune

Musicien

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MCXXVIII  (1528)

 1528-1598

Compositeur de la musique de chambre des rois Henri III et Henri IV

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Vous retrouverez ces dix médaillons sur la paroi intérieure du monument.

L’hémicycle lui-même est l’œuvre de Casimir Petiaux tandis que la statue de Froissart, les médaillons et les allégories de l’Escaut et de la Rhonelle  sont, à l’origine, l’œuvre du sculpteur Henri Lemaire (1798-1880). (Voir informations complémentaires en fin d’article).

Ce monument a été érigé à l’emplacement de l’ancienne église Saint Géry détruite à la révolution. Elle avait été construite en l’an 712.

Vous commencez à connaître un peu mieux le monument et vous remontez par curiosité la rue du bois parallèle à la cour St Géry (du nom de l’ancienne église comme vous venez de le lire) et vous tombez, à l’intersection avec la rue Wédière, sur cette vision derrière une grille au fond d’une cour……..

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Jehan Froissart aurait-il un don d’ubiquité ?

 En fait il s’agit de l’original de la statue sculptée par Henri Lemaire, mais quelle est donc la statue qui trône au centre de l’hémicycle ?.

Vous n’avez pas assez levé les yeux en faisant le tour du monument, la réponse y est indiquée au dos du piédestal de Jehan Froissart.

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C’est le sculpteur Robert  Brageu (1929-2011) qui a été chargé d’en réaliser cette interprétation  suite au mauvais état de la statue d’ Henri Lemaire.

L’original est exposé dans la cour de récréation de l’école élémentaire Jehan Froissart.

C’est grâce à l’aimable autorisation de sa directrice  que les 2 photos suivantes paraissent sur ce Blog.

jehan-froissart-statue-originaleOn peut se demander pourquoi l’original a été remplacé par une copie, la photo suivante apporte la réponse :

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« Do you know about Froissart ». C’est le titre d’un article rédigé en 2008 par les élèves  d’une classe internationale de l’école Jehan Froissart de Valenciennes:(Communication du 29/12/2013 de Mme Shrubsall ,enseignante).

Cliquez sur le lien ci après:

http://netia59a.ac-lille.fr/froissart/article.php3?id_article=249

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Le 6ème centenaire de la naissance de Jehan Froissart a été grandiosement fêté à Valenciennes. Vous trouverez un film N&B tourné à cette occasion sur le site Hainautpédia (en bas de page de ce site)

Cliquez ici

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Visitez le blog des amis du musée de Valenciennes , Cliquez ici, vous y trouverez l’histoire des statues de Froissart à Valenciennes….A une époque une cloche de verre escamotable était envisagée pour protéger la statue des intempéries . :-)

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Cet article vous a peut être fait  un peu mieux connaitre Jehan Froissart,continuez à être curieux et à lever le nez vous ferez des découvertes.

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Pour les autres photos et illustrations: les sources sont citées.

mise à jour du 02/10/2015

Fin de l’article :

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air mais regardez quand même où vous mettez les pieds.

-6-Valenciennes: l’atre de Gertrude et sa légende

Commentaires » 7

Valenciennes : L’atre de Gertrude et sa légende.

 1°) Préambule : C’est le nom d’une rue de Valenciennes qui se trouve derrière le parc de la Rhonelle et proche de la rivière du même nom.

-6-Valenciennes: l'atre de Gertrude et sa légende dans art pa221644

Avant d’expliquer l’origine de ce nom peu commun il est nécessaire de faire connaissance avec un chroniqueur-Historien de la ville de Valenciennes : Simon Leboucq.

2°)Simon Leboucq

Né le 15 juin 1591 et décédé en 1657, Simon Leboucq a occupé de très nombreuses et hautes fonctions dont celui d’Echevin et aussi à plusieurs reprises de Prévôt de la ville de Valenciennes.

Mais il surtout connu pour son « Histoire ecclésiastique de la ville et comté de Valentienne » parue en 1650. Il avait rassemblé tout un ensemble de documents et d’histoires sur la ville et avait rédigé deux volumes, le premier traitait de l’histoire « Civile » de Valenciennes et l’autre de l’histoire « Ecclésiastique » .Mais au moment de la parution du premier tome, le fils d’un autre chroniqueur de la Ville nommé Philippe d ’Oultreman faisait paraître celui de son père Henry d’Oultreman avec le titre « Histoire de la ville et comté de Valenciennes ». Simon Leboucq s’est donc résigné à ne publier que son deuxième tome .Nous ne connaissons donc que son Histoire ecclésiastique dans laquelle sont dessinés, (par H. Macaire), et décrits toutes les églises, abbayes, refuges, chapelles… du comté de Valenciennes.

NB : On retrouve ce livre sur Google Books en édition numérique gratuite.

Cliquez ici

Dans la préface  M. Dinaux fait remarquer que Simon Leboucq était un peu « fâché » avec l’orthographe du Français de l’époque, ne connaissait pas le latin, et devait s’exprimer en patois local  mais il faut dire à sa décharge que Valenciennes n’était pas encore Française.

Buste de Simon Leboucq exposé au musée des Beaux Arts de Valenciennes. Ce buste provient de l’ église Notre-Dame la Grande détruite à la révolution.

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Ci dessous buste d’ Henri d’Oultreman

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Revenons à Simon Leboucq

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Simon Leboucq (extrait Google Books). Source: cliquez ici

 

Simon Leboucq en fidèle chroniqueur de son époque consignait donc toutes les histoires dont il prenait connaissance, même si celles-ci à nos yeux tiennent plutôt de la légende. C’est ainsi que l’histoire (ou la légende) de l’atre de Gertrude nous est parvenue.

 3°)La légende narrée par Simon Leboucq (Résumée)

En 1340 un maréchal ferrant de Valenciennes  nommé Marrisal mis enceinte sa propre fille âgée de 16 -17 ans. Craignant les rigueurs de la justice il prit la résolution d’un voyage à Rome et à St Jacques de Galice (Compostelle) .Il s’arrêta à Rome car les moyens lui manquèrent pour aller plus loin. Il se mit à travailler chez un Maitre Maréchal ferrant. Quand le bébé vint au monde le maitre fut choisi comme parrain et lui donna son prénom : Jehan, son père le nom de Mareschaux .

Un an et demi après, les parents reprirent la route de Valenciennes laissant l’enfant aux bons soins du Maître ravi de l’arrangement. Arrivés à Valenciennes les parents se remirent à travailler comme auparavant.

Agé d’environ 18 ans, Jehan s’enquit auprès de son parrain de l’origine de ses vrais parents. Ce dernier se souvint qu’ils étaient originaires du Hainaut ou des environs.

Rendu à Valenciennes Jehan se fit embauché par celui-là même qu’il ignorait être son père. Ce dernier mourut quelques mois plus tard. Sa fille seule héritière voyant son serviteur (son fils en fait) travailler vaillamment et fort fidèlement, le retint à son service. Elle le prit en telle affection que 6 mois après la mort de son père, elle l’épousa.

Vint un jour où l’épouse s’enquit de connaitre les parents de son époux. Il lui raconta sa naissance, son enfance en Italie, lui cita le nom de son parrain maréchal ferrant. Frappée de tourments, douleurs, pleurs, lamentations elle comprit qu’il s’agissait de son propre fils.

Voyant qu’il avait si grandement pêché Jehan Mareschaux quitta sa femme, se rendit à Rome aux pieds du Pape et se confessa de ce qu’il lui était arrivé. Il eut comme pénitence que sa vie durant de ne vivre que d’eau et de pain de ne porter aucun linge et que son corps au trépas soit mis en terre profane.

Il décéda en 1394 et fut enterré au cimetière (ou atre) Sainte Gertrude car personne ne put croire qu’ayant péché innocemment il fut enterré en terre profane. Sa femme fit dresser sur sa tombe une croix de marbre et fit poser sur sa dalle une plaque de cuivre portant l’épitaphe.

Cy gist le père, cy git le fils.

Cy gist la mère et son mary.

Cy gist la femme et son baron.

Et tout ne fut que femme et hom.

Epilogue : Par la suite on continua à y ensevelir grand nombre de personnes .Plusieurs bons bourgeois de la ville émus de tant de dévotion prirent  la résolution  de faire une quête pour édifier une chapelle dans ce cimetière.

de-l-attre-de-gertrude-simon-leboucq histoire dans Légende

Source:  Histoire ecclésiastique de la ville du comté de Valentienne  (page 204)

Cliquez ici

Analyse de la lithographie

Au premier plan : la Rhonelle  puis après le pont, la tombe Mareschaux surmontée d’une croix .En second plan : la chapelle Sainte Gertrude  et quelques tombes à l’arrière de celle-ci

Ainsi s’achève la légende de l’atre de Gertrude.

4°)Suite contemporaine de l’ Histoire.

Revenons au fil conducteur des différents articles de ce blog.

Rendez vous au pied de la tour de la Dodène coté ville et levez le nez sur un bas relief plaqué contre la paroi de la tour. Gravissez quelques  marches, Vous  retrouverez sur celui-ci les phrases sibyllines qui avaient été gravées sur la tombe de la famille Mareschaux. (Toutefois difficilement lisibles) .

Tour de la Dodène

pa221645 Légende dans sculpture

Ci dessous :gros plan.

pa221647 Simon Leboucq dans Valenciennes

 

Cy gist le père

Cy gist le fils

Cy gist la mère et son mary

Cy gist la femme et le baron

Et tout ne fut que

Femme et hom

 

 Il s’agit en effet de l’épitaphe réalisée par le sculpteur Valenciennois Alfred Bottiaux (1889-1951) pour rappeler la légende de l’Atre de Gertrude.

Cette stèle, copie d’un de ses plâtres a été posée en 1983.

On retrouve dans le bas de l’épitaphe l’emblème du Maréchal ferrant : le fer à cheval et les 3 clous.

Pourquoi a-t-il réalisé cette œuvre ? Sans doute  parce qu’il s’intéressait à notre histoire et qu’il avait habité rue de l’Atre de Gertrude.

 

Fin de l’article :

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air mais regardez quand même où vous mettez les pieds.

-2-Saint Amand les Eaux

Commentaires » 7

Mise à jour du 06/01/2016: Ajout d’une enluminure  extraite de  « la première vie de Saint Amand » (Bibliothèque de Valenciennes). Mise à jour du 12/10/2014: ajout de la photo de St Amand chassant le serpent dragon / Tableau de l’église St Martin à St Amand les eaux.

Saint Amand les Eaux

Présentation : Saint Amand les Eaux, ville thermale depuis l’époque Romaine est connue également pour son ancienne abbaye dont il ne subsiste que la tour abbatiale. Un vaste programme de ravalement et de rénovation qui a duré plusieurs années pendant lesquelles la tour était emmaillotée de bâches de protection vient de se terminer.

Saint Amand les Eaux se trouve à une quinzaine de km de Valenciennes à proximité de l’autoroute Valenciennes-Lille.

1°) La tour abbatiale

Ci dessous la vue que les badauds mémorisent :

-2-Saint Amand les Eaux  dans architecture st-amand-la-tour-abbatiale1Levez le nez et vous ferez des découvertes

1°) regardez au dessus du portail d’entrée, (porte gris-bleu de la photo ci-dessus) vous trouverez une décoration en trompe-l’œil, plusieurs plans de constructions concourent à un effet de perspective cavalière. Le sol est même incliné pour amplifier cet effet. La taille des colonnes et des arcades va en s’amenuisant de l’avant vers l’arrière-plan.(le tout ne fait pas plus de deux mètres de profondeur)

Voir gros plan ci dessous

tour-abbatiale-st-amand-les-eaux1 abbaye dans art

Regardez maintenant (il faut des jumelles) le haut du décor et vous aurez une impression de déjà vu.

Un gros plan va vous aider :Il s’agit de la représentation de la cène. L’ensemble ressemble beaucoup à l’œuvre de Léonard de Vinci.

 Les effets de perspective sont à l’image du Maître en la matière.

A noter que les apôtres, bien que fortement dégradés portent encore des traces de peinture. Un filet de protection interdit désormais la nidification des pigeons.

tour-abbatiale-st-amand_la-cene dans Histoire

2° faites le tour par la droite , attention un personnage semble plongé dans la lecture mais il vous observe par-dessus son livre.(à moins qu’il ne soit endormi).

p8181237 dans Légende

3° continuons le jeu de piste, rendez vous à l’arrière de la tour (ancienne cour de l’abbaye), levez les yeux à mi hauteur, un peu en dessous de l’horloge, le décor montre des serpents bien belliqueux dans les contreforts de la tour.

Que viennent faire des serpents dans les superstructures d’une abbaye ?.

serpent_dragon_-st-amand-les-eaux dans Saint Amand les Eaux

Amand dit « Amand de Maastricht » pour y avoir été évêque est né en Aquitaine en 584, simple moine il combat en l’Ile d’Yeu un  monstre mi dragon-mi serpent en le forçant à rentrer sous terre à force de prières et de bénédictions.

Ci-dessous

Enluminure datant de 1160-1170 : Saint Amand mettant en fuite  un serpent de l’Île d’ Yeu.

 Source Bibliothèque de Valenciennes: Patrimoine numérique: http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MS_0500/F_054_V_VUE_SUP/v0001.simple.highlight=ile%20d’%20yeu.selectedTab=thumbnail.hidesidebar

:-) Vous pouvez zoomer cette enluminure avec la molette de votre souris. Puis en maintenant le clic gauche vous pouvez vous « déplacer » dans l’image.

Ce qui expliquerait la présence des serpents sur les contreforts de la tour lors de sa reconstruction en 1633 par l’abbé Dubois.

Ci dessous une fresque murale  photographiée dans le cœur de l’église St Martin de la ville de St Amand.(mise à jour du 12/10/2014)

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Ci dessous St Amand mettant en fuite un serpent sur l’ ile d’ Yeu. Fait partie de: Vie de Saint-Amand , scriptorium de l’ abbaye de Saint-Amand. Vers 1075.

Source: Bibliothèque de Valenciennes: Patrimoine Numérique  Lien cliquez ici

:-) Vous pouvez zoomer cette enluminure avec la molette de votre souris. Puis en maintenant le clic gauche vous pouvez vous « déplacer » dans l’image.

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L’ office du tourisme de Saint-Amand-les-Eaux contribue à la survivance de cette légende en apposant la plaque ci dessous, décorée d’un serpent-dragon, au dessus de son entrée de la rue des anges.

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 Revenons à Amand, envoyé par Saint Pierre en personne  évangéliser l’ancienne Gaule Belgique qui continuait à adorer les dieux païens de la conquête romaine.

Amand vers 633  installe une première abbaye à la confluence de deux rivières l’Elnon et la Scarpe  n’hésitant pas par ailleurs  à manier la hache et la cognée pour en défricher les environs.  Cette  première construction s’appelait monastère d’Elnon avant qu’on la dénomme plus tard Abbaye de Saint Amand. Le village puis la ville emprunteront ce nom.

Ci dessous une interprétation  sur bois d’une gouache des albums de Croÿ  par M. Daniel Lefevere  peintre Roubaisien. Celui-ci expose du 13 Août au 20 octobre 2013 au musée de la tour abbatiale  80 de ses œuvres.

La gouache représente l’ancienne abbaye (vers 1602) On y distingue des tours bâties à différentes époques ou encore en ruine suite à de nombreux pillages, incendies et invasions Normandes.

Lien 

http://www.miniatures-de-croy.fr/

Image ci dessous : l’abbaye de St Amand  représentée  endommagée  (ce n’est pas une copie de l’album  de Croÿ mais bien une gouache acrylique de M Lefevere). Seuls les connaisseurs y verront de légères différences.

abbaye-de-st-amand-par-d.-lefevere dans sculpture

Rendez vous dans l’ancienne cour de l’abbaye, des panneaux muraux expliquent les travaux de restauration entrepris ainsi que  les détails de l’architecture présentés dans cet article.

4° Exégèses.

Mme Anne-Marie Dervaux dans son livre consacré à Saint Amand dans la collection « Mémoire en Images » fait la remarque que  la tour avec ses 5 étages aux ordres différents (Toscan, Dorique, Ionique, Corinthien et composite) fait penser à une Stüpa  hindoue. Il vous suffit de rechercher sur internet des vues du temple d’Angkor-Vat au Cambodge pour vous en convaincre.

Le petit montage photographique ci après accentue un autre point de ressemblance.

serpent-dragon dans Tourisme

M.Bernard Coussée dans son livre « Légendes et croyances en Hainaut-Cambrésis » rappelle que dans les descriptions des romans de chevalerie  en Hainaut-Cambrésis :« le dragon est le plus grand de tous les serpents……Il habite en Inde ou en Ethiopie où il existe un été perpétuel… ».

M. Coussée y voit une correspondance avec le monde animal, ce sont les  crocodiles du Nil chassés par les croisés….Le dragon est le symbole du mal et des forces obscures de la nature pour le chrétien. Le dragon dans la civilisation indo-européenne ne peut être vaincu  qu’à l’issue d’un combat merveilleux d’un « seigneur » ou d’un Saint.

L’abbé Dubois, pour montrer la victoire d’un Saint (Amand) sur un être fantastique  a donc saisi l’opportunité d’inclure des serpents-dragons comme contreforts de la tour de St Amand lors de sa reconstruction.

De quoi en perdre la tête ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERASaint Denis:Cliquez ici

Vous êtes à St Amand les Eaux , continuez votre visite jusqu’à la frontière Belge qui se trouve à quelques km et n’hésitez pas à vous rendre à Tournai.  Empruntez les rues piétonnes près de la cathédrale , et levez le nez vers le point doré qui se trouve en haut du beffroi.

tournai-le-beffroiVous ne voyez rien sans jumelles alors le gros plan ci dessous va vous aider.

tournai-b-le-dragonEt oui, on retrouve là encore un dragon , est-il empalé pour montrer que la ville sait se défendre contre les forces du mal ?

En tout cas son rôle actuel de paratonnerre  doit lui attirer toutes les foudres célestes !

Vous avez oublié vos jumelles , ce n’est pas grave, une réplique du dragon se trouve à portée de main au pied du beffroi.

tournai-b-replique-du-dragon

Autre légende de Dragon: Le bouzouc de Berlaimont (Avesnois): Cliquez ici (site de Hainautpédia)

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Fin de l’aparté sur les dragons, revenez rue d’ Orchies à St Amand les Eaux

 

2°) Curiosité dans la rue d’Orchies

Laissez votre véhicule sur la place et dirigez vous vers la rue d’Orchies, qui est en sens interdit, empruntez le trottoir de gauche pendant une trentaine de mètres arrêtez vous en face du N° 10, voir photo ci dessous.

10-rue-dorchies-st-amand-les-eaux

Photo sans doute banale mais levez les yeux et regardez la sculpture sous la fenêtre du haut.

Ci dessous un gros plan pour mieux en saisir les détails.

soyons-d-accord

Que représente cette sculpture assez dégradée ? : (1736)

il s’agit d’abord de deux singes en train de scier un porc en deux dans le sens de la longueur. Et que signifie la phrase « Soyons d’accord » ?

En temps que nordiste on lit la phrase de deux façons différentes.

-« Soyons » est conjugué à l’impératif présent du verbe être, et la phrase est un appel à la concorde en toute action

-« Soyons » est prononcé So-yons  comme on le dit en patois pour signifier le verbe scier. Cette deuxième explication est également un appel à la concorde.

Bernard Coussée dans son livre « Légendes et croyances en Hainaut-Cambrésis (Editions CEM) propose une troisième interprétation et suggère une explication aux sujet de la présence de singes sur le bas relief.

Le XVIII ° siècle est le siècle des lumières, la compréhension des phénomènes physiques et chimiques en est à ses débuts, l’alchimie et le «grand œuvre », pseudoscience, captive beaucoup d’intellectuels de cette époque.

A St Amand Le Dr Gosse , commanditaire de cette sculpture affichait t’il ainsi ses convictions jusque devant chez lui ?.

Mais alors pourquoi des singes qui coupent un cochon en deux ?

Ce serait une allégorie alchimique : Le cochon coupé en deux symboliserait le métal impur que l’on dissout. « Les singes seraient le symbole des alchimistes  qui réalisent avec leurs faibles moyens ce que Dieu a fait en grand » .Fin de citation.

LICENCE  CC-BY-NC-SA  Licence Creative Commons Les photos personnelles de ce blog sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International. Pour les autres photos et illustrations: les sources sont citées.

 

Fin de l’article :

 

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air mais regardez quand même où vous mettez les pieds.

-1-Valenciennes: la rue des Maillets

Commentaires » 13

 

Valenciennes : la rue des Maillets

 mise à jour du 23 Août 2017

La rue des Maillets est une petite rue située dans le quartier appelé : le Neuf Bourg par opposition à l’ancien bourg de Valenciennes localisé aux alentours de la basilique. Pour certains elle porterait ce nom depuis le XV° siècle à cause d’une maison qui avait pour enseigne des maillets. Un peu simpliste comme explication !  Il semblerait plutôt que son nom provienne d’un atelier de foulage/ dégraissage des draps de laine situé au bord de l’Escaut tout proche, (L’Escaut passait dans ce quartier à cette époque). L’Escaut fournissait la force motrice à une roue à aube entrainant par un arbre à cames une rangée de maillets qui battaient les draps dans des auges (foulage) pour en extraire la sueur (le suin) de l’animal. Cela s’accompagnait d’aspersion d’urine, excellent dégraissant, de terre, et de savon., le  tout repartait à l’Escaut.

Le dessin ci dessous illustre une de ces machines à Maillets.
-1-Valenciennes: la rue des Maillets dans art

Source: Books Google: Art de la draperie par Duhamel du Monceau

Cette rue relie la rue de Paris, perpendiculaire à la bibliothèque, au parking « Flamme » situé devant la fondation des chartriers. (à 50m du pont Villars et de l’esplanade)

En venant de l’esplanade prenez la rampe d’accès du pont Villars, Garez votre véhicule sur le parking dont l’entrée se trouve à votre droite : attention stationnement payant.

La rue des Maillets est devant vous. Cet article va vous faire lever le nez devant trois maisons le 17 puis le 11 et enfin le 1.

Commençons par le N° 17 de cette rue

17-rue-des-maillets1 Carpeaux dans HistoireIl s’agit de la fondation des Chartriers fondée en 1288 pour accueillir les paralytiques, Le bâtiment  a été rebâti en 1554 .Un donateur anonyme a financé l’ajout d’un nouveau corps de bâtiment  au fond de l’enceinte  en 1824. Par contre la façade actuelle date de 1838 .Cette fondation dépend de l’Hôtel Dieu de Valenciennes. Elle accueille une trentaine de personnes âgées en autant de logements individuels.

Les Chartriers

Ce qui nous intéresse c’est la plaque commémorative en marbre qui se trouve en hauteur sur la partie gauche de l’établissement. Voir photo ci dessous. 

jean-baptiste-pater.17-rue-des-maillets-valenciennes St Amand les eaux dans sculpture

Qui était Jean Baptiste Pater ?

Jean Baptiste Pater né à Valenciennes  était un des rares élèves de Watteau .Il est surtout connu comme peintre de fêtes  galantes mais il a puisé également ses sujets dans le théâtre, les scènes de foire ou de la vie militaire.

Ci dessous une reproduction du tableau « le concert champêtre » exposé au musée des beaux arts de Valenciennes.

Source : Wiki media Commons :Reproduction libre de droits

pater_jean_baptiste_joseph_-_concert_champetre Valenciennes dans Tourisme

 Le concert champêtre de J.B. Pater. Source cliquez ici

Continuons notre visite jusqu’au N° 11 de cette rue

11-rue-des-maillets.-valenciennes Watteau dans Valenciennes

Qu’indique la plaque commémorative  au dessus  de la porte qui semble retenir le mur ?

gustave-crauk-11-rue-des-maillets-valenciennes

Gustave Crauk  est né à Valenciennes le 16 juillet 1827 , décède  à Meudon le 17 Novembre 1905., il a été l’élève de Jean Baptiste Carpeaux , il est surtout connu par ses monuments et bustes commandés par les villes. Paris (Père-Lachaise), Sèvres, Roubaix, Lourdes….

En parcourant Valenciennes vous avez sans doute déjà rencontré des œuvres de Gustave Crauk , sans pour cela vous rendre au musée.

Rendez vous donc  au marché de Valenciennes, levez le nez en arrivant Place verte, une colonne se dresse devant vous, c’est une œuvre de Gustave Crauk , Cette colonne rend hommage aux défenseurs de Valenciennes lors du terrible siège de 1793 .

Ci-dessous la colonne de la défense, place verte, en face du Mont de Piété.

colonne-de-la-defence-de-valenciennes_gustave-crauk

Ci dessous un gros plan

la-defense-de-valenciennes-1793_gustave-grauk

Ci dessous une anecdote signalée, par un visiteur (chtidichi) de ce blog, dans les commentaires de l’article « les canonniers bourgeois ».

Extrait du journal Messidor du 7 Février 1907 

Source:Bnf-Gallica.

Messidor du 7 Février 1907-Source Bnf Gallica

Mais vous retrouverez une autre de ses œuvres « les trois grâces et l’amour » à l’intersection des rues de Mons, d’Amsterdam  et du Quesnoy

les-trois-graces-et-lamour_gustave-crauk

Si vous avez la curiosité de vous rendre au cimetière St Roch de Valenciennes, vous retrouverez  sur son monument funéraire un bronze qui résume, en arrière plan, quelques unes de ses œuvres Valenciennoises.

monument-funeraire-de-gustave-crauk

Un petit effort d’observation et vous retrouvez la « colonne de la défense » dans le coin droit et  « les trois grâces et l’amour » juste en dessous.

Finissons notre visite par le N°1 de la rue des Maillets

1-rue-des-maillets-atelier_-maurice-ruffin

Plaque à gauche de la porte

p8211254

On trouve peu de renseignements, sur le net, concernant la vie et les œuvres de Maurice Ruffin. Vous trouverez cependant  ci dessous un lien permettant de visionner une partie de ses tableaux.

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palsri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=AUTR&VALUE_98=Ruffin%20Maurice%20&DOM=Tous&REL_SPECIFIC=1

NB :  La reproduction des photos de ces tableaux n’est  pas  libre de droits sur le site ci-dessus.

Toutefois il suffisait de se rendre à l’Hôtel de ville de Condé sur l’Escaut lors des journées du patrimoine des 14 et 15 septembre 2013  pour prendre le cliché ci dessous  d’un de ses tableaux.(pardon  pour la mauvaise qualité de la prise de vue)

conde-par-maurice-ruffin

Ci dessous un lien vers un blog dont la grand-mère de l’auteur connaissait Maurice Ruffin

http://ex-libris.over-blog.com/article-deux-artistes-de-valenciennes-maurice-ruffin-par-andre-mabille-de-poncheville-51942397.html

La ville de Valenciennes a honoré cet artiste en donnant son nom à une rue

valenciennes_rue-maurice-ruffin

Cette rue étroite enchâssée entre des immeubles modernes se trouve près de la place du Neufbourg.

Conclusion : Il  a suffit de lever le nez vers 3 plaques commémoratives d’une même rue, de se poser des questions sur leur pourquoi, et de là dérouler les fils d’un écheveau  qui nous ont entrainés dans d’autres rues, dans un cimetière et à la mairie de Condé.

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Ci dessous une vue de la  rue des maillets extraite du livre « Valenciennes 48 Bilder mit beglertendem text  » édité en 1918. Photo sans doute prise avant la guerre 14/18

Source: cliquez ici

Staatsbibliothek zu Berlin

ngcs.staatsbibliothek-berlin.de

Ci dessous une juxtaposition de clichés séparés de 100 ans.

Rue des Maillets-Avant 14-18 et maintenant 2015

Fin de l’article, mais une suite existe depuis le 23 Août 2017 Cliquez ici

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Pour les autres photos et illustrations: les sources sont citées.

Fin de l’article :

Soyez curieux, continuez à avoir le nez en l’air mais regardez quand même où vous mettez les pieds.

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